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Quand la musique abrutit les mœurs

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L’époque où on faisait et écoutait de la musique pour apaiser, éduquer, conscientiser, rêver et réconforter semble si lointaine et même révolue. De nos jours, et de façon assidue et inaltérable, violence, meurtre, sexe, drogue, injures et misogynie sont les gammes musicales transposées à notre temps.

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Paul Ella.

Il y a belle lurette que les nobles causes de la musique ont changé. Les modèles de la jeunesse aussi. Après avoir payé le prix fort de sacrifices peu orthodoxes pour passer à la télé, faire des millions de vues sur Youtube, faire des featuring avec des icônes américaines ou nigérianes, les stars de la musique mondiale ont revêtu le manteau de prophètes et prophétesses de la débauche et de la déchéance morale. Elles sont les porte-flambeaux de la décadence, les véhicules de la pollution mentale et spirituelle. Elles accomplissent avec détermination les missions assignées par l’oligarchie mondialiste qui consistent à distraire le peuple des véritables problématiques. Au nom de la célébrité et de l’argent rapide. La complicité active des médias qui déroulent le tapis rouge pour des mélodies, textes et clips porteurs de messages subliminaux et de contre-valeurs nauséabondes est d’un précieux rôle dans ce capharnaüm musical.

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L’impitoyable barbarie capitaliste a atteint la musique en plein cœur, quels que soient les rythmes, au grand dam des nostalgiques d’une époque désormais révolue, où chanter et jouer d’un instrument étaient la chasse-gardée des grands esprits. Aujourd’hui, le talent n’est plus un préalable. L’apparence physique et la soumission aux codes imposés qui se fondent dans le modèle sociétal que l’impérialisme culturel a pensé pour nous suffisent. Vacuité et obscénité des textes, Bling-bling, strass, paillettes, grosses bagnoles, faux cils, mèches brésiliennes, indiennes ou vietnamiennes de tailles interminables, tatouages intempestifs, lunettes de soleil, mecs aux pantalons en-dessous du postérieur, contorsions épileptiques de bimbos aux popotins bien rebondis et aux cerveaux rétrécis, voilà les ingrédients des clips vidéos très “éducatifs” dont s’abreuvent notre jeunesse à longueur de vie. Les esprits conciliants vous expliqueront alors qu’il n’y a rien de plus normal, puisque c’est à l’ère du temps.

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Les parents étant eux-mêmes des adeptes endurcis de ces assassins de l’art, il n’y a plus personne pour sauver nos enfants de cette déperdition morale et sociétale. Dès l’âge de deux ou trois ans ils sont nourris au rythme de la violence et de l’impudicité que leurs servent leurs parents ou ce qui en tient lieu, via les vidéos et sonorités qu’ils passent en boucle sur leurs télévisions et leurs téléphones portables. Qui pour sauver nos sociétés de leur putréfaction avancée ? Certainement pas nos dirigeants qui plébiscitent ces égarements en laissant libre cours à cette mouvance quand ils n’en sont pas carrément des consommateurs privilégiés. Nos enseignants ? Peine perdue. Il y a longtemps qu’ils ont perdu la main, les éducateurs principaux de leurs élèves et étudiants étant la télévision et les réseaux sociaux, avec leur horde de nouveaux prophètes, ces influenceurs qui formatent les esprits fébriles en mal de repères. Du coup, on ne veut plus être médecin, pilote ou architecte, on veut être chanteur pour brasser des millions de dollars en quelques semaines et jouir d’une notoriété rapide que les métiers de nos parents ne nous conféreront jamais. On est en droit de s’inquiéter pour l’avenir du monde.

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La demande au Saint Graal pour accéder au cercle fermé des stars étant de plus en plus forte, les recruteurs à cette vie rêvée disposent et usent de toutes sortes de leviers obscures et pervers pour soumettre les âmes assoiffées de gloire aux rudes conditions d’éligibilité. Mais rien ne semble trop difficile quand on veut sortir de l’anonymat pour faire partie de la constellation. Ainsi, les tympans et les esprits sont garantis de subir encore pour trop longtemps, les supplices d’une dépravation culturelle abusivement classée dans la catégorie de l’art. D’abord reléguée au simple stade du divertissement, les valeurs musicales poursuivent leur chute libre pour servir désormais de l’abrutissement et de l’asservissement à ses milliards de victimes consentantes.

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L’importance du rôle de la musique dans une société ne permet pas que cette industrie soit abandonnée à des aventuriers. Plus que tout autre canal, la musique façonne les mentalités et impacte le devenir des sociétés. La dimension spirituelle et culturelle de la musique appelle les attentions les plus assidues de celles et ceux qui ont la responsabilité de présider aux destinées des peuples. Absorber sans filtre toutes les tares des sociétés étrangères sous le fallacieux prétexte de l’universalité culturelle relève de l’irresponsabilité désobligeante de nos autorités. Ces dernières ont le devoir de protéger notre jeunesse de toutes les formes de conditionnement malveillant et déstructurant. Mais la plus importante mission revient aux parents, qui ont pour la plupart démissionné de leurs responsabilités et jeté notre jeunesse en pâture. Pour aucun enfant, la débauche ne doit être une option. Aimer son enfant, ce n’est pas lui permettre l’accès à tout et à n’importe quoi. Aimer son enfant, c’est lui donner les clés des valeurs spirituelles et morales que rien ni personne ne pourra jamais lui dérober. Aimer son enfant, c’est avoir la volonté et le courage de l’éduquer à contre-courants des vagues impétueuses de la décadence légitimée de nos sociétés. Aimer son enfant en l’éduquant, c’est aimer et construire sa nation au nom de la préservation de l’humanité.

Par Paul ELLA

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