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Comifac : déjà 22 mois d’arriérés de salaire pour le personnel, le cri d’alarme du Secrétariat exécutif

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C’est sans ambages que le secrétaire exécutif de la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac), le Dr Hervé Martial Maidou, a dénoncé les tensions de trésorerie qui accablent l’organisation et contraignent son personnel à vivre avec près de deux années d’arriérés de salaire. À l’ouverture des travaux préparatoires à la 12e session ordinaire du Conseil des ministres des Forêts de la sous-région, ce mardi 3 novembre 2026 à Yaoundé, le secrétaire exécutif et le ministre Jules Doret Ndongo ont invité les experts à se pencher avec minutie sur la question du financement de l’institution.

Ce n’est pas de l’intox. Le personnel de la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac) cumule 22 mois d’arriérés de salaire. L’information a choqué des participants aux travaux du segment des experts préparatoire à la 12e session ordinaire du Conseil des ministres des Forêts d’Afrique centrale, réunis ce mardi 3 novembre 2026 au siège de la Comifac, à Yaoundé. Et lorsque la dénonciation émane du patron de l’institution, le secrétaire exécutif, le Dr Hervé Martial Maidou, l’affaire revêt tout son sérieux. Le personnel de la Comifac réclame « le règlement total des arriérés de salaire, soit vingt-deux mois, la normalisation de la situation par le paiement régulier des salaires, une attention soutenue des instances pour le suivi de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale », rapporte le Dr Hervé Martial Maidou. Ces exigences figurent parmi les principales attentes soumises à l’appréciation des instances de décision.

C’est sans ambages que le secrétaire exécutif de la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac), le Dr Hervé Martial Maidou, a dénoncé les tensions de trésorerie qui accablent l’organisation et contraignent son personnel à vivre avec près de deux années d’arriérés de salaire. À l’ouverture des travaux préparatoires à la 12e session ordinaire du Conseil des ministres des Forêts de la sous-région, ce mardi 3 novembre 2026 à Yaoundé, le secrétaire exécutif et le ministre Jules Doret Ndongo ont invité les experts à se pencher avec minutie sur la question du financement de l’institution.

Pour Hervé Martial Maidou, cette situation dépasse la seule question sociale. Elle affecte également la capacité de la Commission à remplir ses missions et à conduire ses programmes. « Tant que les États ne sont pas solidaires pour régler leurs contributions égalitaires pour soutenir ces efforts, l’équipe du Secrétariat exécutif va passer environ 40 % de son temps dans la recherche des résolutions des problèmes sociaux au lieu de le consacrer dans les investissements et le développement des projets. Une réunion comme celle-ci nécessite environ 120 millions de francs CFA et ne saurait être tenue s’il n’y avait pas l’appui des partenaires, pour dire que nous devons changer de paradigme en passant plus de temps sur ce sujet ainsi que l’ordre du jour par rapport à tous les autres points qui ont été mis à votre disposition », déplore-t-il. Et d’ajouter : « La vie de notre organisation en dépend car nous avons assez d’experts dans la sous-région mais qui manquent souvent les ressources financières pour les mobiliser autour des réflexions stratégiques pour la réduction de la pauvreté de nos communautés et de nos pays ».

Plan de Convergence

Les experts doivent soumettre aux ministres des propositions sur le financement et le fonctionnement de l’organisation. C’est dans cette perspective que le secrétaire exécutif « en appelle à leur sagacité dans les différentes réflexions stratégiques qu’ils soumettront au Conseil des Ministres, afin de sauver non seulement la vie des personnes qui travaillent pour la Comifac mais également l’honneur de l’organisation, la recherche d’efficacité et de performance pour la mobilisation de ressources et l’investissement à travers le développement davantage de projets pour les pays membres. Sans cela, la vie de notre organisation est vouée à un échec malgré les efforts du Cameroun d’offrir ce joyau, la bonne volonté des experts à produire les documents stratégiques comme le Plan de Convergence révisé ».

