Gestion urbaine : communes et communautés urbaines à bout de souffle

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Dans le vécu quotidien, la population se plaint toujours de la mairie ou de la communauté urbaine, quand elle fait face à une route complètement dégradée, une rue non éclairée, bref, en l’absence d’un minimum de conditions de vie qui garantissent son bien-être. C’est que dans le cadre de la décentralisation, la gestion urbaine, entre autres, a été transférée aux communes et communautés urbaines. Ainsi les communautés urbaines au Cameroun ont compétence dans les domaines de l’urbanisme et l’aménagement urbain, l’équipement et infrastructures d’intérêt communautaire, l’entretien de la voirie principale et signalisation, l’éclairage public et l’approvisionnement en eau potable, la circulation et transport, les parking publics et parcs de stationnement.

De temps en temps des coups d’éclats sont organisés soit disant pour déguerpir les commerçants de tel trottoir ou de tel carrefour, mais une fois le long cortège reparti, les trottoirs et les chaussées sont réinvestis comme par des abeilles

Vallée Bessengue à Douala.

Arrêtons-nous sur la voirie urbaine. D’après la définition, elle désigne à la fois l’ensemble des voies de circulation  qui constituent ce qu’on appelle le réseau routier, comprenant les routes, les chemins, et les rues avec leurs dépendances, et la nature structure de ces voies, à savoir les voies uniques, les routes de 2 × 2 voies et autres. La route est donc un élément primordial dans l’aménagement urbain. La première question que se pose celui qui veut prendre une maison en location, c’est de savoir si la route y arrive. Celui à qui on propose d’acheter un terrain demande toujours, on y arrive comment ? C’est d’ailleurs pour cette raison que la loi sur l’urbanisme impose à toute personne qui veut vendre des terrains, d’ouvrir d’abord les routes, et cela sous le contrôle de la communauté urbaine. De manière simplifiée, la route doit avoir la chaussée, la rigole et le trottoir, chaque partie ayant un rôle à jouer. La chaussée pour la circulation des engins à moteurs, le trottoir pour les piétons et cyclistes, les drains pour l’évacuation des eaux. Au niveau ou nous sommes dans la ville de Douala, l’Etat et les bailleurs de fonds ont mis suffisamment d’argent pour construire les routes.

Bouchons : un phénomène aux causes connues 

Suffisamment pour qu’au moins dans le centre urbain, la circulation soit fluide et les embouteillages absorbés. Mais le problème reste la gestion de ces routes. Et c’est à ce niveau que les mairies et la communauté urbaine pêchent. Presque tous les trottoirs des routes dans la ville de Douala son occupés par le commerçants. Sans exception. A certains endroits c’est la chaussée qui est complètement envahie, comme le Boulevard de l’Indépendance ou la place même de l’Indépendance, plus connue comme le carrefour du marché Central.

Au niveau des carrefours c’est encore plus grave. Ces trottoirs étant occupés en alterné par les vendeurs des arachides le matin et les vendeurs des chaussures le soir. Le carrefour Ecole publique Deïdo fait office de référence en la matière. La conséquence directe de cette occupation des trottoirs, c’est que les piétons qui devront y circuler, se retrouvent sur la chaussée, ainsi que les cyclistes. L’automobiliste sur la chaussée qui devait alors rouler à une vitesse X, est obligé de rouler à une vitesse X moins 5 ou 10 km/h, parce qu’il doit faire attention aux piéton qui se trouvent aussi sur la chaussée alors qu’ils ne devraient pas y être. En circulation urbaine il y a une règle. Le ralentissement d’une voiture oblige celles qui la suivent à faire pareil, et la chaine s’étend généralement sur 50 à 100 mètres à l’arrière. Le redémarrage prend du temps, qui va croissant au fur et à mesure que l’on recule. Les véhiculent s’amassent alors rapidement, et c’est ainsi que les bouchons se forment et s’intensifient à longueur des journées. Il en est de même quand une voiture doit ralentir pour éviter un nid de poule sur la chaussée ou pour rentrer dans un trou et ressortir quand il est impossible de contourner.

Et si les mairies se rappelaient leurs missions

Ceci est une  observation, que le simple conducteur de taxi à qui on accorde généralement très peu d’instruction fait et explique. Et ce ne sont pas les grands directeurs bardés de diplômes qui occupent les bureaux dans les mairies et la Communauté urbaine, qui diront qu’ils ne savent pas. Il existe même toute une direction en charge de la lutte contre le désordre urbain à la Communauté urbaine de Douala, dotée d’un personnel qualifié et du matériel. Il faut simplement que ces mairies et Communauté urbaine se rappellent les missions qui sont les leurs, telles que décrites dans la loi de la décentralisation, et si elles ne peuvent pas les accomplir toutes au même moment, qu’elles s’attèlent au moins à trouver une solution à au moins une.

Et surtout qu’elles ne nous parlent pas des ressources financières qui ne sont pas encore transférées par le pouvoir central, car pour libérer les trottoirs on n’a pas besoin d’un investissement particuliers. Les salaires payés aux employés peuvent déjà justifier qu’ils mettent un point d’honneur à ce que tous les trottoirs de la ville soient libérés. Mais les communes et la communauté urbaine se comportent aujourd’hui comme si elles sont dépassées. De temps en temps des coups d’éclats sont organisés soit disant pour déguerpir les commerçants de tel trottoir ou de tel carrefour, mais une fois le long cortège reparti, les trottoirs et les chaussées sont réinvestis comme par des abeilles qui reviennent à la ruche. On a fini par nous faire croire qu’il n’y a pas de solution à cela, mais nous pensons qu’il y en a non pas une mais plusieurs. Ce qui manque c’est la volonté politique de régler le problème. Définitivement.

Roland TSAPI

Lire aussi : http://lavoixdukoat.com/2016/07/02/desordre-urbain-prefet-intensifie-lutte/

http://lavoixdukoat.com/2017/05/22/police-municipale-abus-urbain/

http://lavoixdukoat.com/2017/12/06/developpement-urbain-692ha-en-restructuration-douala/

http://lavoixdukoat.com/2017/04/25/wouri-joseph-bertrand-mache/

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