Présidentielle 2018 : le pari de la distribution des cartes électorales

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Les élections annoncées pour le 7 octobre prochain remettent déjà en scène le principal acteur de ces échéances, à savoir Election’s Cameroon ou Elecam. Si la convocation du corps électoral met cet organe en congés pour ce qui est des inscriptions, elle déclenche aussi immédiatement une série d’actions sur lesquelles Elecam est généralement très attendu. Et la grande question a toujours été de savoir si cet organe est à la hauteur de la tâche. Il faut déjà rappeler que selon l’article 7 alinéa 1 du Code électoral, Elections Cameroon est chargé de l’organisation, de la gestion et de la supervision du processus électoral et référendaire.

Le changement est dans toutes les discussions en ce moment au Cameroun, amenée une fois de plus par la crise anglophone. Les élections

Un poste d’identification d’Elecam

Le souci majeur d’Elecam au lendemain de la convocation du corps électoral, si on lui accorde le bénéfice de la bonne foi, a toujours été la distribution des cartes électorales. Très peu de gens veulent venir les retirer, et il est souvent très embêtant de voir ces nombreuses caisses remplies de cartes électorales qui attendent désespérément les propriétaires. Cette pièce devient alors très vite une patate chaude entre les mains de l’Organe. Comment s’en débarrasser ? Selon le Code électoral dans son article 53, il est créé au niveau de chaque commune, une ou plusieurs commissions chargées du contrôle de l’établissement et de la distribution des cartes électorales. Cette commission a un président qui est un représentant d’Elections Cameroon, désigné par le chef d’agence départementale d’Elecam. Sont membres, un représentant de l’administration désigné par le sous-préfet, le maire, ou un conseiller municipal désigné par lui, un représentant de chaque parti politique légalisé, présent sur le territoire de la commune concernée. La distribution des cartes électorales est faite sous le contrôle de cette commission, d’après l’alinéa 1 de l’article 85.

Déjà à ce niveau, rien n’a jamais été respecté, à aucune occasion, l’on ne peut trouver assise dans un bureau Elecam une commission comme indiquée plus haut au complet, en train de procéder à la distribution des cartes. Comme une peste, cette opération est systématiquement abandonnée par les membres statutaires de la commission. Cela va de soi, puisque cette fonction est bénévole. Tout est alors abandonné entre les mains d’Elecam qui seul est payé pour ce travail, et il en fait ce qu’il veut, à défaut d’en faire ce qu’il doit faire. Résultat des courses, il y a plus de cartes en souffrance dans les bureaux d’années en années.

En 2013 déjà, un article paru dans le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, faisait état de ce qu’à quelques jours des élections législatives et municipales de cette année-là, 5 000 105 cartes avaient été imprimées. 3 040 203 avait été expédiées dans les démembrements d’Elections Cameroon. Mais, il n’y avait que 748 091 qui avaient été distribuées. Soit un pourcentage de 14%. Cette année 2018, rien n’indique que les choses ont changé, d’autant plus qu’Elecam ne montre pas la volonté de développer une stratégie spéciale pour parvenir à ses fins. Le comportement des membres des commissions n’a pas évolué, en l’absence de toute motivation pécuniaire notamment. Pour pallier à ces insuffisances, l’on assiste alors à des méthodes complètement illégales de distributions sur le terrain.

Les élections annoncées pour le 7 octobre prochain remettent déjà en scène le principal acteur de ces échéances, à savoir Election’s Cameroon ou Elecam. Si la convocation

Des lots de cartes qui sont remises à des personnalités ou à des groupes de personnes, en fonction des « relation particulières » qu’elles ont avec Elecam, selon une indiscrétion glanée auprès de l’une des personnes impliquées dans ce type d’illégalité. Cette personne se justifie d’ailleurs en disant que si elles  ne font pas comme cela, les gens n’auront pas leurs cartes. Finalement, pour se faire bonne image, justifier leurs salaires et donner l’impression que les choses vont assez bien, les membres d’Elécam sont obligés d’outrepasser les limites légales. Comme on disait tantôt, la distribution des cartes est faite sous contrôle d’une commission électorale et elles ne peuvent être délivrées qu’aux intéressés, et sur présentation de la carte d’identité ou du récépissé du titulaire. Quand un individu vient prendre un lot de cartes soi-disant pour aller distribuer, et qu’Elecam le lui concède, on est déjà dans l’illégalité. Celui qui emporte ces cartes pour aller distribuer, qui est là pour superviser cette distribution comme le prévoit la loi ? Même le porte à porte qu’Elecam est parfois appelé à faire tombe aussi dans le coup de la loi, parce que personne n’est juridiquement responsable de ce qui peut advenir de ces pièces hors de l’enceinte de l’organe de gestion des élections…

Et il faut se rendre à l’évidence : le fait que les camerounais n’aillent pas chercher leurs cartes électorales, découle de ce qu’ils ne sont pas allés de plein gré s’inscrire, ils y ont été poussés par ces gens qui repartent chercher leurs cartes, en espérant bénéficier de leurs voix le moment venu. Et cela est en définitive l’une des conséquences du désintérêt général de la population pour ce qui est de la politique, dégoûtée pars des élections aux résultats connues d’avance au fil des années. Au 28 juin 2018 Elecam annonce  344.600 nouveaux inscrits: soit 208.074 hommes contre 136.526 femmes.Et qu’on le veuille ou pas, de la bonne distribution des cartes dépendra la crédibilité du scrutin.

Roland TSAPI

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