Les 29 et 30 juin 2026, la Socapalm de Kienké dans la ville de Kribi, a réuni les communautés riveraines lors de ses rencontres bipartites trimestrielles. Les questions relatives à la sécurité, au foncier, aux projets sociaux entre autres, ont rythmé ces concertations destinées prévenir les tensions.
À Mbvumbélé, Mbeka’a, Lendi Aviation, Mpangou et Ebomé, les réunions bipartites du deuxième trimestre 2026 ont confirmé leur ambition de faire du dialogue un instrument permanent de gouvernance entre la plantation Socapalm de Kienké et les communautés riveraines. Plus qu’un simple exercice de suivi, ces concertations trimestrielles ont permis d’évaluer les engagements, d’informer les populations, de confronter les attentes et d’esquisser des réponses communes aux principaux défis du territoire.
Durant les deux jours de terrain, neuf axes ont rythmé les échanges : suivi des engagements antérieurs, état d’avancement des projets sociaux, information générale sur les activités de l’entreprise, gestion du foncier, communication préventive, fonctionnement du mécanisme indépendant de gestion des plaintes, respect des droits de l’Homme, protection de l’environnement et dialogue ouvert avec les communautés.
Sécurité et foncier au cœur des échanges
À Mbvumbélé, la sécurité s’est rapidement imposée comme l’une des préoccupations majeures. Face à la recrudescence des agressions, Sa Majesté Bikouo Henri a salué le renforcement des comités de vigilance grâce à la remise, par la Socapalm, d’équipements composés de machettes, lampes rechargeables, téléphones portables et sifflets. « Nous disons merci parce que ce matériel est arrivé à temps », a-t-il déclaré, tout en alertant sur la circulation d’armes dans la zone et sur la vulnérabilité particulière de son village, voisin du campement des Pygmées. « La sécurité n’est pas l’affaire d’une personne. C’est l’affaire de tous », a insisté le chef traditionnel, appelant à une coopération étroite entre villages, forces de sécurité et entreprise.
Cette volonté de préserver un climat apaisé s’est retrouvée dans les interventions des autres responsables coutumiers dans les autres communautés. Représentant le chef de Mbeka’a, Tsagadiguy Eugène Noël a salué « une relation qui dure déjà des années », tout en exprimant une vive inquiétude sur les orientations envisagées pour la rétrocession des terres. Selon lui, les communautés refusent d’être réinstallées sur des espaces éloignés de leurs territoires historiques. « L’Etat devrait en tenir compte et ne pas éparpiller notre communauté », a-t-il insisté.
Transparence et confiance
À Lendi Aviation, le débat foncier a également dominé les échanges. Les populations ont demandé que les limites historiques du village soient rétablies et que l’État assume pleinement ses responsabilités, tout en réaffirmant leur volonté de préserver les bonnes relations avec la Socapalm. « Nous ne voulons pas les problèmes avec la Socapalm. Mais nous voulons simplement que les limites réelles soient respectées et que notre village rentre dans ses droits », a déclaré le chef.
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Au terme des travaux, Sa Majesté Bikouo Henri a rappelé que les progrès enregistrés dans le dialogue ne sauraient occulter la pression foncière qui pèse désormais sur les communautés. Entre la palmeraie, le port et l’autoroute, « nos populations n’ont plus de terre », a-t-il résumé, appelant l’État et la Socapalm à accélérer le processus de rétrocession.
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L’environnement sous contrôle
L’environnement a constitué un autre temps fort de ces assises. Les responsables de la plantation ont présenté les résultats des analyses annuelles des eaux de rivière, réalisées en mars par un laboratoire agréé. Les paramètres physicochimiques demeurent conformes aux normes nationales, sans impact attribué aux activités agricoles. Les communautés ont été invitées à participer aux prochains prélèvements afin de renforcer la transparence, tout en conservant la possibilité de solliciter une contre-expertise indépendante. Les échanges ont également porté sur la protection des zones ripariennes, des espaces à haute valeur de conservation et sur le suivi de la biodiversité aquatique, illustré par l’inventaire régulier des espèces de poissons présentes dans les cours d’eau de la concession.
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Autre évolution majeure : la présentation du nouveau mécanisme indépendant de gestion des plaintes. Désormais confié au groupe Socfin à travers la plateforme numérique Ulula, le dispositif permet aux riverains et aux salariés de saisir gratuitement leurs réclamations par téléphone, WhatsApp ou formulaire numérique, avec des garanties d’anonymat, de confidentialité et de traçabilité jusqu’à la réponse finale.
Des avancées saluées
La seconde journée, organisée à Lendi Aviation, Mpangou et Ebomé, a confirmé cette dynamique. À Lendi, les habitants ont salué les équipements remis aux comités de vigilance tout en sollicitant un renforcement des moyens pour couvrir un territoire de plus de huit kilomètres. À Mpangou, SM Ntonga Manduo Étienne a évoqué « un sentiment d’extrême satisfaction », estimant que les explications des techniciens permettent de mieux comprendre les enjeux de la plantation. « Nous avançons à petits pas, mais sûrement », a-t-il affirmé, voyant dans ces rencontres un levier durable de développement local.
Au fil des villages, un même constat s’est imposé : si la sécurité, la préservation de l’environnement et les mécanismes de dialogue progressent, la question foncière demeure le principal chantier des prochaines concertations tripartites. C’est autour de cet équilibre entre développement économique, droits des communautés, protection des ressources naturelles et paix sociale que les différents acteurs entendent désormais construire l’avenir du territoire de Kienké.
Cheikh Malcolm EPANDA






