La Société camerounaise de palmeraies a procédé le 17 mars 2026 à la restitution de matériels communautaires au profit de six villages riverains, dans le cadre d’un protocole formalisant le dialogue bipartite autour de micro-projets locaux. C’était dans le département de l’Océan. Entre satisfaction affichée des autorités et reconnaissance des chefferies, la cérémonie a aussi ravivé les attentes sociales, notamment sur la question cruciale de l’emploi et l’ampleur des moyens mobilisés.
La cour de l’école publique de Nko’Olong a pris des airs de fête villageoise. Des piles de chaises en plastique multicolores s’alignent contre le mur ocre. À côté, six bâches neuves attendent, encore repliées dans leur emballage. C’est ici que la Socapalm, géant camerounais du palmier à huile, a choisi de « restituer » le matériel aux six villages qui bordent ses plantations. Notamment, Bidou III, Nkolembonda, Nko’Olong, Nlozok, Angale et Andjeck.
Dès 10 heures, les riverains ont afflué par petits groupes. Des femmes en pagne causent à l’ombre d’un manguier. Des hommes en tenue décontractée observent les préparatifs. À la véranda d’une salle de classe à l’angle réquisitionnée pour la circonstance, on s’apprête à parapher un protocole d’accord. Le document officialise un comité de suivi de sept membres : cinq représentants des villages, deux de la Socapalm, qui gérera les futurs micro-projets.
Remise symbolique
Deux grands moments ont meublé la cérémonie de restitution des projets d’intérêt communautaires de ce jour. D’abord la séance de travail qui a consisté en la signature du protocole d’accord, suivie des allocations de circonstance. La deuxième partie a consisté à la remise officielle du matériel aux différentes communautés bénéficiaires.
Précis dans un propos qui trahit la volonté de l’administration, le représentant du sous-préfet de Nyété, Roméo Ma’a, exprime la satisfaction sur la franche collaboration entre les deux parties. « C’est un sentiment de fierté de voir la bonne collaboration entre l’agro-industrie et les villages riverains. Le rôle des pouvoirs publics consiste en un accompagnement et l’arbitrage. Vous pourrez toujours compter sur nous », souligne-t-il.
La voix de l’entreprise
Fruit des différents échanges entre les communautés riveraines et l’entreprise, la cérémonie de restitution des projets d’intérêt communautaires marque « la consécration de nos différents échanges. 128 chaises et 6 bâches. Les projets sont soumis à travers les sous-préfectures et validés selon l’enveloppe budgétaire disponible », déclare l’autorité administrative.
C’est Sa Majesté Ovono Thomas, chef du village hôte, qui a pris la parole au nom des communautés. Dans une présence imposante, il a incarné l’autorité tranquille de celui qui parle pour les siens. « Mon sentiment est un sentiment de satisfaction. La Socapalm a un rôle très citoyen. Je salue le système de communication qu’ils ont mis en place. Ce don nous va droit au cœur », affirme Sa Majesté Ovono Thomas, en invitant l’entreprise à multiplier des initiatives dans la cadre du recrutement des fils du village comme cadres.
La photographie de groupe
Plus pratique, le deuxième versant de la cérémonie s’est voulu plus un rasoir. Sous le soleil des localités balnéaires, les représentants des six villages s’avancent un à un pour recevoir leur lot. Les chaises passent de main en main dans le sourire et la bonne humeur. Un mécanisme de dialogue, formalisé par un protocole, apaise les relations.
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Au-delà des dons du jour, la cérémonie révèle les enjeux plus vastes des relations entre agro-industries et développement local dans le département de l’Océan. Le cadre institutionnel mis en place offre un espace de dialogue et une certaine prévisibilité dans la gestion des doléances.
La photo de famille a sonné la fin de la cérémonie. Les participants ont regagné leurs villages, laissant derrière eux les traces d’un événement à la fois concret et symbolique. Entre gratitude pour les gestes posés et impatience face aux défis structurels, les communautés riveraines continuent d’avancer sur ce chemin étroit du dialogue institutionnel, où chaque chaise remise raconte autant une avancée qu’une attente.
Cheikh Malcolm EPANDA






