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Vente d’actifs de la Sosucam S.A : le Groupe Castel tente une filouterie

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En créant un comité en urgence pour plancher sur l’avenir de plus de 8 000 travailleurs camerounais et étrangers exerçant à la Sosucam S.A, sans inclure les représentants des travailleurs en violation des normes internationales ratifiées par le Cameroun, la Premier Ministre Chief Joseph Dion Ngute ouvre un nouveau front qui nuirait à l’image du Cameroun.

La campagne sucrière 2026-2027 est désormais fortement compromise au Cameroun. Voulant faire une transaction dans un cafouillage indescriptible avec des actionnaires inconnus par l’Etat du Cameroun et sans avoir donner des garanties assez fiables de leur départ de l’actionnariat de la Sosucam S.A, le Groupe Castel s’est vu stoppé dans leur déploiement par le Premier Ministre, Chef du gouvernement.

Fondée en 1965, la Sosucam S.A a été longtemps la propriété exclusive du Groupe SOMDIAA (Société d’Organisation, de Management et de Développement des Industries Alimentaires et Agricoles) dirigée par la Grande Famille Vilgrain. Avec une superficie exploitable de 38 000 Hectares à ce jour, la SOSUCAM S.A à avaler une autre société d’Etat dénommée à l’époque Camsuco. Ce qui aura permis à la famille Vilgrain de faire main basse sur toute la vallée sucrière s’étendant de la ville de Mbandjock jusqu’à Nkoteng dans le département de la Haute-Sanaga. Les bénéfices de la société ayant été largement gagnés durant de nombreuses années, l’ouverture à l’actionnariat divers a permis à la famille Vilgrain d’octroyer des parts au Groupe Castel.

Selon des sources fiables, la belle histoire commence en Janvier 2011. Soucieux de garantir un approvisionnement certain en sucre et produire en grande quantité les produits brassicoles de sa firme « Brasseries du Cameroun », le groupe CASTEL va racheter des parts dans SOMDIAA à hauteur de 45%. Toujours plus gourmand, le Groupe CASTEL va grappiller plus de parts jusqu’au mois d’Avril 2022 au cours duquel CASTEL va racheter les derniers 13% des parts restants de la famille Vilgrain, portant sa participation à environ 87% de la SOSUCAM S.A. Un monopole obèse qui a occasionné un changement notoire de politique managériale avec pour conséquence directe une perte de productivité immédiate puisque le Groupe CASTEL n’étant pas spécialisé dans le sucre mais dans les produits agroalimentaires et brassicoles.

Lire aussi :Climat social /Théophile Alounan Mvehe : « Malgré les réformes entreprises, le goût de la fête du travail n’est pas très sucré à la Sosucam »  

Toujours selon nos sources, lorsque le Groupe CASTEL prend le monopole de la SOMDIAA en 2022, Alexandre Vilgrain est directement remplacé par Olivier Parent. Alexandre Vilgrain ayant dirigé la société de 1995 jusqu’en 2022 cumulait 27 ans d’expérience. Malheureusement, son remplaçant moins expérimenté, va appliquer de mauvaises réformes. Lors de la campagne sucrière 2023, une grève importante va déclencher, dans laquelle plus de 2 000 ouvriers seront impliqués. La société va annoncer avoir subie des pertes à hauteur de 15 milliards de FCFA. En 2024, les mêmes causes produiront les mêmes effets, la société annoncera en fin de campagne sucrière avoir perdue 22 milliards de FCFA. En 2025, ce sera 5 milliards de FCFA et 970 Hectares de plantations de cannes brulées. De quoi poser des interrogations sur l’actionnariat du Groupe CASTEL.

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Violation de la convention 158 de l’OIT

Fort de ces crises à répétitions et sans vouloir régler les problèmes de fond, le Groupe CASTEL va en sourdine négocier le rachat entier de ses parts par des actionnaires privés sans avertir l’Etat du Cameroun, ni procéder à une cession régulière impliquant tous les acteurs de la chaine de production comme l’exige les conventions internationales et les normes du travail ratifiées par le Cameroun.

Selon la Convention 158 de l’Organisation Internationale du Travail, lorsque la cessation de la relation de travail est du fait de l’Employeur, une série d’obligation doivent être mise en œuvre. Hors dans la transaction en sourdine du Groupe CASTEL, rien de tout cela n’a été appliqué. N’eut été l’intervention musclée du Premier Ministre, Chef du gouvernement, les travailleurs se seront retrouvés ballotés entre deux feux concernant l’apurement de leurs droits et l’entrée en relation de travail avec les nouveaux actionnaires.

Malheureusement, selon des sources sures, même le Premier Ministre a violé allègrement la Convention 158 de l’Organisation Internationale du Travail. Le Groupe CASTEL a-t-il joué un rôle dans la continuité de cette violation des normes du travail ?

Le Premier Ministre remet la balle au centre

Par Arrêté N°088/CAB/PM du 17 Juin 2026, le Premier Ministre Joseph Dion Ngute a créé un Comité stratégique de pilotage pour mettre autour de la table les responsables du Groupe Castel et le gouvernement afin de mieux cerner les contours de la cession de 87% des parts engrangées de la SOSUCAM S.A par le groupe Castel. Une décision qui a fait suite à une réunion d’urgence convoquée et présidée par lui-même le 8 Juin 2026.

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Tout va se déclencher le 8 Juin 2026, après une série de lettres adressées au gouvernement par les responsables syndicaux exerçant au sein des sites de production de la SOSUCAM S.A à Mbandjock et Nkoteng au Cameroun. Le cri d’alerte qui est le résultat des manœuvres dilatoires des responsables de Castel qui s’activaient à vendre leurs parts de la SOSUCAM S.A à un actionnariat privé sans impliquer les responsables des syndicats en violations des Conventions de l’OIT.

Lire aussi :Sosucam : Alexandre Vilgrain est le nouveau patron 

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Les syndicats des travailleurs pas encore insérés dans le comité stratégique créé par le Premier Ministre viennent une fois de plus de déposer plusieurs correspondances pour attirer l’attention du gouvernement sur l’impérieuse nécessité de les associer à la réflexion sur l’avenir de la société. Une non-implication pourrait avoir d’autres conséquences à l’avenir. Affaire à suivre…

Yannick EBOSSE

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