D’après des sources bien informées, la Société Sucrière du Cameroun (Sosucam), filiale du Groupe Français SOMDIAA, a décidé d’arrêter ses activités depuis le 16 avril 2026.
Les beaux moments vécus par les nombreux travailleurs de la Sugar Valley resteront un lointain souvenir. Dans une lettre de la Direction Générale de la Société Sucrière du Cameroun (Sosucam) datant du 16 avril 2026, il a été demandé aux travailleurs saisonniers d’arrêter les activités dans les champs. Une attitude brutale et inédite qui arrive lors d’une période importante de préparation de la production. L’arrêt des activités en champ vient sonner la fin des activités de Sosucam S.A
D’après une lettre adressée au Premier Ministre dont nous avons pris connaissance, la Confédération Syndicale des Travailleurs du Cameroun (CSTC) sous la plume de son Secrétaire Général Célestin Bama sonne l’alerte en ces termes : « Excellence monsieur le Premier Ministre, par communiqué officiel des dirigeants au sommet de la Sosucam S.A, un arrêt de travail a été imposé à tous les travailleurs saisonniers qui a pris effet depuis le 16 avril 2026. Ainsi, à date, la campagne sucrière 2026 connait un coup d’arrêt brutal. En laissant complètement sonné les travailleurs, au dépit et désemparés, la Sosucam S.A enclenche une grogne sociale qui pourrait surgir à tout instant avec des conséquences incalculables. Car sur le terrain, suite à cette annonce, les travailleurs constatent déjà pour le déplorer le démantèlement progressif de la puissance de production de l’usine par les dirigeants notamment : le démontage de la raffinerie de l’usine de Mbandjock ; le démontage de la chambon ; l’arrêt des épandages d’engrais dans les plantations ; la destruction de certaines parcelles abritant la canne à sucre pour laisser place à la culture du maïs, etc… »
Lire aussi :Grève à Sosucam : l’entreprise lâche du lest
D’après les témoignages des cadres Camerounais de la société sucrière, une visite du site de production de Mbandjock par Jean Louis Liscio, Directeur des Usines de la SOMDIAA, accompagné d’une délégation d’expatriés, a confirmé l’intention des dirigeants de la SOSUCAM S.A d’arrêter de produire la canne à sucre. D’après certains cadres Camerounais qui ont requis l’anonymat, Monsieur Jean Louis LISCIO a effectué la visite du site de Mbandjock en écartant les cadres camerounais. Seul un responsable de SOMDIAA de nationalité ivoirienne y a participé.
Lire aussi :Affaires : Somdia cède ses activités de minoterie au groupe camerounais Cadyst
A ce jour, les agissements des responsables expatriés de la société n’augurent aucun lendemain radieux pour les nombreux travailleurs encore sous contrat car selon le Code du Travail, dans le cas d’une faillite ou d’une reprise d’activité par un nouvel acquéreur, les modalités de liquidation des droits doivent être enclenchées avant tout démantèlement de la force de production. Hors c’est loin d’être le cas en ce moment.
Souvenir souvenir…
Avec une production annuelle de sucre qui oscillait entre 130 000 et 150 000 tonnes, la Sosucam S.A représentait une grande fierté pour le Cameroun. Mais des choix managériaux hasardeux et douteux, ont occasionné depuis quelques années une baisse drastique et décadente de la production de l’entreprise.
Selon la dernière note de conjoncture produite par le ministère des Finances, entre Janvier et Juin 2025, la production de sucre au Cameroun a connu un recul de 15,8%. A la suite de la destruction de 150 Hectares de plantations de canne à sucre par certains travailleurs mécontents des agissements du Top Management de la Sosucam S.A, un sérieux coup a été donné sur le rendement financier final. Malgré une exploitation de 25 à 30 000 Hectares de surfaces cultivables, les pertes ont continué à être enregistrées, selon les statistiques de l’entreprise.
Selon les statistiques du Ministère de l’Emploi et du Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, l’entreprise absorbait pas moins de 8 000 emplois directs et était considéré comme l’un des employeurs les plus importants du Cameroun. Avec cet arrêt subit de la production, les deux villes abritant les champs de canne à savoir Mbandjock et Nkoteng vont ressentir une baisse significative des activités économiques fortement influencées par les rentes mensuelles que généraient la société par le truchement de ses travailleurs.
Yannick EBOSSE






