L’objectif majeur de cette troisième édition des Universités de la Presse organisée au siège de l’Unesco était de fédérer et d’outiller les professionnels des médias camerounais sur les piliers de la paix et de la stabilité sociale, dans un contexte marqué par les mutations numériques. Une initiative du Syndicat des professionnels de l’Information et de la communication (Spic).
Le siège de l’Unesco à Yaoundé, situé au quartier Dragage, a servi le 5 mai 2026 de cadre à une introspection profonde sur le journalisme au Cameroun en temps de crise. Sous l’impulsion déterminante du Syndicat des professionnels de l’Information et de la Communication (Spic), et en collaboration avec l’Unesco, cette rencontre a eu pour fil conducteur « les médias camerounais à l’épreuve de la paix ». Le président national du Spic Thierry Eba a rappelé dans ses propos liminaires que le journalisme indépendant est un rempart indispensable contre les discours de haine. Thierry Eba a souligné que la précarité des professionnels est un frein à la cohésion sociale, d’où l’importance de cette 3e édition des « Universités de la Presse ». L’Unesco, fidèle à sa mission de promotion de la liberté d’expression, a apporté son expertise pour vulgariser sa stratégie de préservation des espaces médiatiques.

Démocratie et de la justice sociale
L’ouverture des travaux a été marquée par des interventions de haut vol soulignant les fonctions vitales du média dans une société en quête de repères. Serge Banyimbe, représentant de l’Unesco a magistralement démontré que la liberté de la presse constitue un outil fondamental pour la promotion de l’éducation et de la consolidation démocratique. La leçon inaugurale faite par le Dr Yves Mbende, enseignant à l’Université de Buéa, sur le journalisme en temps de crise notamment dans les zones comme le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du pays, a planté le décor. Puis a suivi l’expertise syndicale de Célestin Bama, Secrétaire Général de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Cameroun (Ctsc), qui a exposé le lien intrinsèque entre le dynamisme syndical, la justice sociale et la paix durable. Selon lui, un journaliste bien protégé dans ses droits est un journaliste plus apte à servir l’intérêt général sans céder aux pressions extérieures. Dans cette même dynamique d’inclusion, la cadre d’administration et journaliste Grâce Mbakong a entretenu l’assistance sur « la femme de média, acteur pour la promotion de la paix ». Elle a mis en exergue le rôle spécifique et crucial de la femme de média en tant qu’actrice déterminante dans la médiation et la promotion de la culture de la paix.
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La transformation des sociétés impose de nouveaux paradigmes que les intervenants ont analysé avec rigueur, sous le regard attentif de Thierry Eba qui veille à la montée en compétences de ses confrères. Le responsable syndicale Yannick Ebosse, secrétaire général du syndicat, a abordé la problématique complexe du journalisme face à ce qu’il qualifie de « dictature de l’information », une ère où l’immédiateté menace parfois la qualité du traitement rédactionnel.
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Le DG de ICT Media Stratégies (www.icymedia.africa), Directeur de Publication de Digital Business Africa et Président de l’association Smart Click Africa, Beaugas Orain Djoyum entretenu les Hommes de médias autour du thème : « Journalisme citoyen pour une société plus juste ». On a appris que « Le journalisme citoyen désigne la collecte, le traitement et la diffusion de l’information par des individus qui ne sont pas journalistes professionnels, mais qui agissent dans l’intérêt public grâce aux outils numériques ». Il a par ailleurs plaidé pour une collaboration plus structurée entre journalistes professionnels et lanceurs d’alerte. « La complémentarité entre le citoyen qui alerte et le journaliste qui vérifie, contextualise et recoupe, constitue aujourd’hui l’un des modèles les plus solides pour produire une information à la fois rapide, crédible et responsable. Le journalisme citoyen ne remplace pas le journalisme professionnel. Il le complète, le bouscule et parfois le sauve. Mais les lanceurs d’alerte et influenceurs doivent être formés afin de contribuer à une information plus fiable et à la réduction de la désinformation, de la manipulation et de la diffamation », a-t-il conclu.
Cette synergie entre la présidence du Spic et l’institution onusienne Unesco souligne l’urgence de protéger les acteurs de l’information face aux risques de manipulation. A l’issue de cette activité initiée dans le cadre de la 33ème édition de la liberté de la presse, un plaidoyer du Spic va être adresser aux institutions nationales et internationales.
Line TCHAKOUNTE






