Un constat alarmant déploré par Dr Rodolphe Fonkoua, président national de l’Ordre des médecins du Cameroun. Qui dénonce une urgence sanitaire, et annonce des mesures urgentes pour endiguer ce désert médical meurtrier.
Trente et un. C’est le nombre de médecins spécialistes de toute la région de l’Est, région la plus vaste du Cameroun en termes de superficie. Trente et un, pour des distances qui se comptent en centaines de kilomètres entre Districts de santé, avec des pistes impraticables en saison pluvieuse, et des populations qui meurent chaque jour de maladies les plus banales, faute de prise en charge appropriée dans les formations sanitaires publiques. « J’ai été ahuri en apprenant cela », a confié Dr Rodolphe Fonkoua, président national de l’Ordre des médecins du Cameroun, à l’issue de la première Assemblée générale de la représentation régionale à Bertoua le 15 mai 2026.
Derrière ce chiffre alarmant, c’est tout un calvaire qu’il a voulu porter sur la place publique. « Imaginez une mère hémorragique sans gynécologue dans un hôpital. Un enfant asthmatique sans pédiatre. Un blessé grave sans chirurgien à des heures de la moindre route bitumée », s’indigne un participant pour qui, l’Est paie le prix de son enclavement. Ici, les malades qui en ont les moyens sont souvent évacués vers Yaoundé trop tard, faute de routes. Les autres restent, espèrent ou succombent. « Ce qui n’est pas normal. C’est une urgence que nous avons portée au niveau de l’Ordre », a déploré un responsable d’hôpital.
Face à ce désert médical, l’Ordre national des médecins a pris plusieurs résolutions. D’abord, poursuivre la traque infernale contre l’exercice illégal de la médecine. Une pratique qui prospère dans les zones d’ombre des soins. Un délai a été donné aux promoteurs pour produire leurs autorisations d’exercer et dossiers techniques.
Créer des émules
Parmi les résolutions de cette première Assemblée régionale de l’Ordre, une mesure pour l’avenir : accompagner dix jeunes médecins dans l’incubation de projets d’installation en clientèle privée par région, seuls ou en groupe de quatre à cinq. « Tout le monde n’a pas l’esprit entrepreneurial mais, cela pourrait créer des émules », a indiqué le président de l’Ordre.
Sur le plan administratif, 190 dossiers d’inscription ont été examinés, 31 demandes d’exercice en clientèle privée validées, 02 changements d’aire géographique et 02 demandes en médecine du travail enregistrés. Des avancées certes, mais qui ne suffiront pour endiguer le calvaire des populations de cette région : celui de se soigner loin, cher, et trop souvent mal.
Ange-Gabriel OLINGA BENG






