Prévention, dépistage, accompagnement psychologique et lutte contre les préjugés ont été au cœur de la célébration anticipée de la Journée mondiale de sensibilisation à l’albinisme, organisée le jeudi 11 juin 2026 à l’Hôpital Général de Douala.
Sous les chapiteaux dressés dans l’enceinte de l’Hôpital Général de Douala, les premiers participants prennent place à l’abri du soleil. Enfants, jeunes, adultes et personnes âgées échangent déjà avec les équipes médicales dans une atmosphère où la convivialité accompagne la prévention. La Journée mondiale de sensibilisation à l’albinisme, célébrée par anticipation, s’ouvre comme une vaste opération médico-sociale consacrée à la santé, à l’inclusion et à la dignité.
Dès l’accueil, un circuit bien rodé est mis en place. Enregistrement, orientation, prise des paramètres vitaux, consultations ophtalmologiques et dermatologiques, soins spécialisés : chaque participant bénéficie d’un accompagnement personnalisé. Dans les salles de consultation, les spécialistes procèdent aux examens visuels tandis que les dermatologues recherchent les lésions susceptibles d’évoluer vers un cancer cutané, l’une des principales complications liées à cette condition génétique.
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Autour des espaces de soins, les stands des partenaires attirent l’attention. Écrans solaires, laits hydratants et produits dermatologiques sont présentés et expliqués au public. Les échanges se multiplient entre professionnels et familles, chacun repartant avec des conseils adaptés à son quotidien.
‘’Fier d’être moi-même’’
À l’ouverture officielle, le Dr Rose Ekambi Kotto rappelle l’essentiel : « L’albinisme n’est pas une maladie, mais une condition génétique qui nécessite une vigilance particulière. » La dermatologue insiste sur la protection solaire permanente, le port de vêtements couvrants, le suivi ophtalmologique précoce et le dépistage des lésions cutanées. « Plus un cancer est détecté tôt, meilleures sont les chances de guérison », souligne-t-elle devant une assistance attentive.
Le thème de cette édition, « Fier d’être moi-même », donne ensuite le ton des échanges. La psychologue clinicienne Aurore Longue invite les participants à dépasser le regard des autres et à construire une image positive d’eux-mêmes. Les discussions se transforment peu à peu en moments de partage, de danse et d’expression collective où chacun affirme sa place dans la société.
Une journée pour changer les regards
Les témoignages renforcent ce message d’espoir. Master Albinos Cameroun 2025, Assondjou Rivaldo raconte comment son engagement lui a permis de gagner en confiance et de porter haut une conviction : « Être albinos n’est ni un handicap ni une fatalité. » À ses côtés, Njo Nsia Mack Daniel rappelle avec simplicité que les personnes atteintes d’albinisme vivent, rêvent et construisent leur avenir comme tous les autres citoyens, avec pour seule exigence une protection renforcée contre le soleil.
Au fil de la journée, les consultations cèdent progressivement la place aux animations et aux échanges informels. Les enfants participent aux activités récréatives, les familles partagent leurs expériences et les partenaires remettent des produits dermatologiques aux participants. Sous les chapiteaux, la sensibilisation prend alors un visage concret : celui d’une communauté réunie autour de la prévention, de la solidarité et du respect.
En conjuguant expertise médicale, accompagnement psychologique et mobilisation citoyenne, l’Hôpital Général de Douala a fait de cette Journée mondiale de sensibilisation à l’albinisme bien plus qu’une commémoration. Une démonstration que l’accès aux soins, l’information et la reconnaissance demeurent les meilleurs outils pour faire reculer les préjugés et promouvoir une société véritablement inclusive.
Cheikh Malcolm EPANDA






