Reconstruction, réhabilitation ou construction des routes, le réseau routier national évolue en dent de scie du fait de facteurs humains, financiers et sécuritaires. Devant le public du Salon de l’Action Gouvernementale (Sago) en cours à l’Hôtel de Ville de Yaoundé, le ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, n’a pas fait dans la langue de bois ce jeudi 11 juin 2026.
S’il y ait bien un lieu où les Camerounais peuvent s’adresser sans protocole au politique, c’est au Salon de l’Action Gouvernementale (Sago). Ce jeudi 11 juin 2026, le ministre des Travaux publics Emmanuel Nganou Djoumessi s’est livré au jeu de questions-réponses avec le public. Son intervention tournait autour du thème : « Relèvement du réseau routier : des projets d’envergure pour la connectivité des régions et le développement des corridors sous-régionaux. Bilan et perspectives à mi-parcours de l’année 2026 ». L’ingénieur de l’Etat a ainsi dressé l’état de lieu de l’avancement des infrastructures routières au Cameroun. Même si le tableau n’est pas sombre, on retient qu’il n’est pas non plus reluisant.
Les travaux observent de nombreux retards, comme le regrette le Mintp : « Nous accusons un retard dans nos objectifs dû à l’insécurité dans certaines zones des projets programmés, la laborieuse mise en place des financements, les faibles rendements des entreprises en raison des importants arrêts de paiement qui leur sont dus. Les exemples de Mbalmayo-Sangmelima, de Boumnyebel-Eséka, etc., peuvent être cités, les capacités de trésorerie fort réduites du fond routier, couplées à une accélération des dégradations induites par de fortes et récurrentes précipitations. Les travaux ont été aussi suspendus à cause de l’insécurité à Kumba et Manfé ». Dans son énumération, le ministre a également parlé du contexte international marqué par les guerres, les barrières douanières. « Le bitume a connu une rareté pendant plus de 6 mois dans notre pays, à cause du transport maritime difficile, dû aux guerres à travers le monde », explique le Mintp.

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Face à ces défis, le ministère des Travaux publics ne baisse pas les bras. Dans les régions dites anglophones en proie au terrorisme, les travaux ont repris, encadrés par les forces de défense et de sécurité. « Des territoriales décentralisées du triangle national, dans leur rôle de maître d’ouvrage délégué, conduisent des travaux routiers. Une allocation financière cumulée de 49,974 milliards a été transférée aux communes et aux régions, soit 8,88 milliards pour les régions et 41,9 milliards Fcfa pour les communes. Cette ressource va servir à l’entretien par les collectivités territoriales décentralisées de 3643 km2 régionales et communales et à la construction de 3243 mètres linéaires », détaille le ministre Nganou Djoumessi. En perspective, des travaux ont été engagés, avec l’appui financier de la Banque Mondiale, de l’Agence Française de Développement, de la Banque Italienne de Développement, de l’Union Européenne, de la Banque Africaine Développement, de la Banque Islamique de Développement.
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« Les travaux suspendus à cause de l’insécurité à Kumba-Manfé seront parachevés avec l’appui financier de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique centrale, soit 11 milliards de Fcfa. Les avancées sont tout aussi enregistrées pour l’aménagement du corridor Ngoura 2, Yokadouma-Moloundou, frontière Congo. La qualité du réseau routier est dynamique. Elle n’est pas statique. Notre défi reste et demeure la traficabilité de la route, quelle que soit la nature de la chaussée, chaussée en terre ou bitumée, en toute saison. Toutes les routes ne seront pas bitumées en un tour de bras. Notre leitmotiv est de faire plus avec peu. D’où la maîtrise de nos cours d’intervention et le recours aux produits de stabilisation des routes en terre. En fait, Une stratégie d’entretien durable des routes en terre est en implémentation au ministère des Travaux Publics pour donner à celles des routes encore en terre une durée de plus de moins de trois ans après la stabilisation », rassure le ministre.
Malgré toutes les contraintes financières, humaines, sécuritaires et climatologiques, l’ingénieur de l’Etat affirme que la transformation du réseau routier interlocalité pour garantir la connectivité par la route et la réalisation des objectifs de planification décennale 2020-2030 se fera.
Valgadine TONGA






