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Fonction publique : Chasse à l’homme contre 600 enseignants déserteurs

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Dans un communiqué de presse signé le 30 juin, Nalova Lyonga le ministre des Enseignements secondaires (Minesec) somme ces agents de l’Etat absents de leurs postes et qui se trouveraient hors du territoire national, à se présenter dans son département ministériel dans les plus brefs délais. 

Accusés, levez-vous ! C’est à la Porte 507 bis (Bureau des bons de caisse) à la Direction des Ressources humaines que ces 600 personnels du Minesec sont attendus dans un délai de 7 jours, à partir de la publication du communiqué signé de Nalova Lyonga le 30 juin dernier. Munis de toutes les pièces justificatives de leur position administrative actuelle, ces fonctionnaires risquent des sanctions disciplinaires prévues par la réglementation en vigueur au cas où il est établi qu’il y’a un flou dans leur statut. C’est du moins la substance de ce document dont Lavoixdukoat a obtenu copie.

Détachés dans les démembrements régionaux, départementaux et dans les lycées, Cetic, CES, et autres ENIET répartis dans les dix régions du Cameroun, ces agents de l’Etat seraient pour la plupart hors du territoire national. Sans doute ont-ils choisi d’aller voir où l’herbe est plus verte mais en continuant d’émarger indûment dans le fichier solde du contribuable camerounais. Toute chose qui constitue un gros préjudice pour le Trésor et une infraction passible de poursuites judiciaires.

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La course vers le Matricule 

Le communiqué de la ministre des Enseignements secondaires est donc un rappel à l’ordre mais surtout une guerre déclarée contre ces hommes et femmes qui n’ont pas choisi la Fonction publique par vocation mais plutôt pour sécuriser leur matricule et percevoir dans le même temps, l’argent de l’Etat sans avoir exercé, ni accompli les tâches pour lesquelles ils ont été recrutés. Cette décision de Nalova Lyonga s’inscrit également dans la perspective du processus de révocation et de licenciement des fonctionnaires et agents de l’État de la Fonction publique camerounaise, pour cause d’abandon de poste et autres indélicatesses (position administrative inconnue, détachements non signalés, etc.). Après les 493 premiers licenciements et révocations décidés par le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, 7 622 employés de l’État sont sur le gril.

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On se souvient qu’au cours d’un point de presse qu’il a donné le 26 mai 2021 à Yaoundé, le ministre Joseph Lé avait indiqué qu’après plusieurs initiatives les invitant à venir clarifier leur situation administrative dans les services du ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative, « 7622 agents publics sont demeurés en position d’abandon de poste et n’ont pas cru devoir répondre à nos multiples mises en demeure ». De ce fait, a poursuivi le ministre, « Ils sont, ipso facto, à radier des effectifs de la Fonction publique ».

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Masse salariale 

Les révocations et licenciements en préparation font suite à la phase contentieuse de l’opération de Comptage physique des personnels de l’État (Coppe), initié par le gouvernement camerounais en 2018. Le Coppe avait pour but d’assainir le fichier solde de l’État, en y extirpant les personnels qui y émargent indûment. À la faveur de cette opération, l’État du Cameroun a réalisé des économies de 40 milliards de Fcfa sur la masse salariale des agents publics en 2020. Révélation faite par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, -lors de la présentation du programme économique, financier, social et culturel du gouvernement pour l’année 2021-, le 25 novembre 2020 devant les députés.

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De toutes les administrations ciblées par cette traque, c’est le secteur des Enseignements Secondaires qui semble être le plus touché par l’absence de ces agents, notamment les enseignants parmi lesquels plusieurs refusent souvent de rejoindre leurs postes d’affectation. En dépit des demandes d’explication, la situation ne s’améliore guère.

Daniel NDING 

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