Lire aussi :Forêts et climat en Afrique Centrale : la Déclaration de Yaoundé appelle à mieux financer la recherche et l’action publique  

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L’Union européenne et d’autres partenaires étrangers figurent parmi les principaux financeurs de la Comifac. Mais pour combien de temps encore ? Là réside toute la question et la source des inquiétudes du secrétaire exécutif. Cette préoccupation rejoint les propositions formulées par Knut Gummert, co-facilitateur du partenariat germano-congolais pour les forêts du Bassin du Congo au sein du Partenariat pour les forêts du bassin du Congo (PFBC). Il plaide pour un renforcement des liens entre le Plan de convergence de la Comifac et les autres initiatives de l’organisation, afin de mieux coordonner les financements internationaux et les contributions nationales. La sécurisation du financement de la Commission constitue d’ailleurs, à ses yeux, un chantier prioritaire.

Lire aussi :Certification forestière dans le Bassin du Congo : c’est parti pour la quatrième phase du PPECF  

« Les contributions annuelles sont notamment essentielles pour assurer la continuité des actions et consolider les capacités institutionnelles. Les contributions sont essentielles pour l’institution et sont déterminantes pour les autres. Elles témoignent de leur engagement et de leur confiance en l’institution et représentent un facteur pour mobiliser le financement complémentaire auprès des partenaires et les aider à investir », souligne Knut Gummert. Il invite par ailleurs les partenaires à mieux coordonner leurs interventions autour des priorités définies par les États.

Lire aussi : Plan de convergence de la Comifac : l’avenir du Bassin du Congo se peaufine à Yaoundé  

Dans la même perspective, le représentant de l’Union européenne, Stephen Peedell, réaffirme le soutien de son institution à la Comifac, tout en évoquant une évolution des modalités de coopération. Il rappelle la contribution de l’Union européenne, de l’Allemagne, de la France et des autres États membres de l’Union européenne à la conservation des forêts du Bassin du Congo. Toutefois, il annonce un changement d’orientation dans les mécanismes de financement européens. « L’Union européenne est un partenaire clé de longue date, depuis le début, et un partenaire qui va rester avec nous pour assurer la contribution de la Comifac, de ses organes et de ses partenaires pour la protection et la valorisation de la forêt du Bassin du Congo. Mais on parle de moins en moins de subventions. On parle plutôt d’investissements. On parle du secteur privé », explique-t-il. Une évolution qui place la recherche de nouvelles sources de financement au centre des échanges entre les États et leurs partenaires.

Politiques forestières et environnementales

Présidant la cérémonie, le ministre des Forêts et de la Faune, Jules Doret Ndongo, a également insisté sur la nécessité de préserver la Comifac, institution chargée de la coordination des politiques forestières et environnementales dans le Bassin du Congo. Ce massif, deuxième ensemble forestier tropical de la planète, joue un rôle dans la régulation du climat, la conservation de la biodiversité et le maintien des équilibres écologiques. Le membre du gouvernement a ainsi appelé les experts à examiner la situation institutionnelle et financière de la Commission. « Notre organisation doit disposer des moyens nécessaires pour accomplir efficacement les missions qui lui ont été confiées par les États membres. J’invite les experts à examiner avec toute la rigueur requise cette situation, en même temps que les rapports financiers, les rapports d’activité et les recommandations formulées en vue du renforcement de la stabilité institutionnelle de notre organisation », a déclaré le ministre.

Les travaux des experts porteront également sur l’adoption du Plan de convergence révisé 2026-2035, qui doit orienter les politiques forestières et environnementales de la sous-région au cours de la prochaine décennie. La réunion intervient dans un contexte marqué par le transfert de la présidence en exercice de la Comifac du Burundi au Cameroun, après le mandat burundais. Pour Jules Doret Ndongo, les États doivent renforcer leur coopération et défendre une position commune dans les négociations internationales sur le climat, notamment à l’approche de la COP31 prévue à Antalya, en Turquie.

Valgadine TONGA

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