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Socapalm-Mbongo : la concertation reprend ses droits

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Après plusieurs années d’interruption, la chefferie traditionnelle de Mbongo a retrouvé son rôle de carrefour du dialogue. Sous la présidence du préfet de la Sanaga-Maritime, l’État, la Socapalm et les communautés riveraines se sont retrouvés autour d’une même table pour rouvrir le dossier de la coexistence entre l’exploitation agro-industrielle et les aspirations des populations. Un chantier demeuré sensible.

Il aura fallu des années de silence pour que la chefferie de Mbongo retrouve, le temps d’une journée décisive, sa vocation de parlement de la terre. Placée sous la présidence du préfet de la Sanaga-Maritime, Cyrille Yvan Abondo himself, la concertation tripartite du vendredi le 26 juin 2026 à la chefferie Mbongo, a réuni l’État du Cameroun, la Socapalm et les communautés riveraines. Mot d’ordre : restaurer un dialogue abîmé par les contentieux fonciers et la défiance.

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Dès l’ouverture, le maire de Dizanguè imprime le cap, saluant un « cadre stratégique » destiné à renforcer la compréhension mutuelle. Mais dans cette assemblée, le réel ne tarde pas à s’imposer. Le chef de canton de Mbongo saisit l’assemblée d’un cri : « Nous n’avons plus de terres. Il nous reste tout juste un kilomètre, et on veut encore envahir. » La charge place le foncier à l’épicentre des débats.

Le dialogue comme méthode de résolution

Face à lui, le préfet oppose la force tranquille du verbe administratif. « Le travail a commencé depuis 2021. Une solution a été trouvée ; il reste à l’implémenter. » La rétrocession récente de 2 000 hectares à Piti-Dibamba devient la preuve tangible que l’État écoute. Sphinx imperturbable, il rappelle une philosophie cardinale : « Il n’y a pas un problème sans solution. »

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Entre ces deux pôles, le Directeur général de la Socapalm déroule une diplomatie de responsabilité. « Aucune activité économique durable ne peut se développer sans confiance, sans dialogue et sans sécurité partagée », martèle-t-il, annonçant l’équipement des comités de vigilance en téléphones, torches et chasubles. Les vigies villageoises deviennent les sentinelles d’une paix négociée.

Avancées techniques, consensus fragile

Les travaux techniques livrent alors leur lot de réalités. La restitution cadastrale confirme 7 911 hectares exploités, mais révèle un débordement de 10 hectares sur le domaine national. À Mbongo, les revendications empêchent l’achèvement du bornage. Côté certification RSPO, l’heure est à la protection des sites sacrés et des zones à haute valeur de conservation. Le Secrétaire général alerte : les pressoirs artisanaux prolifèrent, « centre de recel des régimes volés dans nos plantations », exigeant une régulation urgente.

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Mais la mécanique se grippe à huis clos. Durant près d’une heure, Socapalm et communautés négocient les projets 2027. Malgré l’agilité du Directeur général, l’enveloppe budgétaire est jugée trop étroite. Les villages de Mbongo, Mbanda et Piti-Dibamba exigent un temps de réflexion. L’accord définitif est reporté.

Une boussole pour l’après-tripartite

En clôture, le préfet fixe une feuille de route martiale : reprise semestrielle des tripartites, séance spécifique sur le foncier de Mbongo, recensement des pressoirs, cartographie des zones sensibles et des sites sacrés. « Nous sommes condamnés à cheminer ensemble », conclut-il.

Au sortir, les regards croisent l’espoir et la prudence. Le notable Ekat Charles salue le retour d’un dialogue qu’il juge indispensable pour « mieux résoudre les problèmes sociaux, surtout le problème de terre. C’est donc une avancée majeure et un sentiment de fierté », affirme-t-il. Pour Din Maturin, « Les recommandations sont à saluer, mais ma préoccupation, c’est qu’elles soient effectivement suivies. » Entre attentes foncières, impératifs environnementaux et développement local, cette tripartite aura surtout remis le dialogue au centre d’une relation que chacun souhaite désormais transformer en engagements durables.

Cheikh Malcolm EPANDA

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