Dimanche 13 septembre, l’esplanade de la chefferie de Bali a accueilli la deuxième édition de la Journée d’excellence scolaire et « Back to School » de la Plateforme Bakogo A Mimim. Sous les tentes dressées pour la circonstance, élèves, parents, chefs traditionnels, élites et membres de la communauté se sont retrouvés autour de la reconnaissance du mérite. Certificats, sacs, livres et fournitures scolaires ont marqué une cérémonie sobre.
L’histoire de cette journée du dimanche 13 septembre 2026 à Bali, dans le département du Moungo (région du Littoral au Cameroun) est d’abord celle d’un défi logistique. « Nous avons préparé cet événement en un laps de temps. On a eu quelques jours vraiment pour rassembler à peu près 450 000 francs CFA afin de primer plus de 35 enfants », confie David Wilfried Eto Ndoumbe, membre du comité d’organisation et natif de Yandom. 450 000 FCFA. Un montant modeste à l’échelle des besoins, mais colossal au regard de la rapidité de l’action.
Ces fonds ont permis de constituer des kits composés de sacs, cahiers, stylos, crayons, rames de papier et livres. Les statistiques des documents préparatoires révèlent l’ampleur de la sélection : 38 bénéficiaires au total. Parmi eux, 25 élèves distingués pour leurs résultats ou leur progression, et 13 lauréats récompensés pour leurs examens et diplômes. De la SIL à la Licence, en passant par le CEP, le BEPC, le Probatoire, le GCE Ordinary Level et le Baccalauréat, l’excellence n’a pas de frontière. La meilleure moyenne affichée atteint 18/20, avec une moyenne générale d’environ 14,52/20 pour les quinze dossiers chiffrés. Plusieurs prix spéciaux, dont le Prix Professeur Kangue Ewane, le Prix Senga Essombe ou encore le Prix Mouen Mafoko, ont salué des parcours méritants.
Des gestes à pérenniser
Sous les tentes, l’émotion est palpable. Miguel Yvan, admis en classe de Terminale C, serre précieusement son paquet. Son regard trahit une fierté mêlée de reconnaissance. « Je me sens plutôt très fier et reconnaissant d’avoir reçu ce paquet aujourd’hui. Je remercie beaucoup les organisateurs de cette initiative. C’est un geste qu’on ne voit pas souvent de nos jours », confie le jeune lauréat. Pour lui, le prix n’est pas un simple objet. Il incarne la reconnaissance d’un chemin parcouru, des nuits de révision et des efforts consentis. « Je suis très reconnaissant », répète-t-il, comme pour graver dans sa mémoire cette consécration publique. Son témoignage illustre la philosophie de l’événement : célébrer l’excellence, encourager le mérite et donner confiance à ceux qui construisent leur avenir par l’école.
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L’initiative a reçu l’onction des autorités traditionnelles. Sa Majesté Mpah Mateke, chef du village Bali, hôte des lieux, affiche une satisfaction non dissimulée. « C’est d’abord un honneur pour moi que ce soit dans mon village que ça se passe, et c’est un sentiment de fierté et de reconnaissance. Les élites qui ont lancé la cérémonie n’ont pas eu tellement de temps et ont réussi. Je ne peux qu’être satisfait de ce qui s’est passé et j’encourage que cela continue encore de mieux en mieux. » À ses côtés, Sa Majesté Dibotto Maurice, chef du village Yagonang, salue un acte fondateur. « Pour moi, c’est l’encouragement à tous ces enfants qui ont bravé les classes antérieures. Ce n’est pas facile dans notre canton de se rassembler comme ça. Vous avez vu qu’il n’y a pas beaucoup de monde, mais c’est quelque chose d’inédit. Le plan traditionnel, c’est le rassemblement de toutes ces forces qui nous entourent, toutes ces forces qui nous accompagnent sans exception. »
Pour les populations, cet événement dépasse le cadre scolaire. Il révèle une prise de conscience collective. Ebengue Aimé Ferdinand, notable du village Bali, ne cache pas son émotion. « Nous sommes satisfaits de ce que le comité d’organisation a pu faire en si peu de jours. Vraiment, c’est une heureuse surprise qui grandit le village. Nous sommes très contents, très fiers, surtout que ça a pu avoir lieu ici à Bali. Nous savons que nous sommes en saison de pluie, mais une journée si clémente, tout s’est bien passé. Nous n’avons qu’à dire merci à tout le village, tout le canton, qui s’est mobilisé comme un seul homme. » Cette mobilisation collective, bien que perfectible, pose les jalons d’une dynamique nouvelle. Les établissements scolaires n’ont pas été oubliés : listes de présence, fournitures, matériel scientifique et boîtes de craie ont été remis aux enseignants. « Si nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui, c’est d’abord grâce aux seigneurs de la craie que sont les enseignants », rappelle David Wilfried Eto Ndoumbe.
Construire l’avenir
Au-delà des chiffres et des discours, la Journée d’excellence scolaire de Bakoko-Moungo révèle une évidence : l’école reste le socle de tout développement. En récompensant 38 lauréats et en soutenant les établissements, la Plateforme Bakogo A Mimim ne se contente pas de distribuer des prix. Elle insuffle une mentalité. Elle prouve que la réussite scolaire est l’affaire de tous : familles, élites, chefs traditionnels et enseignants. La devise de l’association.
« Célébrons l’excellence, encourageons le mérite, construisons l’avenir » n’est pas un simple slogan. Elle est devenue, le temps d’un dimanche à Bali, une réalité palpable. Les organisateurs l’ont promis : « Dans les années à venir, nous nous projetons à faire mieux que ceci. » Une promesse du point focal de l’événement, Jean Daniel Mbappe Ntone, que les 38 lauréats, leurs familles et tout un canton attendent déjà de voir se concrétiser.
Cheikh Malcolm EPANDA






