La promotion du long métrage camerounais Le Flow a franchi une nouvelle étape ce lundi 20 avril 2026 au Sylver Screen Cinéma de Douala. La rencontre, destinée à la presse, s’est articulée autour de la projection du film suivie d’une conférence de presse avec l’équipe de production et de réalisation.
L’équipe de production du film Le Flow a accueilli les journalistes pour une séance de projection presse. Ce moment culturel a réuni les professionnels des médias et les spécialistes du cinéma autour d’une projection suivie d’échanges consacrés à cette nouvelle œuvre camerounaise. La matinée s’est ouverte par la diffusion du long métrage, d’une durée d’une heure quinze. Le film retrace le parcours de la famille Makone, aux prises avec une précarité persistante et des difficultés qui s’accumulent.
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Le récit documente la dégradation progressive de leur situation : un enfant atteint d’une maladie incurable, et le désarroi provoqué par l’attitude d’Akila, adolescente qui délaisse le cadre scolaire pour se consacrer exclusivement au hip-hop. Une pratique que l’entourage familial interprète comme une dérive plutôt que comme une véritable aspiration artistique. Le drame trouve son point culminant dans la mort du père, M. Makone, survenue dans des circonstances jugées troublantes, sans qu’il ait pu être témoin de l’aboutissement éventuel des rêves de sa fille.
L’esthétique de la rue
L’œuvre se distingue par une place centrale accordée au hip-hop, présenté comme le mode d’expression unique de jeunes issus de milieux divers, désœuvrés comme nantis, unis par l’idée que « l’art n’a qu’un seul langage : celui du cœur ». Sur le plan esthétique, le film revendique un ancrage purement local par l’usage du Camfranglais. Ce parler argotique camerounais est utilisé pour traduire une réalité sociologique urbaine spécifique et mettre en avant la richesse linguistique nationale.
À l’issue de la projection, une conférence de presse a réuni le réalisateur, les acteurs du film et le directeur de Sylver Screen. Face aux journalistes, le réalisateur et les comédiens ont détaillé les contours de la production. Les échanges ont porté sur les conditions de tournage, les choix de réalisation et les difficultés inhérentes à la mise en images d’une trame sociale aussi dense que celle de la famille Makone. Les intervenants ont exposé la genèse du projet, insistant sur la volonté de documenter une réalité urbaine par le prisme de la création artistique émergente.
Le Flow, une chronique urbaine
Cette projection presse s’inscrit dans le calendrier précédant la sortie nationale du film, programmée autour du 1er mai. Le Flow, porté par Sylver Screen Distribution et Janea Production, est réalisé par Achille Brice Tekoumo et coproduit par Jacques Bayam. La distribution, dirigée par Sylvain Fopa, entend positionner ce long métrage comme un reflet des mutations sociales camerounaises, en utilisant les codes du cinéma et des arts urbains pour aborder les thématiques de la précarité familiale et de la quête de reconnaissance de la jeunesse.
En définitive, Le Flow met en lumière un conflit générationnel central, tout en posant un principe clair : le rêve d’un enfant ne relève ni de l’égarement ni du désordre. Le film rappelle que l’accompagnement familial demeure un facteur déterminant dans la structuration et la réussite des trajectoires individuelles. Entre exigence éducative et reconnaissance du talent, il appelle à un équilibre où la famille devient un appui, et non un frein, à l’éclosion des vocations.
Cheikh Malcolm EPANDA






