De Kienké à Édéa, Mbambou, Mbongo et Dibombari, Socapalm déploie un même modèle de gestion des effluents. Ce système de lagunage est fondé sur les mécanismes naturels d’épuration, le contrôle scientifique et la concertation avec les communautés. Au cœur de ce dispositif, le bassin agricole de Kienké illustre une approche où la nature devient l’alliée de l’industrie dans la préservation durable des ressources en eau.
À Socapalm, le traitement des effluents ne relève pas d’une simple obligation réglementaire. Il constitue l’un des piliers de la politique environnementale déployée sur l’ensemble des cinq bassins agricoles de l’entreprise. À Kienké, ce modèle atteint une expression particulièrement aboutie à travers un système de lagunage qui reproduit les mécanismes d’autoépuration des milieux naturels.
« Le système de lagunage repose sur un procédé d’épuration naturelle », rappelle le Directeur de plantation, M. Cappeletti. Derrière cette affirmation se dessine une mécanique écologique où les bactéries remplacent les traitements chimiques et deviennent les véritables artisans de l’épuration. En effet, le processus débute dès la sortie de l’usine. Après la récupération des dernières fractions d’huile au niveau du florentin, les effluents, dont la température dépasse 90 °C, transitent par un bassin de refroidissement avant d’intégrer une succession de cinq lagunes.
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Les deux premiers bassins biologiques fonctionnent en milieu anaérobie où des bactéries dégradent naturellement la matière organique. Les deux suivants poursuivent cette transformation en présence d’oxygène, renforcée par des aérateurs mécaniques qui stimulent l’activité microbiologique. « Le bassin de refroidissement réduit la température des effluents issus de l’usine », explique Julienne Christiane Mbvoula, Correspondante environnement et développement durable. Elle souligne que cette étape prépare les conditions indispensables au développement des micro-organismes. Depuis 2024-2025, un système de chicanes complète le dispositif en améliorant l’oxygénation de l’eau avant son retour dans le milieu naturel.
Cette mécanique illustre une philosophie environnementale où l’épuration repose d’abord sur le fonctionnement du vivant. Les micro-organismes remplacent les traitements chimiques intensifs et transforment progressivement une eau fortement chargée en matière organique en une eau conforme aux exigences réglementaires.

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Science et protection des écosystèmes
La singularité du modèle Socapalm réside dans l’association permanente entre ingénierie écologique et démonstration scientifique. Chaque étape du traitement fait l’objet d’un contrôle rigoureux. Température, pH, DCO, DBO5, charges polluantes : les paramètres sont analysés en continu par le laboratoire du site puis vérifiés périodiquement par des laboratoires agréés.
La surveillance s’étend également aux nappes phréatiques grâce à un réseau de piézomètres destiné à contrôler la qualité des eaux souterraines. À cette approche s’ajoute le suivi de la biodiversité autour des lagunes et des cours d’eau récepteurs. La présence d’oiseaux, de poissons et d’autres espèces constitue un indicateur biologique de la qualité des milieux restaurés.
Cette démarche répond aux exigences des certifications ISO 14001 et RSPO, qui imposent une gestion durable des ressources naturelles et la protection des écosystèmes. À Kienké comme dans les autres bassins agricoles d’Édéa, Mbambou, Mbongo et Dibombari, ces référentiels structurent une politique d’amélioration continue fondée sur la prévention des risques, la conformité réglementaire et la maîtrise des impacts environnementaux.
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Dialogue et prolongement de la protection de la nature
Au-delà des infrastructures, Socapalm développe une gouvernance environnementale fondée sur la transparence. Les résultats des analyses sont communiqués aux administrations compétentes lors des inspections conjointes et présentés aux communautés riveraines dans le cadre de concertations trimestrielles. Ces espaces d’échange permettent de partager les données scientifiques, d’expliquer le fonctionnement des lagunes et d’associer les populations à la préservation des ressources communes.
À travers ce dispositif, l’entreprise dépasse la logique du simple traitement des effluents. Le système lagunaire devient un véritable outil de régénération écologique où sciences du vivant, innovation technique, contrôle indépendant, biodiversité et dialogue territorial concourent à une même ambition : restituer à la nature une eau compatible avec les équilibres écologiques.
Déployé sur l’ensemble des cinq bassins agricoles du groupe, avec Kienké comme référence opérationnelle, ce modèle fait de la gestion des effluents un levier de protection des écosystèmes. Il illustre qu’une production agro-industrielle peut inscrire sa performance dans une logique de renouvellement du vivant, en faisant de la préservation de l’eau, de la biodiversité et de la confiance des communautés les fondements d’une responsabilité environnementale durable.
Le modèle Socapalm repose sur un triptyque : une technologie inspirée des mécanismes naturels d’autoépuration, une gouvernance fondée sur la mesure scientifique, et une transparence qui inclut les communautés dans la boucle de vérification. « Lorsque toutes les valeurs sont conformes aux normes légales, l’eau peut être rejetée dans le milieu naturel », rappelle le Directeur de la plantation. Une phrase en apparence technique, mais qui résume à elle seule l’ambition du site : rendre à la nature une eau propre, après lui avoir emprunté des fruits pour nourrir les hommes. La boucle est bouclée.
Cheikh Malcolm EPANDA






