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Mathurin Doumbe : «La bourse démarre parce que les Etats sont derrière. Il faut accélérer ce processus»

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Appelez-le père de la bourse en Afrique Centrale. C’est une lapalissade que même son humilité ne saurait nier. Après plus de 40 ans à la Société Générale Cameroun où il a gravi tous les échelons, Mathurin Doumbe reçoit un jour du Chef de l’Etat Paul Biya, la mission de créer la bourse du Cameroun. Elle sera baptisée Douala Stock Exchange. Du temps a passé, jusqu’à ce jour du 5 avril 2023, où nous avons rencontré Mathurin Doumbe à la première édition de la Cemac Capital Market Awards à Douala. Dans cette interview, Mathurin Doumbe passe en revue la genèse de la première bourse en Afrique Centrale ; non sans analyser l’évolution du marché de la finance dans la sous-région.

LVDK : Racontez-nous l’histoire de la gestation de la Douala Stock Exchange…

Il avait été décidé de créer une bourse en Afrique Centrale au début des années 2000. La question qui se posait était de savoir le siège social de cette bourse. Les Chefs d’Etat s’étaient réunis et avaient décidé de faire de Libreville, le siège social de la Bourse régionale. Le Chef de l’Etat camerounais s’est fâché en disant que le Cameroun a plus de 40% du Pib de la sous-région et donc il n’est pas question qu’on laisse le siège de la bourse à Libreville. Il a donc décidé de créer la bourse du Cameroun. C’est là qu’on fait appel à moi en disant que ‘‘Mr Doumbe, monter-nous cette affaire, mais il faut que l’on démarre avant Libreville’’. J’ai donc pris la tête de Douala Stock Exchange en 2001. Pendant 3 ou 4 ans, je me suis attelé à former une équipe et à monter la bourse. Ma feuille de route qui était de démarrer la bourse avant Libreville a été entièrement réglée. Par la suite, le président Omar Bongo a créé sa bourse. Du coup, deux bourses en Afrique Centrale ne se justifiaient plus. Ça a donc été une bonne chose de réunir les deux bourses en une seule, qui est la Bvmac (Bourse des Valeurs Mobilières d’Afrique Centrale). Voilà donc l’histoire.

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Je dois également dire que pendant les années que j’ai passé là-bas, il a fallu créer de toute pièce, une bourse qui n’existait pas au Cameroun, c’est-à-dire bâtir les règles du marché, les conditions d’interventions… C’est une affaire qui a pris 4 à 5 ans de ma vie, sans vacances. Je suis donc ravi que ce que nous avions fait, ait porté des fruits à l’heure actuelle. J’ai été invité par La Lettre de la Bourse pour raconter cette histoire, avec cette première génération qui m’avait aidé. Dans cette génération, vous avez la présidente actuelle de la Cosumaf, Jacqueline Adiaba, Banga Ntolo qui était avec moi à la Société Générale à l’époque et qui est aujourd’hui le Directeur général de la Bvmac.

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LVDK : Comment comprendre qu’après des années, la Bvmac  ne soit qu’à 23 sociétés cotées ?

Ce matin quand je suis arrivé ici (Falaise Bonanjo à Douala, pour les ateliers des Cemac Capital Market Awards), j’ai discuté avec les étudiants. Ce qui me frappe c’est qu’ils n’ont pas beaucoup d’ouverture sur l’extérieur.  Je leur ai demandé s’ils savent ce qu’on appelle la Brvm. Aucun ne le savait, pourtant c’est la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières Ouest-africaine. Rien que sur le marché action, la Brvm a une soixantaine de valeurs. C’est donc là qu’on voit tout le chemin qu’il y a à parcourir pour la Bvmac, et qui reste énorme. On a commencé, c’est bien. Mais le chemin qui reste à parcourir est encore très important. Les Etats devaient mettre chacun trois titres sur le marché. Il faut accélérer ce processus. La bourse démarre parce que les Etats sont derrière, le privé suit après. On est donc dans la bonne direction, mais il faut accélérer le mouvement, parce que le progrès n’attend pas. Si nous on piétine, d’autres avancent. Le message que je voulais passer à la nouvelle génération, est qu’ils deviennent à leur tour les ambassadeurs de ce marché financier, pour sensibiliser le plus grand nombre à s’inscrire à la bourse. C’est un instrument qui accompagne le financement de l’économie, à côté des banques. Les banques n’ont pas de ressources pour financer des investissements qui portent sur 8, 9, 10 ans. C’est la bourse.

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LVDK : Là on revient sur le reproche généralement fait aux Chefs d’Etat de la sous-région, celui du manque de volonté politique…

C’est  l’un de mes grands regrets. Pas plus tard que ce matin, j’ai demandé aux étudiants la production du cacao du Cameroun. Un m’a dit 12.000 tonnes. Je lui ai répondu que c’est trop petit. Un autre a dit 200.000 tonnes. J’ai dit qu’on commence à mordre. Et quand on atteint 300.000 tonnes, on appelle la fanfare. Mais est-ce que vous connaissez celle de Côte d’Ivoire ? Ils me disent non. C’est 2.000.000 tonnes. Il est premier producteur mondial de cacao. Pourtant il y a 40 ans, on était au même niveau avec la Côte d’Ivoire. Il y a donc un progrès énorme à faire. Il faudrait essayer d’amener les problèmes économiques et financiers au cœur de nos préoccupations. C’est l’économie qui  crée les emplois. Nous sommes dans la bonne direction mais il y a encore beaucoup d’efforts à faire. Notre rôle aujourd’hui c’est de former cette nouvelle génération, l’amener à s’intéresser à la chose financière, toujours dans l’humilité. C’est dans ce sens que j’ai donné des cours à l’Iric, en Côte d’Ivoire.

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LVDK : Quelle appréciation faites-vous de la Cemac Capital Market Awards ?

Quand Mr Douala Epala a démarré La Lettre de la Bourse, j’étais Dg de la Bourse du Cameroun. Je dois avouer qu’il n’avait que quelques vagues notions de la bourse. On l’a donc aidé à se former à la Bourse. C’est là qu’il a acquis ses connaissances sur le fonctionnement de la bourse. Il venait vers nous, et on lui renvoyait l’information. C’est une satisfaction de le voir aujourd’hui lancer cette initiative.

Réalisée avec Valgadine TONGA

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