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Foncier à Déhané : la Socapalm au cœur du processus de rétrocession des terres

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À Déhané, dans l’arrondissement d’Édéa Ier, la Socapalm est appelée à prendre part à une nouvelle phase de concertation sur les terres susceptibles d’être rétrocédées aux communautés riveraines. Les correspondances du 14 octobre 2026 du ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, Henri Eyebe Ayissi, prévoient la mise en place d’une commission tripartite associant l’administration, les populations et l’entreprise.

La Socapalm se retrouve au centre d’une nouvelle étape du processus de clarification foncière au village Déhané à Edéa, dans la Sanaga-Maritime. Le 14 octobre 2026, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (MINDCAF), Henri Eyebe Ayissi, a saisi le préfet du département ainsi que l’entreprise au sujet de la poursuite des concertations sur les espaces susceptibles d’être rétrocédés aux communautés riveraines.

Cette démarche intervient après plusieurs années de travaux cadastraux et d’échanges entre les parties. À Déhané, un périmètre de 682 hectares a fait l’objet d’un travail préalable d’identification. Des espaces d’environ 50 hectares ont été repérés dans la perspective d’une éventuelle rétrocession. Leur transfert effectif aux populations reste toutefois soumis aux procédures administratives et à la détermination de leur statut foncier. En invitant la Socapalm à désigner un représentant et à se rapprocher de l’autorité administrative, le MINDCAF inscrit l’entreprise dans la poursuite des travaux. Sa contribution doit notamment porter sur les informations relatives aux emprises exploitées, les données cadastrales disponibles et les éléments issus des concertations antérieures.

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La Socapalm engagée dans la clarification des emprises foncières

Le dossier de Déhané s’inscrit dans le processus de clarification foncière engagé depuis 2017 sur les plantations de la Socapalm. L’entreprise exploite des terres dans le cadre d’un bail emphytéotique conclu avec l’État le 30 juin 2000, pour une superficie initiale de 78 529 hectares. Un premier avenant a été signé le 30 août 2005, ramenant cette superficie à 58 063 hectares, après le retrait de 20 466 hectares. Entre 2017 et 2025, une deuxième phase de travaux a porté sur la vérification des plans cadastraux, le contrôle des limites, la pose de bornes et les concertations entre les administrations, l’entreprise et les communautés.

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Les opérations conduites dans d’autres localités donnent une indication sur les étapes de ce processus. À Eséka, 8 834,08 hectares sur une superficie initiale de 13 954 hectares ont été restitués à l’État en 2025. À Dibombari, une réunion tripartite tenue le 21 janvier 2026 a porté sur plus de 2 566 hectares de terres non exploitées présentées en vue de leur restitution à l’État. Dans cette localité, 319 hectares avaient déjà été rétrocédés en 2020 et en 2023. Ces opérations mettent en évidence deux étapes distinctes. La première concerne la restitution à l’État des terres qui ne relèvent plus du périmètre conservé par l’entreprise. La seconde porte sur leur éventuelle attribution aux communautés, selon les procédures administratives applicables. À Déhané, la participation de la Socapalm aux concertations doit contribuer à préciser les espaces concernés et leur situation au regard du bail.

Commission tripartite

Les correspondances du ministre Eyebe Ayissi font suite à deux requêtes datées des 27 août et 2 octobre 2026, adressées par Guillaume Vangle Soad, élite du canton Yasuku, au nom de la communauté. Elles prennent également en compte les travaux d’expertise cadastrale. La commission doit réunir les représentants de l’administration, des communautés concernées et de la Socapalm. Elle devra poursuivre les concertations, identifier les espaces susceptibles d’être rétrocédés et préciser la localisation. L’examen portera notamment sur les attentes des populations, les caractéristiques des terrains, les limites des emprises et les contraintes liées aux activités de l’entreprise.

Au terme de ses travaux, la commission devra transmettre au ministre un rapport circonstancié accompagné d’un avis motivé. L’implication de la Socapalm doit permettre de rapprocher les résultats cadastraux de la réalité des emprises et des demandes formulées par les communautés. La mise en place de cette instance ne vaut cependant pas décision de rétrocession. Les limites des terrains, leur statut juridique et les observations des différentes parties doivent être examinés avant toute décision définitive.

Dialogue communautaire

L’appel du ministre intervient après une campagne de concertations organisée par la Socapalm du 7 au 30 septembre 2026 sur ses sites d’Édéa, Dibombari, Mbongo, Mbambou et Kienké. Ces rencontres bipartites ont porté sur les engagements communautaires, l’emploi, les services de base et les préoccupations foncières. À Déhané, l’accès à la terre et la question de l’espace vital ont d’ailleurs occupé une place importante dans les échanges. Les populations ont notamment exprimé leurs attentes concernant les terres destinées à l’habitat, aux cultures et aux activités économiques locales.

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Le compte rendu d’une réunion tenue le 2 juin 2026, présenté lors des rencontres de septembre, fait état d’une rétrocession actée et d’une descente attendue des services du Cadastre pour délimiter les espaces concernés. Les correspondances du 14 octobre ouvrent une nouvelle séquence de concertation autour de ce dossier. Pour les communautés riveraines, la rétrocession représente une possibilité d’accès à des espaces destinés à l’habitat, aux cultures vivrières et au développement d’activités locales. Pour la Socapalm, la clarification des limites permet de distinguer les terres relevant de son bail des espaces susceptibles d’en être exclus.

Valgadine TONGA

 

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