Avec les dettes qui excèdent leurs actifs, ces entreprises publiques nécessitent de toute urgence un redressement.
La Sonara, la Cicam et la Crtv sont en faillite technique. Les chiffres exposés par l’Experte en Management et Gouvernance public, Pr Viviane Ondoua Biwoulé sont plus qu’inquiétants. La Sonara (Société nationale de raffinage) : -114,4 milliards de Fcfa ; Cicam (Cotonnière Industrielle du Cameroun) : -16,4 milliards de Fcfa ; la Crtv (Cameroon radio television) : -10,3 milliards de Fcfa. Ces statistiques qui proviennent de la CTR-MINFI (Commission Technique de Réhabilitation des Entreprises du secteur public et parapublic) 2022 signifient tout simplement que ces trois structures sont au bord du gouffre. Elles vivent sous assistance financière des impôts.
Dans son Hors-Série Les 77 PCA qui dirigent illégalement, rendu public sur son compte LinkedIn, la Directrice du programme de formation en Gestion de la Politique Economique (GPE- Cameroun) explique davantage ce qu’il en est exactement. « L’insolvabilité technique signifie que les dettes excèdent l’actif net de l’entreprise. Elle ne peut plus se financer par ses propres fonds. Elle survit par injection publique, c’est-à-dire par l’impôt », éclaire la Professeur Viviane Ondoua Biwolé.
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L’Experte en Management et Gouvernance public poursuit : « Ce que ces trois entités ont en commun : leurs conseils d’administration sont présidés par des PCA dont les mandats dépassent le plafond légal fixé par les lois de 2017. La corrélation que les données rendent impossible à ignorer mérite d’être posée clairement : un organe de gouvernance illégalement constitué peut-il exercer un contrôle rigoureux sur une direction générale ? Les 77 présidents de conseil dont les noms figurent dans ces pages ne sont pas des exceptions aberrantes : ils sont le produit d’un système qui a normalisé l’illégalité au sommet des entreprises publiques camerounaises. La loi du 12 juillet 2017 était claire. Six ans de mandat, renouvelable une fois. Personne n’est au-dessus de cette règle. Pourtant, en 2026, 77 PCA dépassent ce plafond. Deux d’entre eux sont en poste depuis 26 ans. Seize cumulent plusieurs fonctions dans les entités hors la loi ».

Cinq recommandations sont formulées dans le hors-série pour éviter la mort de ces entreprises et des 74 autres dirigées par des PCA illégitimes. Pr Viviane Ondoua Biwolé commence par la régularisation immédiate. Il faudrait selon l’experte « procéder au renouvellement ou à la cessation de fonctions de l’ensemble des 77 PCA dans un délai de 90 jours ; les 16 cumulards doivent faire l’objet d’une procédure de désignation en urgence, avec audit préalable des actes passés ; mandater un comité interministériel pour SONARA, CICAM et CRTV pour un plan de recapitalisation ou une cession encadrée ; mettre en place un système de veille des mandats avec alerte 6 mois avant l’échéance légale, géré par le MINFI ; publier chaque année la liste des entreprises publiques et l’état de conformité des mandats, accessible à tous les citoyens ».
Valgadine TONGA






