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Climat social /Théophile Alounan Mvehe : « Malgré les réformes entreprises, le goût de la fête du travail n’est pas très sucré à la Sosucam »

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A quelques heures de la célébration de la journée internationale du travail, les travailleurs de la Société Sucrière du Cameroun (Sosucam) ne savent pas sur quel pied danser. Sucré ou amer ? Quel goût aura la fête à la Sosucam ?  Dans cette interview accordée à La Voix Du Koat, le Président du Syndicat départemental des travailleurs de l’agriculture de la Haute Sanaga et Président de la Fédération des Syndicats des Travailleurs de l’Agriculture, des pêches et de l’élevage du Cameroun (Festapec), Théophile  Alounan Mvehe revient sur le climat social qui prévaut dans les plantations de la Sosucam.

Qu’est-ce qui se passe exactement à la Sosucam ?

En fait, après le dernier conseil d’administration, il n’y a pas eu un communiqué final sanctionnant les travaux. Il y a eu des rumeurs persistantes qui inquiétaient les travailleurs sur le fait qu’on allait dégraisser les effectifs, qu’il y aurait compression, chômage technique, restructuration. Ces rumeurs traînaient dans le milieu professionnel mais les syndicats qui étaient suffisamment interpellés par les employés, n’avaient pas de réponse à leur donner, puisque la Direction Générale ne nous avait rien dit. Un jour nous syndicalistes avons posé la question au Directeur général, qui nous a plutôt dit que la situation est très grave, mais qu’il ne peut pas nous en parler tout de suite. Il a ajouté qu’il attend le moment venu pour nous en dire plus, mais que ce n’est vraiment pas bien. Quand le Directeur nous fait ces déclarations, nous sommes avec certains délégués du personnel. Nous avons fait le compte rendu aux travailleurs, ce qui a semé le doute dans leur esprit. C’est tout à fait normal, parce qu’il n’y avait rien de clair dans cette réponse. Alors ils se sont dit que soit la direction générale leur cache quelque chose, soit c’est nous les syndicats.

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En personne intelligente, face à ce manque d’information claire, les travailleurs ont conclu qu’il y a danger, surtout que devant la psychose, la Direction générale ne fait aucun démenti sur les rumeurs. C’est donc allé dans tous les sens. Un président des syndicats a tout d’abord écrit pour demander à la Direction Générale ce qui en est véritablement de cette situation. C’est deux semaines plus tard que la réponse lui a été retournée pour nous dire d’attendre les rencontres statutaires pour avoir le fin mot l’affaire. Cette information a amplifié le doute, les travailleurs se demandant comment devant une situation d’urgence, ils sont invités à attendre les rencontres statutaires.

Quelles démarches administratives la Festapec-Cstc a entrepris jusqu’ici pour apaiser les tensions ?

Nous avons appelé le FGI et les autres présidents confédéraux, qui nous ont dit d’écrire au préfet pour lui présenter la situation et de faire les copies à l’employeur. Nous avons effectivement saisi ces confédérations et le préfet, avec ampliation à l’employeur. C’est le délégué départemental qui était le transporteur de ce courrier. Nous avons également adressé le même courrier à quelques élites de la Haute-Senara, parmi eux, les ministres, certains membres du Parlement. Pour le moment, personne n’a encore répondu. Autant de choses qui ont créé la psychose.

Le préfet est descendu sur le terrain en visite économique. Il a visité le site de Nkoteng. Nous n’y étions pas conviés. Mais au même moment, la Sosucam tenait à Mbandjock sa réunion trimestrielle avec le sous-préfet. Pour la première fois, nous syndicalistes avions été associés. La direction a annoncé qu’il n’y aura plus de licenciement. Le sous-préfet nous a invités à calmer les travailleurs et à attendre la rencontre avec les dirigeants. Nous avons reçu ce jour (mercredi 29 avril 2026, ndlr) la lettre de la rencontre statutaire qui est prévue pour la semaine prochaine. C’est à cette réunion que nous aurons toutes les annonces.

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Nous avons tout de même noté des réformes entreprises par la Sosucam…

Il y a des réformes qui se passent. Il y a le congé en deux vagues. On a arrêté le travail aux saisonniers. L’entreprise a même payé les salaires en avance parce que la paie c’est normalement le 5. Mais on a payé les gens aujourd’hui. C’est une bonne chose, surtout que la fête du travail c’est après demain (vendredi, ndlr). Que les gens aient les moyens pour fêter, ça apaise le climat social. Donc, grosso modo, ils ont fait deux groupes. Celui des gars qui vont en congé et ceux qui travaillent. Maintenant, ceux en congé s’inquiètent du sort qui leur sera réservé du retour des congés. La psychose demeure, parce qu’on sait que du matériel lourd des plantations a déjà été vendu. Le sucre en grande quantité est aussi vendu, mais on nous a dit que c’est le sucre de la Brasserie, parce que la Brasserie – qui fait partie du groupe Castel et qui est actionnaire majoritaire de la Sosucam- achète le sucre à Sosucam. Mais la quantité extraordinaire de sucre qui est sorti nous a surpris, même les populations, puisqu’on n’avait jamais vécu ce rythme d’écoulement. C’est historique. De l’autre côté, les engrais sont arrivés, du coup, les travailleurs se disent qu’il y aura une campagne l’année prochaine. Je voudrais apporter une précision très importante, sur la liquidation des droits. Elle ne concerne pas la liquidation des droits des travailleurs pour la fin de contrat, mais pour les travailleurs saisonniers qui étaient en fin de contrat, qui ont payé tous leurs droits. A ne pas confondre avec les droits de séparation d’une fin de carrière.

La fête du travail aura quel goût à la Sosucam ?

La fête du travail se fera, mais pas avec enthousiasme, ça c’est clair. Le goût n’est pas très sucré, mais elle se fera puisque l’employeur et les autorités ont déjà tenu des réunions. Les syndicats aussi se mobilisent, mais nous attendons qu’on nous conforte dans la position qu’il n’y aura pas perte d’emploi ni exécution des menaces portées contre les syndicalistes.

Entretien avec Valgadine TONGA

 

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