30 jeunes issus des dix régions du Cameroun ont reçu gratuitement à Douala, des connaissances pratiques dans plusieurs filières agricoles dans le cadre de la formation portée par la plateforme ANDJEUN. La prochaine étape porte sur la mise en œuvre de microprojets bancables, au sein des clusters constitués à l’issue de la formation.
La cérémonie de clôture de la semaine de formation consacrée aux métiers de l’agriculture s’est tenue le samedi 8 août 2026 à Douala, avec la participation de plusieurs acteurs institutionnels et professionnels. Pendant cinq jours, 30 jeunes venus des dix régions du pays ont été formés gratuitement à différentes filières du secteur agricole. La production de champignons, l’apiculture, la pisciculture et la production d’escargots figuraient notamment au programme. L’initiative, portée et entièrement financée par la plateforme numérique ANDJEUN, vise à renforcer les capacités des jeunes et surtout à les accompagner vers la concrétisation de leurs projets et donc, à l’auto-emploi.

Pour Flavien Kouatcha, entrepreneur agricole, ingénieur des Sciences et Techniques de l’Industrie et membre élu de la Chambre d’agriculture, la formation ne constitue qu’une première étape. « Entreprendre, c’est entrer et prendre. Votre réussite dépend de vous. Lorsque vous rentrez, sachez que vous devez travailler dans les clusters qui ont été constitués. Vous devez identifier vous-même les ressources dont vous avez besoin. Et si vous n’arrivez pas à les avoir, pensez à des solutions qui dépendent uniquement de ce qui est à votre disposition. Nous reviendrons ici dans quatre mois évaluer l’aspect pratique qui va être mis en place durant ces quatre mois. De sorte à voir ensemble quelles sont les productions qu’ils auront effectivement faites et comment le projet peut être poursuivi. », a-t-il rappelé aux bénéficiaires, les invitant à ne pas attendre que toutes les conditions soient réunies avant de se lancer. À l’issue de la formation, les participants ont été regroupés en clusters, en fonction notamment de leurs localités et des filières dans lesquelles ils souhaitent s’investir. Cette organisation doit permettre de favoriser la mutualisation des moyens et de faciliter le passage à la phase pratique.
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L’objectif est de voir ces jeunes produire effectivement dans leurs différentes localités et, à terme, de structurer les filières autour des résultats obtenus sur le terrain. « Ce que nous attendons d’eux dans la suite, c’est qu’ils soient des relais de cette formation dans leur localité », a expliqué le formateur. La phase pratique devrait se traduire par le financement progressif de microprojets proposés par les jeunes eux-mêmes. Les bénéficiaires auront ainsi la responsabilité de concrétiser leur projet, grâce à l’apport des financiers contacter par le promoteur de la plateforme ANDJEUN, et qui ont d’ailleurs incité les jeunes à travailler pour rendre leurs projets bancables afin d’obtenir les financements.
Une première évaluation est annoncée dans quatre mois. Elle permettra de faire le point sur les productions réalisées, les difficultés rencontrées et les perspectives de poursuite des activités. L’accompagnement se poursuivra également à travers la plateforme numérique ANDJEUN. Les jeunes pourront y publier régulièrement des images et des vidéos de leurs activités, poser des questions et bénéficier des conseils des formateurs.
Représentant le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique à cette occasion, Pierre Dominique Mveme Atangana, secrétaire permanent de l’Observatoire national de la jeunesse, a salué la qualité des projets présentés. « Cette démarche d’accompagnement pérenne va permettre, à court terme, d’avoir un nouveau type d’hommes d’affaires au Cameroun. Celui que nous voulons : des entrepreneurs agricoles qui sachent ce qu’il y a comme gain dans le secteur agricole, qui sachent qu’avec la culture, le Cameroun peut relever le défi de son industrialisation. Nous sommes d’autant plus satisfaits qu’ils sont déjà organisés en clusters. Et lorsqu’on dit clusters, on y voit une sorte de mutualisation. » Il a relevé leur cohérence avec les orientations actuelles du gouvernement, notamment en matière de développement agricole et d’import-substitution. Plusieurs mécanismes publics pourraient ainsi être mobilisés pour faciliter l’accompagnement des jeunes.
Il a notamment cité le Plan intégré d’import-substitution agro-pastoral et halieutique (PIISAH) et le Plan national spécial de promotion de l’emploi des jeunes (PNSPJE), ainsi que d’autres programmes dans le domaine du numérique. Pour le responsable de l’Observatoire national de la jeunesse, l’enjeu est de permettre à chacun des bénéficiaires de trouver une voie d’accès au financement de son projet individuel ou collectif. « C’est l’occasion pour moi d’inviter ces jeunes à aller dans les Centres Multifonctionnels de Promotion des Jeunes, qui sont en réalité des incubateurs mis en place par le gouvernement. De les inviter également à obtenir chacun sa Carte Jeune Biométrique. Et surtout, à être inscrits à l’Observatoire. Parce que lorsqu’ils ont satisfait ces trois exigences, ils ont beaucoup plus de facilité en termes d’accompagnement. Nous accueillerons également ceux qui seraient au-delà de l’âge. Puisque nous avons une mission globale du gouvernement : faciliter la croissance économique et accompagner tous les acteurs qui sont disposés à œuvrer pour que notre économie connaisse l’essor souhaité à l’horizon 2035. C’est l’occasion pour nous de remercier l’équipe technique de ITG Store pour le sacrifice consenti », a précisé le Secrétaire permanent.
Pour Gabriel Fopa, Directeur général de ITGStore et promoteur de la plateforme ANDJEUN, le développement passe également par le renforcement des capacités et la transformation des connaissances en actions concrètes. Il a invité les jeunes à faire preuve de détermination et à mettre leur passion au service de leurs projets. Pour lui, les initiatives peuvent commencer modestement avant de prendre de l’ampleur, à condition d’être portées par une réelle volonté d’agir. « Il m’a aussi semblé d’avoir lu dans vos yeux que vous avez compris que si la providence, si Dieu doit agir sur un espace, il ne peut pas agir sans passer par des hommes. Et quand il passe par des hommes, des jeunes, des femmes qui ont des têtes et des cœurs bien orientés, à mon avis, il n’y a que grâce et émerveillement. Donc les responsabilités qui vous sont confiées sont immenses. Chacun fait sa toute petite part. Et vous serez appelés à faire votre petite part. De plus, le gouvernement a dit qu’il est là. Les députés vont porter la parole. Les banques vous ont dit qu’elles attendent la maturation de vos projets. Jetez-vous à fond. Sachez que votre passion est la seule énergie que vous avez », a recommandé l’homme d’affaires Gabriel Fopa, promoteur de ANDJEUN, la plateforme du savoir et du savoir-faire.

