La publication de la Note N°007984/MINFI/DGD3/CDL par la Direction Générale des Douanes, exigeant à certains grands importateurs de terminaux mobiles (téléphones, tablettes, modems, routeurs, etc.) de suspendre les clients ayant des puces détectés dans des téléphones avec des IMEI non-déclarés. La mesure créant déjà la psychose au sein de la population n’a pas été clairement expliquée par la Direction Générale des Douanes. L’opinion nationale craint désormais des suspensions de ligne à la pelle.
A l’observation, cette opération déjà lancée avec la mise à disposition des usagers d’un site dédié à la télédéclaration avant paiement, ne surprend peut-être pas les grands importateurs mais va très probablement impacter gravement le secteur de la téléphonie et des terminaux mobiles. D’après des sources très crédibles, une quantité importante de téléphones et certains terminaux rentrent au Cameroun via des réseaux informels. Ce qui va complexifier l’opérationnalité de la mesure et la grande réussite escomptée par le Ministère des finances.
Toujours d’après des sources, la mesure gouvernementale pourrait se buter à la résistance des techniciens de terrain (réparateurs de téléphones et programmeurs) qui ont la possibilité de modifier les IMEI bloqués lorsque les terminaux seront suspendus par les opérateurs. Malgré la menace des poursuites judiciaires brandies par les services des Douanes, l’appât du gain et le goût du risque devraient survoler les enjeux. L’on devrait alors s’acheminer vers un bras de fer entre légalité et survie quotidienne des opérateurs économiques. Car, s’il est avéré que plus de la moitié des téléphones vendus sur le marché camerounais entrent par des voies dérobées, il faudrait également préciser que la taxe sur les terminaux mobiles concerne des téléphones, tablettes, modems, routeurs, etc. importés au-delà de 10 unités.
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Une opération à tâtons
La Direction Générale des Douanes jusqu’ici n’a pas encore communiqué officiellement au grand public sur le montant effectif à payer dans le cadre de l’accomplissement des formalités légales concernant le paiement de la taxe sur les terminaux mobiles. Pourtant, au cours de la réunion de concertation du 13 Mars 2026, certaines indiscrétions font état d’un cumul de taxe qui oscille à 33,5% de la valeur initiale du terminal. En clair, si un téléphone coute 100 000 Fcfa, la taxe cumulée est de 33 500 Fcfa. Ce qui occasionne un prix de vente du téléphone à 133 500 Fcfa.
Selon des informations recueillies, une rencontre entre la Direction Générale des Douanes et les gros importateurs a eu lieu le 13 Mars 2026 à Yaoundé à l’Hôtel la Falaise. Devant un constat froid de baisse drastique des recettes douanières issues des importations des téléphones portables, tablettes et autres terminaux, qui sont passées de 12 milliards de Fcfa à 100 millions de Fcfa, la Direction Générale des Douanes à travers la publication de la Note N°007984/MINFI/DGD3/CDL voudrait marquer le coup d’une nouvelle démarche.
Malgré l’échec de l’entrée en vigueur de cette taxe sur les terminaux mobiles en 2020, les équipes de la Douane semblent déterminées à recouvrer à profit ce début d’année. Reste à savoir si l’adhésion populaire permettra une embellie significative des recettes.
Daniel NDING






