Le 28e Sommet du Commonwealth, tenu à Antigua-et-Barbuda du 1er au 4 novembre 2026, a mis l’accent sur les investissements dans les infrastructures, la résilience climatique et la protection de la biodiversité. Le Premier ministre Joseph Dion Ngute y représente le président Paul Biya.
Le 28e Sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth, ouvert le 1er novembre 2026 à Saint John’s, à Antigua-et-Barbuda, a placé les questions climatiques et la préservation de la biodiversité parmi les axes de coopération entre les 56 États membres. Le Cameroun prend part à cette rencontre par l’intermédiaire du Premier ministre Joseph Dion Ngute, qui représente le président de la République, Paul Biya. Les échanges portent notamment sur la mobilisation des investissements, le financement des infrastructures et la protection des écosystèmes.
La cérémonie d’ouverture s’est tenue le 3 novembre en présence du roi Charles III, chef du Commonwealth. Les travaux se déroulent sous le thème « Accélérer les partenariats et les investissements pour un Commonwealth prospère ». Cette orientation traduit la volonté des États membres de faire de la coopération économique un levier de réponse aux défis auxquels ils sont confrontés. Parmi ces défis figurent le changement climatique, la perte de biodiversité, les difficultés d’accès au financement et la vulnérabilité des économies insulaires.
Deux annonces intervenues en marge du sommet donnent une traduction financière à ces préoccupations. Le Royaume Uni a annoncé une enveloppe de 40 millions de livres sterling, soit environ 54 millions de dollars, sur trois ans pour soutenir des investissements dans les infrastructures des Caraïbes. Les ressources, prélevées sur les budgets existants, doivent notamment contribuer au développement de projets dans le domaine des énergies vertes. Cette mesure concerne une région exposée à la montée du niveau de la mer, aux phénomènes météorologiques extrêmes et aux conséquences du réchauffement climatique.
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Une autre initiative concerne la protection de la nature. Lancée le 2 novembre dans le cadre du sommet, la Commonwealth Nature Initiative a recueilli des promesses de financement de 202,2 millions de dollars. Elle entend mobiliser les gouvernements, les fondations et les organisations de conservation autour de l’objectif consistant à protéger au moins 30 % des terres et des océans de la planète d’ici 2030. Cette cible s’inscrit dans le cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté en décembre 2022. Elle vise à renforcer la conservation des espaces terrestres, des eaux intérieures et des milieux marins.
Pour le Cameroun, ces engagements renvoient à des enjeux économiques et environnementaux qui dépassent le cadre des discussions diplomatiques. Le pays dispose d’une partie du massif forestier du bassin du Congo, considéré comme le deuxième grand ensemble de forêts tropicales du monde. Ces espaces contribuent au stockage du carbone, à la régulation des ressources en eau et au maintien de la biodiversité. Ils fournissent aussi des ressources aux populations qui en dépendent pour leurs activités et leurs revenus.
La préservation de ce patrimoine suppose toutefois des moyens financiers et des dispositifs de gestion adaptés. Les données présentées par les organismes intervenant dans le secteur font état de pressions liées à l’expansion agricole, à l’exploitation forestière, aux activités extractives et aux effets du changement climatique. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, le Cameroun a perdu 2,2 millions d’hectares de couvert arboré entre 2001 et 2024. Dans ce contexte, la mobilisation des financements internationaux constitue un enjeu pour la mise en œuvre des politiques de conservation et de restauration des forêts.
Un signal a été enregistré quelques jours avant l’ouverture du sommet. Le Fonds vert pour le climat a approuvé, le 27 octobre 2026, un projet consacré à la protection des forêts permanentes du Cameroun et à leur contribution à la lutte contre le changement climatique. Le programme prévoit notamment des interventions dans les paysages de Dja-Lobéké, de Bakossi-Bamboutos et de Waza. Il entend soutenir la gestion durable des espaces forestiers, la restauration de terres et les moyens de subsistance des communautés qui vivent de ces ressources.

La participation de Joseph Dion Ngute aux travaux du Commonwealth offre ainsi au Cameroun un cadre pour inscrire ses priorités environnementales dans les discussions sur les investissements et les partenariats. La question porte sur les conditions d’accès aux ressources, mais aussi sur les mécanismes permettant de transformer les engagements internationaux en projets exécutés sur le terrain. La présence de Félix Mbayu, ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures chargé de la coopération avec le Commonwealth, s’inscrit dans cette démarche de représentation et de suivi des échanges.
Au-delà des déclarations, la portée du sommet se mesurera à la mise en œuvre des engagements annoncés. Pour les pays africains membres du Commonwealth, dont le Cameroun, l’enjeu est de faire reconnaître la valeur économique des ressources naturelles et d’obtenir des financements à la hauteur des besoins de conservation. La protection des forêts, des terres et des espaces marins ne relève pas uniquement d’une responsabilité environnementale. Elle engage aussi les perspectives de croissance, les activités des populations et la capacité des économies à faire face aux risques climatiques.
D.N.





