Économie

Production de la farine locale : vers la mise sur pied d’une plateforme de producteurs

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𝐏𝐫𝐨𝐝𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐚𝐫𝐢𝐧𝐞 𝐥𝐨𝐜𝐚𝐥𝐞 : 𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐥𝐚 𝐦𝐢𝐬𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐩𝐢𝐞𝐝 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐥𝐚𝐭𝐞𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬
Farine de patate, de maïs, de manioc, de plantain, de melon.

Le Cameroun veut enfin sortir de la dépendance du blé importé.

L’importation du blé coûte chère au gouvernement camerounais. En 2021, l’Etat a dépensé 180 milliards de Fcfa pour l’importation du blé, soit une hausse de 30% par rapport à l’année précédente. Un coût qui contribue à creuser le déficit de la balance commerciale qui est passé du simple au double ces dix dernières années. « Les données statistiques (au ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire) montrent que, le déficit de la balance commerciale s’est renforcé en valeur au cours des dix dernières années. Passant de 590 milliards en 2010 à 1292 milliards 2019 ».

Les deux crises que traversent le monde actuellement, notamment, la crise sanitaire liée au covid-19 et la guerre en Ukraine (la Russie, premier pays exportateur de Blé dans le monde, a exporté plus de 37 millions de tonnes de blé dans le monde en 2020, ce qui représente 19 à 20% du marché mondial. Tandis que l’Ukraine, avec ses 18 millions de tonnes de blé exportés la même année, soit 9% du marché, occupe le 5ème rang), viennent empirer la situation. En effet, bien que, situé à dix mille lieu du terrain des affrontements de cette guerre Russo-Ukrainienne, le Cameroun en est impacté. Au grand dam de la population, le prix du pain a augmenté, à cause de la rareté du blé. Cette situation donne ainsi raison aux acteurs de la société civile qui depuis bel lurette demandent de se tourner vers la production et l’incorporation des farines locales dans la fabrication du pain.

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Les interpellations de ces derniers semblent avoir été entendues.  Depuis 2017, le gouvernement a entrepris un projet de mise en place d’une plateforme des producteurs locaux de farines. «Face à la grande dépense du Cameroun aux importations, le Minepat a mis sur pied une commission interdisciplinaire chargée de faire des propositions en vue de la création d’une plateforme des producteurs locaux de farine. Ce groupe de travail interdisciplinaire avait pour principal mandat, de mener une réflexion approfondie visant à regrouper l’ensemble des promoteurs de farines locales, au sein d’une seule plateforme nationale. Ce regroupement a pour but, de faciliter leur encadrement, et d’influer sur le marché en vue de sortir notre pays de la dépendance des produits venus de l’extérieur », a rappelé Zouténé Foudéné, directeur général de la Planification et de l’aménagement du territoire, vendredi, 13 mai 2022 à Douala, lors de l’atelier inter-régional de sensibilisation sur la constitution d’une plateforme des promoteurs de farines locales.

Lire aussi :Pauvreté : le Cameroun testé positif à la vie chère 

𝐏𝐫𝐨𝐝𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐚𝐫𝐢𝐧𝐞 𝐥𝐨𝐜𝐚𝐥𝐞 : 𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐥𝐚 𝐦𝐢𝐬𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐩𝐢𝐞𝐝 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐥𝐚𝐭𝐞𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬

Pâtisseries à base de farine de manioc.

Après les régions du Centre en février 2021, de l’Ouest en avril 2022, c’était autour des régions du Sud-ouest et du Littoral. Cette série d’ateliers qui s’achèvera en juin 2022 à Garoua pour les régions septentrionales regroupe autour de la table les producteurs, les transformateurs, les distributeurs, les consommateurs. Ces multiples rencontres à travers le pays préparent ainsi le terrain à la tenue en juillet 2022 de l’Assemblée générale constitutive à l’issue de laquelle devra naître cette plateforme. Aussi, permettent-elles (ces rencontres), d’une part le partage du projet de statut en vue de l’appropriation et l’adhésion des différentes parties prenantes.

Ce projet ira-t-il au bout ? les producteurs y fondent de grands espoirs. « Il faut que l’Etat prenne ce projet à cœur et prenne ses responsabilités. Il ne faut pas que le projet meure aussitôt qu’il sera né. On n’a pas besoin d’entendre demain que telle institution a interdit le Cameroun de produire tel ou tel autre produit. Il faut qu’on encourage les promoteurs locaux, c’est notre plus grande attente afin qu’on soit indépendant. Parce que la plus grande indépendance est l’indépendance économique », affirme Michel Bumal, président du Gic Traalit, (Transformation agro-alimentaire du Littoral).

Blanchard BIHEL  

 

 

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