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Keltouma Bakrimi : « L’IA constitue un outil supplémentaire, mais elle ne remplacera jamais la rencontre humaine, qui reste au cœur de Visa For Music »

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Du 18 au 21 novembre 2026 au Maroc, le plus grand festival en Afrique et au Moyen-Orient tient sa 13ème édition. Comme chaque année, Visa For Music (VFM) verra converger le monde artistique vers les grandes scènes du festival à Rabat. Entre les difficultés de financement, la faible mobilité des artistes en Afrique, les réalités qu’impose l’intelligence artificielle…, les défis de cette édition sont nombreux mais l’organisation rassure. Dans cet entretien exclusif accordé ce mardi 7 juillet 2026 à La Voix Du Koat (LVDK), la Directrice du festival VFM, Keltouma Bakrimi, revient en profondeur sur cette édition 2026.

 

LVDK : Le Festival Visa For Music vit son acte 13 en novembre 2026. Comment se passent les préparatifs ? Combien d’artistes et de visiteurs attendez-vous ?

Les préparatifs avancent très bien. Comme chaque année, nous recevons plusieurs centaines de candidatures provenant de toute l’Afrique, du Moyen-Orient et d’ailleurs, ce qui témoigne de l’intérêt grandissant pour Visa For Music. La sélection est désormais finalisée et nous travaillons activement sur l’accueil des artistes, des professionnels et du public.

Pour cette 13e édition, nous accueillerons une quarantaine de groupes en showcase, près de 1 000 professionnels de l’industrie musicale issus de plus de 70 pays, ainsi que plusieurs milliers de festivaliers. Au-delà des concerts, Visa For Music est avant tout un marché professionnel où se construisent des tournées, des collaborations et des projets internationaux.

LVDK : Y a-t-il des nouveautés à quelque niveau que ce soit ?

Absolument. La musique est en perpétuelle évolution, tout comme les modèles économiques et les attentes des professionnels. Chaque édition est l’occasion de s’adapter aux nouveaux enjeux du secteur.

Cette année, nous renforçons encore les rencontres professionnelles, les espaces de networking et les réflexions autour des nouveaux modèles de diffusion, du numérique, de l’intelligence artificielle et de la circulation des artistes. Nous développons également de nouveaux partenariats internationaux afin d’offrir davantage d’opportunités aux artistes sélectionnés.

Du 18 au 21 novembre 2026 au Maroc, le plus grand festival en Afrique et au Moyen-Orient tient sa 13ème édition. Comme chaque année, Visa For Music (VFM) verra converger le monde artistique vers les grandes scènes du festival à Rabat
Sur les scènes du festival Visa For Music à Rabat.

LVDK : Après 13 années de vie, est-ce qu’on a encore des choses à prouver, à réaliser, à découvrir ?

Après treize éditions, nous n’avons plus à démontrer la pertinence de Visa For Music, mais nous avons toujours la responsabilité de rester utiles à la filière musicale africaine. Notre ambition est de continuer à ouvrir des portes aux artistes, aux producteurs et aux professionnels du continent.

Lire aussi :Alain Bidjeck : « Les Industries créatives et culturelles en Afrique ne génèrent que 50 milliards de dollars par an »   

LVDK : Quels sont les défis de cette édition 2026 ?

Les défis restent nombreux. Le premier est celui du financement, dans un contexte où les ressources publiques et privées sont de plus en plus sollicitées. Le deuxième défi est celui de la mobilité des artistes africains. Les difficultés de financement continuent de limiter la circulation des créateurs, alors même que la mobilité est essentielle au développement des carrières. Enfin, nous devons accompagner les profondes mutations de l’industrie musicale : les plateformes numériques, les nouveaux modèles de diffusion, l’intelligence artificielle, les enjeux liés aux droits d’auteur et aux revenus des artistes.

LVDK : Vous avez précisé sur votre site qu’il n’y aura pas de cachet pour les artistes. Est-ce un souci de trésorerie ou un simple choix ?

Visa For Music est un marché professionnel organisé autour de showcases, à l’image des grands rendez-vous internationaux comme WOMEX ou Jazzahead! Les artistes sont invités à présenter un format court devant un public composé essentiellement de programmateurs, producteurs, agents, directeurs de festivals et médias internationaux.

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L’objectif est de créer des opportunités de tournées et de développement de carrière. En contrepartie, le festival prend en charge l’accueil des artistes, notamment leur hébergement, leurs repas et un per diem. Ce modèle permet de concentrer les moyens sur la création de nouvelles opportunités professionnelles.

LVDK : Comment le festival se réinvente à l’ère de l’intelligence artificielle, sans perdre son essence ?

L’intelligence artificielle constitue un outil supplémentaire, mais elle ne remplacera jamais la rencontre humaine, qui reste au cœur de Visa For Music. Nous observons avec beaucoup d’attention les transformations qu’elle apporte à la création, à la diffusion, à la promotion ou encore à l’analyse des publics. Ces sujets seront naturellement présents dans nos conférences.

Mais l’essence de Visa For Music demeure inchangée : défendre le live, permettre à des artistes de rencontrer physiquement des professionnels venus du monde entier, créer de la confiance, favoriser les collaborations et faire découvrir des talents. Rien ne remplace l’émotion d’un concert en direct ni les échanges qui naissent autour d’une rencontre professionnelle.

Du 18 au 21 novembre 2026 au Maroc, le plus grand festival en Afrique et au Moyen-Orient tient sa 13ème édition. Comme chaque année, Visa For Music (VFM) verra converger le monde artistique vers les grandes scènes du festival à Rabat
L’ambiance des showcases au VFM.

LVDK : Visa For Music est devenu un patrimoine africain. Mais qu’est-ce que l’Afrique, à travers ses gouvernants, offre aujourd’hui à Visa For Music ?

Visa For Music est aujourd’hui reconnu comme un outil stratégique au service des industries culturelles africaines. Nous bénéficions du soutien de plusieurs institutions nationales et internationales, mais il est évident que les industries culturelles mériteraient une implication encore plus forte des États africains.

La culture ne doit plus être considérée uniquement comme un secteur artistique ; elle constitue également un levier de développement économique, d’emploi, d’innovation et de diplomatie.

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Lire aussi :Walter Ebelle EBOUMBOU : « Une industrie musicale ne prospère pas dans un pays qui ne prospère pas »  

Nous espérons voir émerger davantage de politiques publiques en faveur de la mobilité des artistes, du financement de la création, de l’export des musiques africaines et du développement des marchés culturels. Visa For Music est prêt à continuer à jouer ce rôle de plateforme panafricaine au service de l’ensemble du continent, en partenariat avec les institutions qui partagent cette vision.

Entretien avec Valgadine TONGA

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