La 27ᵉ plateforme tripartite permanente a réuni ce mardi 15 septembre 2026 dans le centre-ville de Kribi, les pouvoirs publics, la Socapalm, les chefs et notables des communautés riveraines. Foncier, électrification, projets communautaires, certification RSPO et sécurité figuraient au cœur des échanges. Objectif : examiner les engagements pris et les préoccupations du terrain.
Il est 11h40 lorsque le deuxième adjoint préfectoral, représentant le préfet de l’Océan, rejoint la salle, ce mardi 15 septembre 2026. À ses côtés prennent place les sous-préfets de Kribi 1er et 2ème, de la Lokoundjé et de Niété, les responsables de la Socapalm ainsi que les chefs et notables. Après l’hymne national, le rapport de la 26ᵉ session est lu, amendé puis adopté sans observation. Une étape qui rappelle la vocation de cette plateforme : assurer la continuité du suivi et vérifier l’état d’avancement des décisions prises.
Le foncier s’impose rapidement comme le principal point de malentendu. Sur la révision des limites de la concession, le représentant du cadastre indique que le travail technique est pratiquement achevé. « Tout est prêt du côté du cadastre. Il y a eu un état des lieux général qui a été fait et signé. Il ne reste que la transmission à la préfecture », précise-t-il.
Le foncier au cœur des réserves
Sur le terrain, toutefois, les réserves demeurent du côté des riverains qui indexent le cadastre de n’avoir pas bien fait son travail. Le chef de Lendi rejoint par ses confrères, contestent notamment l’implantation de certaines bornes. Ce qui a amené le Sous-préfet de Kribi 1er de rappeler le principe de base fixé par le MINDCAF comme préalable dans ce travail : les espaces exploités par la Socapalm et compris dans le décret restent dans le périmètre concerné, tandis que les espaces non exploités doivent être restitués au domaine national, a-t-il renseigné pour dissiper tout malentendu.
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Face à la pression des chefs, l’administration a demandé au cadastre d’accélérer la transmission du dossier, tout en posant une garantie : aucune validation ne devra intervenir avant l’examen des réserves formulées. « Avant la signature du procès-verbal, toutes les parties devront se mettre d’accord », rappelle le représentant du préfet. La Socapalm, par la voix de son secrétaire général, réaffirme pour sa part la sincérité de la démarche et la replace dans le processus de clarification foncière engagé dans ses différents bassins. Mais les divergences restent perceptibles. Chefs et notables continuent de présenter le foncier comme une « épine » et une « pomme de discorde. »
Des engagements aux réalités locales
Après la question des limites, les échanges se déplacent vers les conditions de vie dans les villages. À Bidou 2, le CSAC fait le point sur le dossier d’électrification et les démarches entreprises auprès d’ENEO. Le bilan 2025 des projets d’intérêt communautaire et les perspectives pour 2026 complètent cette revue des réalisations attendues.
La nouvelle version de la certification RSPO ouvre ensuite un autre volet. Droits humains, emploi local, projets communautaires et zones à haute valeur de conservation sont abordés. « Nous demandons de faire de la diligence raisonnable, de vérifier dans toutes nos activités tout ce qui peut être critique […] pour les droits de l’homme », explique le représentant de l’entreprise. Des consultations auprès des communautés doivent permettre de recueillir leur perception des activités de la Socapalm.
Dans les « divers », les préoccupations quotidiennes refont surface. La divagation des bœufs est évoquée, avec la précision que ces animaux n’appartiennent pas à la Socapalm et causent également des dégâts à l’entreprise qui subit leur présence. Le vol des noix de palme est, lui, présenté comme un problème de sécurité nécessitant une mobilisation concertée avec l’administration.
La dynamique se poursuit
Les représentants communautaires livrent enfin leur appréciation de l’évolution des rapports avec l’entreprise. « Sur la table, on se voit face à face, on décide les choses ensemble et on trouve les solutions ensemble », relève le notable Kadjong Cyrille. Nguiebouri Joachim, chef de Ribvuni, estime pour sa part que « la Socapalm d’aujourd’hui n’est pas la Socapalm d’hier. Il y a eu beaucoup d’évolution », a-t-il souligné. Saluant au passage, l’existence des cadres bipartites et tripartites, tout en appelant à mieux faire circuler l’information jusqu’à la base.
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Après la présentation du nouveau directeur de la plantation de Kienké, la séance prend fin. La campagne se poursuit toutefois dans les différents bassins agricoles. Une tripartite est annoncée à Mbambou ce 18 septembre, tandis que les rencontres bipartites reprendront dès lundi, 21 septembre dans les villages riverains de Kienké, parallèlement à la restitution de projets communautaires.
Au terme de cette étape, une réalité se dessine : les relations entre la Socapalm, les communautés et l’administration évoluent dans un cadre désormais plus structuré, mais encore traversé par des attentes et des désaccords. Entre avancées concrètes, dossiers en suspens et engagements à vérifier, la confiance se construit ainsi dans la durée, au rythme des réponses apportées et des résultats visibles sur le terrain.
Cheikh Malcolm EPANDA






