L’exécutif municipal a ouvert le débat d’orientation budgétaire avec un taux de recouvrement de 35,46%. Sur une prévision de recettes de fonctionnement de 888.825.856 francs Cfa pour l’exercice 2026, seuls 315.170.990 francs Cfa ont été recouvrés à la date du 30 septembre 2026. Le préfet du Lom-et-Djèrem qui assistait aux travaux appelle à des solutions endogènes.
Vendredi 23 octobre 2026, la Commune de Bertoua 2ème dans la région de l’Est, a tenu son débat d’orientation budgétaire pour l’exercice 2027. Une session ordinaire du conseil municipal placée sous le signe de la rigueur, mais surtout de l’inquiétude, tant les indicateurs financiers présentés par l’exécutif municipal traduisent une situation de trésorerie pour le moins délicate. Devant les conseillers municipaux, le maire, Omer Solla Pitol, a dressé un état des lieux sans détour.
Sur une prévision de recettes de fonctionnement de 888.825.856 francs Cfa pour l’exercice 2026, seuls 315.170.990 francs Cfa ont été recouvrés à la date du 30 septembre 2026. Soit un taux de réalisation de 35,46 %. Un chiffre que l’édile qualifie lui-même de « faible en cette période de l’année », alors que le dernier trimestre s’ouvre, et que les besoins de la population demeurent croissants. « Cette session se tient au moment où notre commune connaît des difficultés financières. Nous devions tenir cette session au mois de septembre. Malheureusement, l’argent fait défaut et j’ai dû forcer pour tenir ce conseil », a confié Omer Solla Pitol.
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Cette Commune, comme bien d’autres sur l’ensemble de la région de l’Est, font face à des tensions de trésorerie persistantes qui plombent le bon fonctionnement de leurs activités. Mais, le maire de la Commune de Bertoua 2ème a identifié plusieurs causes à cette contre-performance. « D’abord, les retards enregistrés dans la mise à disposition des centimes additionnels communaux, dont les listings de répartition sont pourtant connus depuis plusieurs mois. Ensuite, les difficultés liées au recouvrement de l’impôt général synthétique, introduit par la nouvelle loi portant fiscalité locale, dont les retombées positives restent toujours attendues. Actuellement, nous fonctionnons sous perfusion », a-t-il expliqué, en laissant transparaître une réelle inquiétude quant à la capacité de sa Commune à honorer ses engagements. Concernant les dotations du Budget d’investissement public (Bip), Omer Solla Pitol a déploré le faible taux d’engagement en investissement par des facteurs exogènes, indépendants de la volonté de l’exécutif communal, notamment la notification tardive des crédits. Un constat qui limite considérablement la marge de manœuvre de la municipalité en matière de réalisations concrètes.
Bouffée d’oxygène
Malgré cette tension budgétaire, l’exécutif municipal ne reste pas les bras croisés. Le maire a annoncé avoir sollicité auprès du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunal (Feicom), un financement d’un montant de 150 millions de francs Cfa, pour la mise en place d’un système de gestion intégrée des ordures ménagères et assimilées dans la Commune. « Notre dossier a été jugé recevable et il est soumis à votre vote », a-t-il précisé aux conseillers, les invitant à se prononcer par une délibération.
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Mieux encore, grâce à ce que l’édile appelle ses « bonnes performances managériales », la Commune a obtenu trois financements de près de 500 millions de francs Cfa dans le cadre du Programme de renforcement des capacités des Communes (Prolog). Ces fonds permettront le renforcement de l’éclairage public, la construction de mini-adductions d’eau potable avec pompage solaire, ainsi que l’édification de blocs de salles de classe dans plusieurs écoles primaires publiques. Des projets qui, a-t-il souligné avec fierté, émanent directement des populations, à travers les assemblées générales tenues au mois de mai. Une démarche participative qui traduit la volonté de l’exécutif municipal de faire de la gestion locale une affaire de tous. Le maire s’est également réjoui de la décision du Prolog de mettre en place un cadre de consultation pour la mise à jour du Plan communal de développement. Un outil de planification qui devrait permettre à la Commune de Bertoua 2ème de mieux structurer ses interventions et de définir des priorités en adéquation avec les attentes des populations.
Les priorités de 2027
Pour l’exercice 2027, Omer Solla Pitol a dévoilé une série de projets prioritaires. Il s’agit notamment de la construction de blocs de quatre salles de classe type R+1 à l’école primaire publique de Monou 2, de l’électrification de l’abattoir moderne de Bertoua 2ème, l’entretien en bicouche de certains axes routiers et l’entretien de quelques voiries en terre. La Commune prévoit également la construction de logements sociaux d’une valeur de 650 millions de francs Cfa.
Prenant la parole, le préfet du Lom-et-Djèrem, a adressé ses félicitations au Maire, affectueusement surnommé « Bulldozer » par ses administrés. Il a salué son dynamisme, son sens élevé de l’organisation et ses qualités managériales, relevant qu’il se distingue positivement dans le département par sa rigueur administrative et son attachement au fonctionnement régulier des institutions communales. Au regard des besoins sans cesse croissants de la population, le Dr Simon Nkwenti Doh, a lancé un appel à la responsabilité. « Ces contraintes, aussi réelles soient-elles, ne sauraient exonérer l’exécutif municipal de l’obligation de recherche de solutions endogènes pour améliorer durablement le niveau de mobilisation des ressources propres ».
Ange-Gabriel OLINGA BENG