La mobilisation de plusieurs partenaires autour du projet. Parmi eux, Georges Moung, élite de l’Est. Qui a d’ailleurs soutenu que « si chaque homme d’affaires camerounais prenait l’initiative d’organiser une telle formation, je vous assure que le Cameroun serait très loin aujourd’hui. Je le dis en toute conviction. Le jour où vous allez mourir, Dieu ne vous demandera pas combien d’immeubles vous avez construit, votre compte en banque, le nombre de voitures, le nombre de femmes que vous avez eu. Ce que le Seigneur va vous demander c’est ce que vous avez fait de tous les biens qu’il a mis à votre disposition. C’est un message que je lance à tous nos hommes d’affaires. Qu’ils prennent ce genre d’initiatives vis-à-vis des jeunes ». Le député Ali Salihou du Lom et Djérem a félicité l’initiative et encouragé cette première cuvée, non sans promettre d’être la voix du projet au Parlement.

Les certificats reçus devront se traduire par des activités et des productions concrètes dans les différentes régions du Cameroun. Titulaire d’un BTS en agronomie, Marc Freddy Tchoungia est l’un d’un bénéficiaire de la formation. Il confie : « Ce qui m’a marqué durant la formation c’est beaucoup plus nos encadreurs. Ils ont été vraiment disposés et ils nous ont tout donné. Et aussi le confort, parce qu’il faut reconnaître que non seulement nous avons été formés gratuitement par des experts pendant une semaine, mais c’ets la plateforme du Directeur général Gabriel Fopa qui a pris en charge notre hébergement et notre restauration. Nous étions aux petits soins et les journées étaient chargées. Au niveau des plantes médicinales, vu que je m’exerçais déjà dans l’élevage de lapins, j’ai voulu faire dans le bio. J’avais essayé certaines recherches mais je doutais encore. A la fin de la formation, j’ai eu vraiment à sortir avec quelque chose de plus. Et de là je vais aller exercer. Avec l’équipe dans le cluster Centre 1, nous allons nous asseoir et travailler vraiment sur notre projet qui est la pisciculture. »
Dans quatre mois, les responsables du programme entendront mesurer les premiers résultats obtenus au sein des clusters. À travers cette démarche, le promoteur de l’initiative ambitionne de contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles, capables de créer des activités, des emplois et de participer à la transformation du secteur agricole camerounais. Une jeunesse qui ne sera plus contrainte à s’exiler vers un eldorado incertain.
Blanchard BIHEL et Valgadine TONGA






