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Responsabilité environnementale : Proforest valide 75 mesures à Socapalm et Safacam

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Le 20 juillet, Socfin a publié une deuxième série de vérifications indépendantes réalisées par Proforest au Cameroun. Conduites en avril 2026 à Socapalm Dibombari, Socapalm Édéa et Safacam, elles prolongent un processus né des investigations indépendantes d’Earthworm Foundation menées entre 2023 et fin 2025 sur des allégations notamment de violations foncières concernant plusieurs opérations du groupe.

 

Des plans d’action propres à chaque site ont été arrêtés. En janvier 2026, Proforest a été mandaté pour en vérifier l’exécution et l’alignement, par l’examen documentaire, des observations de terrain et des entretiens avec les parties prenantes. Cette deuxième série de vérifications Proforest au Cameroun s’inscrit dans une démarche inédite de redevabilité engagée par Socfin. Après les investigations indépendantes menées par Earthworm Foundation entre 2023 et fin 2025 sur des allégations de violations foncières, environnementales et sociales, le groupe a dû élaborer des plans d’action spécifiques à chaque site. En janvier 2026, Proforest reçoit le mandat de vérifier, par des visites de terrain et des consultations avec les parties prenantes, si ces mesures sont effectivement alignées avec les recommandations initiales.

La méthodologie déployée en avril 2026 n’a rien d’une simple formalité administrative : croisement de documents, observations physiques des sites, entretiens avec les représentants des entreprises, les salariés, les sous-traitants, les communautés riveraines, les autorités publiques et les organisations de la société civile. Un dispositif d’audit qui confère au rapport une légitimité renforcée.

Trois sites, trois trajectoires différenciées

Si le verdict global est favorable, la lecture comparative révèle des réalités opérationnelles contrastées. À Dibombari, sur 25 mesures examinées, dix sont classées comme mises en œuvre, quatorze en mise en œuvre continue, tandis que quatre comportent encore des éléments partiellement exécutés. Edéa concentre le plus grand volume de mesures – 29 au total – avec un profil dominé par la continuité : sept mises en œuvre, vingt en cours, deux partiellement. Safacam affiche le meilleur taux d’achèvement : onze mesures réalisées sur 21, neuf en continu, une partielle.

Lire aussi : Agro-industrie : Safacam et ses 14 milliards Fcfa de bénéfices  

Cette répartition impose une nuance fondamentale. Le terme « alignement », utilisé par Proforest, ne signifie pas « achèvement ». Il valide la conformité des actions engagées avec les recommandations d’Earthworm Foundation, mais reconnaît que des processus comme le dialogue communautaire, le suivi environnemental ou la gestion des plaintes exigent une permanence qui ne se décrète pas par un simple rapport.

Les grands chantiers

Au-delà des chiffres, les rapports identifient les fronts où se joue la crédibilité durable des plantations. Le dialogue relatif au foncier et les processus de restitution demeurent le point névralgique. À Dibombari, la question du manque de terres pour les moyens de subsistance et la clarification de l’article 6(h) du bail emphytéotique restent des chantiers ouverts. À Edéa, la densification des bornes et la documentation des points de contention communautaires progressent, mais la relation entre la plantation et son territoire demeure sous tension.

Lire aussi : Déclaration de durabilité 2025 de Socfinaf : la durabilité au service de la performance »  

L’accès à l’eau constitue l’autre marqueur sensible. Les vérifications confirment des progrès dans la transparence des analyses, avec l’association des communautés aux opérations de prélèvement. Cette évolution méthodologique traduit une prise de conscience : la crédibilité scientifique ne suffit plus sans l’appropriation territoriale des résultats. La prévention des violences basées sur le genre et du harcèlement sexuel, les conditions de travail, les pratiques de sécurité : autant de dimensions qui inscrivent ces trois sites dans une mutation plus profonde des standards de responsabilité sociale.

Lire aussi :Socapalm : la RSE au cœur des investissements de l’agro-industrie  

Impact économique et stratégique

La portée de cette publication dépasse la seule dimension réputationnelle. Pour Socfin, qui revendique 34 369 hectares plantés, six unités de transformation et 8 369 emplois directs et indirects au Cameroun, représentant près de 41 % de la production nationale d’huile de palme, la durabilité devient un investissement stratégique. Les dépenses déclarées (10,57 millions d’euros pour Socapalm, 4,54 millions pour Safacam en 2024) traduisent l’ampleur des ressources engagées.

Mais la question centrale demeure : ces investissements suffiront-ils à transformer durablement la relation entre les plantations et les communautés ? Les 43 mesures encore en « mise en œuvre continue » représentent autant de promesses dont la matérialisation dépendra de la constance des entreprises, de la vigilance des parties prenantes et de la capacité des mécanismes à produire des résultats tangibles sur le terrain.

Fin du processus ou véritable commencement ?

Avec 181 mesures alignées sur 182 examinées à travers le Nigeria, la Sierra Leone, le Liberia et désormais le Cameroun, Socfin affiche un taux de conformité impressionnant. Mais la publication de ce deuxième rapport marque moins une conclusion qu’un tournant. Le véritable test ne réside plus dans la capacité à valider des recommandations, mais à maintenir les mécanismes dans la durée.

Le prochain chapitre s’écrira dans les villages riverains, au bord des rivières, dans les bureaux des syndicats et les réunions communautaires. C’est là que se mesurera la distance entre l’alignement documenté et la transformation réelle des pratiques. Les 75 mesures validées au Cameroun constituent une étape nécessaire. Elles ne garantissent pas, à elles seules, la durabilité d’un modèle agro-industriel historiquement conflictuel. La question n’est donc plus de savoir si Socfin a répondu aux recommandations. Elle est de savoir si le groupe a compris que la durabilité n’est pas un standard à atteindre, mais une discipline à pratiquer, jour après jour, dans chacun des territoires où il opère.

Cheikh Malcolm EPANDA

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