À la veille des rentrées scolaires et universitaires 2026-2027 fixées respectivement au 7 septembre et début octobre, le ministre Délégué à la Présidence chargé de la Défense (Mindef), Joseph Beti Assomo, a présidé ce 26 Août à Yaoundé au Cameroun, la traditionnelle réunion d’évaluation sécuritaire.
Le cœur du message du Mindef ce mercredi 26 août 2026, à la faveur de la réunion d’évaluation sécuritaire, a été la sécurisation des rentrées scolaires et universitaires. S’appuyant sur le drame de Nomale du 14 août dernier, où 16 compatriotes ont perdu la vie dans un accident de la route, il a ordonné une intensification des contrôles routiers. « À la faveur des imminentes rentrées scolaires et universitaires 2026-2027, les établissements scolaires ouvriront leurs portes bientôt sur l’ensemble du territoire national. L’accent doit être mis de manière particulière sur la prévention routière. Le tragique accident survenu récemment le 14 août 2026 dans la localité de Nomale, arrondissement de Ndikinimeki, qui a coûté la vie à seize de nos compatriotes, vient nous rappeler une fois de plus et avec une douloureuse acuité l’urgence d’une action résolue contre l’insécurité routière compte tenu des grands mouvements de populations qu’induisent les rentrées scolaires et universitaires » a rappelé le patron de la défense Joseph Beti Assomo.

Lire aussi :Sécurité maritime au Cameroun : une nouvelle forteresse du BIR pour verrouiller la façade maritime
Il S’agit pour les forces de défense et de sécurité de créer un environnement sécuritaire favorable à des rentrées scolaires et universitaires sereines, protégeant en particulier élèves, enseignants et établissements contre toute forme de menace. La cérémonie d’ouverture s’est tenue en présence de plusieurs hautes personnalités : le ministre de l’Administration Territoriale, le Délégué Général à la Sûreté Nationale, le Secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la Gendarmerie et le Représentant de la Direction Générale de la Recherche Extérieure, le Général de Division, Directeur Général Adjoint de la DGRE. L’occasion a été saisie par le Mindef pour marteler le contexte international et régional sous haute tension.
Lire aussi :Armée camerounaise : le MINDEF consacre les promus du Nouvel An
Dressant le tableau de la situation sécuritaire, Joseph Beti Assomo a évoqué un contexte international marqué par la persistance de nombreux conflits. « Sur le plan international, la situation sécuritaire demeure marquée par la persistance de nombreux conflits, tensions et rivalités, notamment la guerre Ukraine-Russie qui demeure un important risque de déstabilisation internationale. Les répercussions de ce conflit sur l’économie mondiale continuent de se faire sentir avec toujours plus d’acuité et de gravité aux quatre coins de la planète. N’échappe à ces conséquences qui obèrent le pouvoir d’achat des ménages. » Au plan régional, il a cité les conflits à l’Est de la RDC, la guerre au Soudan, les conflits en Somalie et surtout la menace djihadiste autour du bassin du Lac Tchad, sans oublier les conséquences des changements climatiques avec les inondations et l’épidémie de choléra qui frappe actuellement l’Extrême-Nord.
Vigilance maintenue
Sur le plan national, le Ministre assure que la situation demeure globalement sous contrôle, tout en reconnaissant des poches de fragilité. « Dans la région de l’Extrême-Nord sont encore signalées ça et là les incursions de prédation des éléments terroristes de Boko Haram à la recherche de pitance, notamment dans les départements du Logone-et-Chari, du Mayo-Tsanaga et du Mayo-Sava. Nos forces de sécurité et de défense qui demeurent à pied d’œuvre, comme en témoignent les opérations conduites ces derniers mois, notamment à Bargaram et à Toubou, ont permis de mettre hors d’état de nuire de nombreux terroristes.»

Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, il a noté une embellie qui se consolide avec la reprise des activités socio-économiques, tout en déplorant la persistance des Ghost Towns le lundi et la multiplication des kidnappings pour financement des groupes armés.
Pour l’Adamaoua et le Nord, il a pointé la recrudescence des prises d’otages avec demande de rançon, alimentée par l’afflux de réfugiés fuyant les violences au Soudan et en Centrafrique. Le MinDef a conclu en annonçant l’examen, à huis clos, de nouveaux phénomènes préoccupants tels que les infanticides, les féminicides et les discours de haine propagés sur les réseaux sociaux avec l’aide de l’intelligence artificielle, œuvre selon lui des « ingénieurs du chaos ».
Line TCHAKOUNTE






