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Tribune /Cameroun-Algérie : une coopération militaire Sud-Sud 

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Difficile de ne pas faire la comparaison ou le parallèle. Le Président français avait à peine tourné le dos que le Cameroun signait un accord militaire renforcé avec l’Algérie. Décryptage.

 

𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧-𝐀𝐥𝐠é𝐫𝐢𝐞 : 𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐨𝐩é𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐦𝐢𝐥𝐢𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐒𝐮𝐝-𝐒𝐮𝐝
Sam Mbaka, président de l’Alliance des Forces progressistes.

D’abord la force des images.  Le ministre camerounais de la Défense, Joseph BETI ASSOMO est un pur produit de la méritocratie locale et membre influent du RDPC. Un civil passé par l’ENAM. L’Ecole Nationale d’Administration et de la Magistrature. Tour à tour Sous-Préfet, Préfet, Gouverneur de la Région du Littoral et ministre de la Défense depuis 2015. Ce n’est donc pas un militaire.

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Grâce aux images de la chaine AFRIQUEMEDIA TV nous pouvons constater qu’il est reçu en grandes pompes par le Chef d’Etat-major de l’Armée nationale populaire algérienne, Saïd CHENGRIHA. Celui-ci est accompagné par le ban et l’arrière ban de l’Etat-major en tenue d’apparat. L’accueil se veut solennel. Tout est fait pour marquer l’importance du moment et l’attention que l’Algérie porte à cet hôte de marque. Cette rencontre est donc à double visée. Interne et externe.

Pour le Maghreb (Maroc-Algérie-Tunisie) cela signifie que l’Algérie sort de son isolement. Ce pays qui est un allié de longue date de l’URSS puis de la Russie, entend rebattre les cartes dans la partie d’échec ou de bras de fer qui se joue entre les grandes puissances sur le continent africain. Pour preuve, ce haut gradé s’exprime en arabe. A l’attention de ses compatriotes et du monde arabe. L’essentiel de ce que l’on doit comprendre de ce partenariat stratégique élargi est formulé par le discours de ce militaire.

Il décrit dans les grandes lignes le contenu de cette coopération et le sens que son pays entend lui donner. Les termes sont convenus. Formels. Ampoulés. Rien d’explicite. On peut cependant regretter que la télévision algérienne ait privilégié surtout les propos du chef d’Etat-major. Dans ce rendu, on n’a guère entendu le ministre camerounais de La Défense même s’il s’est exprimé en français.

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Dans son propos, Saïd CHENGRIHA se garde bien d’écorner la France. Chacun connaît pourtant le contentieux épais qui existe entre les deux pays sur la question de la lutte d’indépendance algérienne. A peine une allusion aussi sur le conflit ukrainien qui est pourtant dans tous les esprits.

Algérie-Cameroun, une coopération inédite et inattendue

Les Camerounais connaissent davantage et mieux le Maroc que l’Algérie. Les relations commerciales sont à ce jour plus développées avec le royaume chérifien. C’est un fait d’évidence. La concomitance du voyage du ministre de la Défense du Cameroun en Algérie et le voyage éclair du président Macron est de nature à susciter bien des commentaires. Des interrogations aussi.

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Que signifie ce déplacement en Algérie? Difficile de croire qu’il est improvisé. Sans doute prévu et organisé de longue date. On peut cependant regretter que la télévision algérienne ait fait la part belle au Chef d’Etat-major. Ce que l’on retiendra de cette coopération naissante c’est uniquement par son prisme. La version algérienne.

Quel sens faut-il alors lui donner? Est-ce un pied de nez à la France? Est-ce la fin de la Françafrique? Le recul de la France et de son influence dans son ancien pré-carré? Doit-on y voir l’amorce d’un partenariat Sud-Sud? Une volonté de marquer son autonomie? De s’extraire d’un tête-à-tête décevant? La volonté de privilégier le multilatéralisme? La réponse se trouve sans doute dans un mix de tout cela.

La crise ukrainienne, on ne le dira pas assez, marque en creux la fin de l’ancien monde. Celui des Accords de Yalta dessiné sur un coin de la table par Roosevelt, Churchill et Staline. La crise ukrainienne portée par le tumulte et le fracas, préfigure l’émergence de nouvelles forces. D’un genre de New-deal pour reprendre une expression qui a fait date.

L’Afrique, la Chine, la Russie seront des interlocuteurs vigilants, exigeants et incontournables. Le Sud s’adresse au Sud et n’a plus besoin de passer par le Nord. Demain s’écrit déjà aujourd’hui. Sans doute, une préfiguration d’un monde à venir, un partenaire novateur.

Par Cyrille Sam MBAKA

Président de l’AFP         

Alliance des Forces Progressistes

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