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Mini Festival Mpo’o Yassoukou 2026 : la jeunesse rallume le feu de la transmission à Déhanè

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Du 19 au 22 août 2026, les berges du Nyong, à Déhanè, dans le canton Yassoukou, ont résonné au rythme du Mini Festival culturel Mpo’o Yassoukou 2026. Quatre jours durant, sept 1cantons du peuple Bakoko ont fait vivre le thème « Nkomane », entendre rassemblement, dans une célébration où la tradition s’est transmise moins par les discours que par les gestes et les savoirs.

 

Au son du tam-tam, l’appel traditionnel a ouvert les festivités le 19 août. Les jeunes Bakoko dans la Sanaga Maritime (au Cameroun), tous venus de Yassoukou, Yakalag-Mouanko, Yakalag-Dizangué, Adiè, Bakoko Moungo, Bakoko Miting Nzangwa et Ndonga ont défilé, réunissant la communauté autour de sa mémoire. Le Mini Festival fait de la jeunesse un relais vivant de la culture Mpo’o, une plateforme où se préparent les protagonistes de demain.

Plusieurs ateliers ont meublé cette grande rencontre : Arts patrimoniaux et vestimentaires, pharmacopée traditionnelle, histoire des Mpo’o et les contes ont constitué le socle de cette transmission. Les épreuves ont suivi : lutte traditionnelle, tir à la corde, danse, art culinaire et connaissance vestimentaire. La course de pirogue, sur les eaux du Nyong, a offert un temps fort. Les délégations ont rivalisé d’adresse, de muscles parfois, mais surtout d’ingéniosité et d’enthousiasme. Montrant ainsi leurs capacités et leur intelligence à faire rayonner la culture Mpo’o.

Transmission et sacralité à l’honneur

Les enfants du Camp culturel Atan Osúh, représentant Yakalag-Mouanko, ont notamment participé à quatre disciplines. Cette édition a confirmé la place accordée aux « Mpo’o de demain », ces jeunes formés dans les écoles d’apprentissage de la culture Bakoko. Ici, point de poids lourds dans la lutte, ni de reine de la grotte : la jeunesse s’approprie progressivement les codes, avec sa princesse de la grotte sacrée.

Lire aussi :Dyjeba 2026 : le sursaut de la jeunesse Bakoko   

Le 22 août, l’apothéose a mêlé culture et continuité institutionnelle. Après les travaux du Conseil Mpo’o et l’assemblée générale intermédiaire, un nouveau bureau de la Jeunesse Mpo’o a été installé avec à sa tête Marie Armelle Tècle Kaane. La clôture a consacré les lauréats de huit trophées, de la lutte à la danse, de la pirogue à l’art culinaire, jusqu’au couronnement de la Miss du festival comme princesse de la grotte sacrée. La soirée s’est achevée avec l’artiste camerounais de renommée internationale Petit-Pays.

Gratitude et transmission en marche.

Journaliste et chef de projet, Jean Daniel Mbappe Ntone évoque un devoir accompli : « J’ai un sentiment de quelqu’un qui a accompli une mission. Celle de conduire une équipe et produire un événement avec très peu de moyens. », affirme-t-il. Son confrère Yemy Serge Auguste du canton Yakalag de Mouanko, y voit pour sa part une fierté pour la culture Mpo’o. Il estime que cette deuxième édition, après celle de 2025 à Ndonga, « a largement dépassé les attentes » et salue une jeunesse qui a mis en valeur « notre culture, nos traditions et notre identité Mpo’o ». « Je tiens à tirer un grand coup de chapeau au Bureau de la Jeunesse Mpo’o », ajoute Yemy Serge, évoquant un moment de partage, de fierté et de rassemblement.

La princesse Marlyse Alberte Etotoke Epoune, qui a adressé sa gratitude au promoteur d’Atan Osúh, aux parents, aux encadreurs et aux jeunes, partage cette joie collective. Mais déjà, l’horizon est tracé. « Pour la prochaine édition, les budgets de transport des délégations et des enveloppes doivent être privilégiés pour éviter des déceptions. Tous les meilleurs de l’édition 2026 doivent être invités en décembre au Mpo’o 2026 », projette Jean Daniel Mbappe Ntone.

Exit Yassoukou 2026. Désormais, les regards se tournent vers le grand rassemblement de décembre à Édéa, où pourront se mesurer les fruits de ce qui s’est semé et révélé à Déhanè. Déhanè où, quand le soir a déposé son manteau de silence, la voix grave des tambours a parlé. Elle a dit aux initiés que la fête s’achevait, et que les ancêtres, invisibles mais présents, avaient marché parmi les vivants. Leur souffle a porté l’événement, leurs bénédictions ont fécondé la terre des retrouvailles. Ainsi, la fête s’est tue, les tambours ont fini par se taire, mais la transmission, elle, vient seulement de reprendre sa marche.

Cheikh Malcolm EPANDA

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