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Plateformes de concertation : comment la Socapalm organise son dialogue avec les communautés

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Du village à la table institutionnelle, le dialogue territorial obéit à une organisation précise. Les bipartites permettent d’aborder les préoccupations directement avec les communautés riveraines ; les tripartites réunissent l’entreprise, les communautés et l’administration autour des dossiers nécessitant une intervention élargie. Deux plateformes, des acteurs différents et une même exigence : faire du dialogue un processus de suivi.

 

Le dialogue social ne se résume pas à une succession de réunions. À la Socapalm, il s’organise selon une architecture progressive : la bipartite traite la proximité avec les communautés ; la tripartite élargit la concertation lorsque les questions deviennent structurelles et requièrent l’intervention de l’administration. De Kienké à Mbongo, de Mbimbe à Édéa jusqu’à Dibombari, le dispositif permet de comprendre comment une préoccupation est recueillie, qualifiée, orientée puis suivie.

La première marche est celle de la proximité. La bipartite met directement en présence l’entreprise et les communautés. Son intérêt est d’aller vers le territoire et d’écouter les préoccupations dans leur contexte. La campagne conduite à Kienké du 21 au 25 septembre 2026, avec quinze villages visités en cinq jours, illustre cette logique. À Nlozok, les échanges portent sur l’emploi ; à Angale, sur le foncier et le bornage ; à Ongue à Édéa  sur l’eau et l’éducation ; à Koukouè toujours dans la Sanaga-Maritime, sur les dotations communautaires. La bipartite joue ainsi une fonction diagnostique : elle fait remonter l’information depuis le village.

Du village à la plateforme

Mais écouter ne suffit pas. La deuxième étape consiste à transformer la préoccupation en dossier. Les échanges distinguent les questions relevant de l’entreprise de celles nécessitant l’intervention d’autres institutions. Le foncier en fournit une illustration : limites historiques, bornage, rétrocession ou superficies exploitées peuvent appeler des vérifications techniques et administratives. À Mbongo, les travaux cadastraux montrent pourquoi une préoccupation locale peut changer de niveau de traitement. Le dialogue devient alors un instrument de qualification : il identifie la procédure, l’interlocuteur et la suite appropriés.

Lire aussi :Socapalm : du dialogue communautaire au suivi des engagements   

Lire aussi :Bipartites Socapalm : le dialogue quitte les bureaux pour le terrain   

C’est à ce stade qu’intervient la tripartite. Elle ne remplace pas la bipartite : elle la prolonge lorsque le dossier dépasse la seule relation entre l’entreprise et les communautés. À Kribi, la 27e plateforme permanente revient sur les conclusions antérieures avant les nouveaux sujets. À Mbimbe, les recommandations précédentes servent de point d’appui. À Mbongo, la reprise d’une concertation réunit l’État, la Socapalm et les communautés. Les populations exposent leurs attentes, l’entreprise explique et rend compte, tandis que l’administration précise les procédures et intervient selon ses compétences.

Lire aussi : Bipartites Socapalm : Kienké à l’épreuve du dialogue de terrain  

Lire aussi :27ᵉ plateforme tripartite : les engagements de la Socapalm à l’épreuve du terrain   

Cette hiérarchie donne au dispositif sa cohérence. La bipartite est le niveau de proximité et de diagnostic ; la tripartite, le niveau institutionnel et structurel. L’information circule dans les deux sens : une préoccupation née au village peut monter vers la tripartite ; une recommandation doit redescendre vers les communautés. Le dialogue devient ainsi un mouvement continu entre territoire et plateforme.

Du dialogue à l’action

Reste le critère décisif : le suivi. Une réunion produit une parole ; le suivi permet de vérifier ce qu’elle devient. À Mbongo, les communautés demandent que les recommandations soient suivies. À Mbimbe, la satisfaction exprimée s’accompagne du rappel que « tout n’est pas rose ». Les échéances, la restitution, les rapports, la reprise périodique des plateformes, transforment l’engagement en obligation de retour. Ainsi se dessine une méthodologie : la bipartite écoute et diagnostique ; la tripartite structure et élargit ; l’administration clarifie les compétences ; les communautés questionnent et évaluent ; l’entreprise répond et rend compte ; le suivi vérifie. La force du dispositif ne réside pas dans la disparition des différends, mais dans leur inscription dans un cadre organisé.

Ainsi, de Socapalm Kienké à Mbongo, de Mbimbe à Dibombari,  en passant par Edéa, le dialogue social apparaît comme un apprentissage collectif. Sa mesure reste ce qui subsiste après la réunion : une décision appliquée, une plainte traitée, une information restituée, un projet suivi ou une question mieux circonscrite. C’est là, sur le terrain, que la plateforme de dialogue devient une pratique de responsabilité.

Cheikh Malcolm EPANDA

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