Le directeur général des Aéroports du Cameroun (ADC), Thomas Owona Assoumou, a annoncé la suspension, jusqu’à nouvel avis, de la mise en œuvre du projet TaxiGo dans les aéroports internationaux de Douala et de Yaoundé Nsimalen. À l’issue de la rencontre de ce samedi 10 octobre 2026 entre le DG et les organisations syndicales, le président de la Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun, Célestin Bama Synguima, retient que le préavis de grève n’est pas levé.
Les organisations syndicales avaient annoncé une grève dans le secteur des transports dès le lundi 12 octobre 2026, à cause du projet TaxiGo. Dans une lettre adressée à la Dynamique unitaire des syndicats des transports du Cameroun, le directeur général des Aéroports du Cameroun (ADC), Thomas Owona Assoumou, fait profil bas. Pour calmer le jeu, il a convenu de suspendre le projet TaxiGo, porté par Alo Technologies. « Faisant suite aux conclusions de la réunion tenue ce vendredi 09 octobre 2026 au ministère des Transports, relativement à votre préavis de grève, j’ai l’honneur de vous informer de la suspension, jusqu’à nouvel avis, de la mise en œuvre du projet TaxiGo dans les aéroports internationaux de Douala et Yaoundé-Nsimalen. Par ailleurs, vous êtes conviés à prendre part à une séance de travail que je présiderai le samedi 10 octobre 2026 à 10 heures, dans la salle de réunion de la Direction Générale de ADC S.A., sise à l’Aéroport International de Yaoundé-Nsimalen. Cette rencontre permettra de poursuivre les échanges engagés et d’examiner les préoccupations soulevées en vue de parvenir à des solutions concertées », écrit le directeur général des ADC, Thomas Owona Assoumou, dans sa lettre datée du 9 octobre 2026, adressée à la Dynamique unitaire des syndicats des transports du Cameroun, avec pour objet « Suspension de la mise en œuvre du projet TaxiGo dans les aéroports internationaux de Douala et Yaoundé-Nsimalen ».
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Au terme de cette rencontre, Célestin Bama Synguima, président confédéral de la Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun (CSTC), nous confie que le directeur général a apporté des précisions sur le projet et contesté l’idée d’une adhésion obligatoire. « Le DG a insisté sur le fait qu’il n’a jamais été question de frustrer ou alors d’obliger ces chauffeurs à abandonner leur voiture pour devenir des chauffeurs employés de TaxiGo », rapporte le responsable syndical. Selon Célestin Bama, les échanges ont abouti au principe d’une adhésion volontaire. « Celui qui veut adhère, celui qui ne veut pas reste sur sa position ancienne. Les conducteurs qui refusent le projet ne doivent pas être chassés des aéroports. »
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La grève est-elle levée ? « Nous ne pouvons pas encore parler de grève levée parce que les négociations se poursuivent. Une commission tripartite, syndicats ADC et Alo Technologies doit s’asseoir pour étudier le projet et voir si les nôtres (les chauffeurs des ADC, ndlr) peuvent adhérer ou alors si TaxiGo peut recruter son personnel sans nuire au bon fonctionnement du travail de nos camarades. Donc les négociations se poursuivent. Aucun document n’a été signé. Nous avons juste eu la promesse de la mise sur pied de la commission par le directeur des ADC, dans les prochains jours », explique Célestin Bama Synguima. Et d’ajouter : « Nous restons dans les normes internationales du travail, qui nous disent que la grève ne peut avoir lieu que si nous n’avions pas encore eu une porte ouverte de négociation. À partir du moment où une porte de négociation est ouverte, nous avons obligation de nous abstenir d’aller en grève. Si jamais nous n’arrivons pas à nous entendre, c’est en ce moment que nous allons revenir à la grève. La grève n’est pas levée, elle est suspendue ».
Le préavis de grève des organisations syndicales portées par la CSTC a déjà eu son lot d’impacts. Brussels Airlines a annulé son vol hier, vendredi 9 octobre. Ce samedi, c’est Air France qui a annulé son vol prévu pour atterrir à 17 h à Nsimalen.
« TaxiGo et les ADC exigeaient à tout chauffeur de désormais verser une caution de 800 000 FCFA pour continuer à exercer. À défaut, nous étions invités à quitter les aéroports le 2 novembre. Les ADC nous martelaient que le projet se fera avec ou sans nous. À cause de cette menace, 18 chauffeurs ont versé chacun 800 000 à Douala, et 7 chauffeurs à Yaoundé ont fait de même. Aujourd’hui, les ADC se disent choqués des contours du projet », s’étonne Amougou Zang, membre de l’Association des chauffeurs de taxis de l’aéroport (ACTA), affiliée au Synctrapuircam (Syndicat national des conducteurs des transports périurbain, urbain, interurbain et rural du Cameroun). Les prochains jours détermineront si, au-dessus des ADC, règnera un ciel favorable ou des vents violents.
Valgadine TONGA






