À travers la formation aux risques chimiques et l’installation du CHSST (Comité d’Hygiène, Santé et Sécurité au Travail), la Socapalm illustre deux leviers de prévention au cœur du 5ᵉ Congrès international de la santé et de la sécurité au travail.
Comment passer des règles de sécurité à leur application quotidienne ? Cette question traverse les travaux du 5ᵉ Congrès international de la santé et de la sécurité au travail, ouvert le 13 octobre 2026 au Best Western Hôtel de Douala. Jusqu’à ce 15 octobre 2026, près de 400 experts de 18 pays échangent sur les moyens de mieux protéger les travailleurs, notamment dans le secteur informel, qui représente 80 % de la population active camerounaise, selon les données présentées à l’ouverture.
Le président de la Société camerounaise de sécurité et santé au travail (Socasst), le Dr Joseph Silvère Kaptué, a rappelé l’exigence qui sous-tend ces réflexions : « La faiblesse des ressources ne saurait justifier un accident de travail. » Au-delà du constat, cette déclaration pose un défi aux entreprises : adapter les moyens de prévention aux réalités du terrain sans compromettre la sécurité. Les initiatives de la Socapalm permettent d’illustrer cette démarche.
Formation à la maîtrise des risques
Dans une activité industrielle, la prévention commence par la connaissance des dangers et la maîtrise des gestes professionnels. C’est ainsi qu’à Dibombari, les 19 et 20 août 2026 dernier, la Socapalm a organisé une formation consacrée aux risques chimiques, animée par Brice Nanga et le Dr Carole Eyoum Njowe. Les participants ont été sensibilisés à l’identification des dangers, aux précautions de manipulation et aux moyens de protection. Lire les étiquettes, respecter les dosages et les conditions de stockage, porter les équipements adaptés ou connaître les conduites à tenir en cas d’exposition sont autant de réflexes indispensables pour limiter les risques.
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Cependant, connaître les consignes ne suffit pas. Encore faut-il les appliquer dans les situations de travail et s’assurer que les comportements évoluent durablement. Cette exigence de suivi conduit à un second levier : l’organisation de la prévention au sein même de l’entreprise. À la Direction générale, la Socapalm a procédé à l’installation officielle du Comité d’hygiène, de santé et de sécurité au travail (CHSST), après la formation de ses membres, sous la conduite de la Délégation régionale du Travail et de la Sécurité sociale du Littoral. Sa mission consiste notamment à identifier les risques, recueillir les alertes, examiner les situations dangereuses et suivre les mesures correctives. En rapprochant les préoccupations des travailleurs des responsabilités de la hiérarchie, le comité doit contribuer à faire de la prévention une pratique collective. Toutefois, son efficacité dépendra du traitement effectif des problèmes signalés, de la mise en œuvre des corrections nécessaires et de leur suivi. C’est à ce niveau que la formation et le fonctionnement du comité peuvent se compléter.
Une expérience à évaluer
En associant sensibilisation aux risques chimiques et organisation du suivi, la Socapalm dispose de leviers complémentaires pour renforcer la sécurité au travail. Cette démarche présente un intérêt pour les échanges du congrès. La Déclaration de Douala, attendue à l’issue des travaux, doit contribuer à orienter les actions futures. Pour la Socapalm, l’enjeu est désormais de documenter les effets de ses initiatives : respect des consignes, traitement des alertes, application des mesures correctives et évolution des conditions de travail.
À travers la formation de ses équipes et la mise en place du CHSST, la Socapalm illustre une approche de la santé et de la sécurité au travail fondée sur l’anticipation des risques, la responsabilisation des acteurs et le suivi des mesures de prévention. Une expérience qui peut nourrir les réflexions du congrès de Douala et inspirer d’autres entreprises, à condition que ses effets soient établis sur le terrain. La Socapalm entend ainsi s’inscrire comme un modèle de référence dont la portée se mesurera à sa capacité à transformer les exigences de sécurité en pratiques durables, au bénéfice de la santé et de la protection des travailleurs.
Cheikh Malcolm EPANDA





