Le Programme de promotion de l’exploitation certifiée des forêts (PPECF) lance sa quatrième phase, avec un nouveau chef de mission. Soutenu par la coopération allemande à travers la KFW et mis en œuvre avec l’appui de la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac), le programme accompagne les entreprises forestières et les administrations dans la certification, la traçabilité du bois et l’évolution des règles de gestion des forêts.
Après quelques mois de pause, le Programme de promotion de l’exploitation certifiée des forêts (PPECF) reprend du service. La phase deux est désormais lancée, avec comme nouveau chef de mission, Philippe Mortier, en remplacement de Romain Lorent. Le programme est soutenu financièrement par la coopération allemande à travers la KFW et mis en œuvre avec l’appui de la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac). Les différentes parties prenantes ont échangé ce lundi 12 octobre 2026 au siège de la Comifac. Philippe Mortier annonce, dans le cadre de la phase 4, la « reprise des contacts avec les concessionnaires pour les accompagner dans le processus. La quatrième phase prévoit également l’intégration de la Guinée équatoriale, qui manifeste son intérêt pour le programme ». La grosse innovation, c’est « l’accompagnement des populations riveraines des concessions forestières, notamment pour améliorer les pratiques agricoles ».
Le secrétaire exécutif de la Comifac, Dr Hervé Martial Maïdou, a souligné que l’enjeu consiste à « démontrer l’engagement de la sous-région en faveur de la certification forestière. Celle-ci vise notamment le respect des règles de légalité et de traçabilité tout au long de la chaîne de production du bois, ainsi que la prise en compte des obligations fiscales, sociales et environnementales ». Le responsable de la COMIFAC rappelle qu’au « lancement du programme, en 2012, les superficies forestières certifiées étaient presque inexistantes. C’est un peu plus de 6 000 hectares aujourd’hui, avec un objectif de progression vers 10 000 hectares ».
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Le programme entend ainsi poursuivre l’appui aux entreprises, aux administrations et aux communautés, tout en renforçant la gestion durable des forêts du Bassin du Congo. Coordonnateur de portefeuille au bureau de la KFW, Gervais Nsibeuweula Kam appelle à assurer la continuité des dossiers entre les équipes qui se succèdent. « Le PPCR, c’est un projet classique est un projet qui est basé sur la demande et qui apporte des solutions spécifiques aux besoins des concessions, des compagnies qui veulent aller à la certification. C’est vraiment un engagement fort qui a été organisé par la coopération allemande. La Comifac, a joué pleinement son rôle de centre régional qui coordonne les politiques, et ce projet s’inscrit pleinement dans le nouveau plan de convergence. Nous sommes très ravis que ce projet soit rendu à cette quatrième phase. Nous préconisons juste que les choses se fassent le mieux possible, qu’il y ait un transfert fluide des dossiers en cours entre l’équipe sortante et l’équipe entrante ».
Pour bénéficier d’un appui, le demandeur doit remplir des conditions : appartenir aux sociétés privées du secteur forestier (concessionnaires), aux ONG, aux opérateurs du secteur public, aux collectivités territoriales ou aux organisations internationales (intergouvernementales) liées à la gestion durable et à la certification forestière ; opérer au Cameroun, au Congo, en RCA, au Gabon ou en RDC ; être directement impliqué dans la préparation et la gestion de l’intervention proposée ; avoir signé la Charte du Programme (annexe II du modèle de convention) ; présenter une requête en lien avec les objectifs du programme.
Dans les pays de la Cemac, « la filière bois est le deuxième employeur après la fonction publique dans ces six États », souligne le chef de mission sortant, Romain Lorent, qui estime la contribution de la filière bois au produit intérieur brut entre 6 et 8 %.
Ce pilier de la certification dans le bassin du Congo revient sur les premiers pas du projet. « L’histoire de la certification dans le Congo date d’une vingtaine d’années, voire trente. Les concessionnaires ont été confrontés de façon très intensive à des communications négatives sur l’exploitation du bois dans le bassin du Congo et c’est eux qui ont fait venir la certification en tout premier lieu. C’est eux qui ont fait venir le FSC. Effectivement, après, il y a une impulsion de cette certification à l’initiative des concessionnaires. La KFW s’est intéressée à cette dynamique et a accompagné le projet en 2012 » dixit Romain Lorent. Et d’ajouter : « Dans l’histoire de ce programme, il y a une date clé où Ali Bongo, le président gabonais, a déclaré qu’il voulait que, dans son pays, toutes les entreprises soient certifiées. À sa parole, il a adossé une loi de finances. C’est surtout ça qui a déclenché un mouvement de certification important dans ce pays. En conséquence, la taxe de superficie est passée de 800 francs CFA l’hectare quand on n’est pas certifié à 300 francs CFA pour les entreprises certifiées. Cette décision politique a provoqué un rush au niveau du programme de la part des entreprises gabonaises qui voulaient se faire certifier au plus vite ».
Le Programme de promotion de l’exploitation certifiée des forêts a pour objectifs la mise en place de mécanismes techniques et formels ainsi que de conditions institutionnelles propices à la certification, à travers un appui aux réseaux soutenant la certification ; l’amélioration de la qualité de l’exploitation industrielle des forêts par le biais de formations et d’activités spécifiques liées à la certification ; le renforcement de la communication sur les résultats de l’exploitation industrielle durable ; la promotion de la transparence dans l’exploitation certifiée des forêts…
Valgadine TONGA





