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Steven Nbienou Kouadjo : « 54% des startups africaines échouent, et 70 à 80% ne survivent pas au-delà de cinq ans »

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Ce que Martin Luther King enseigne à ceux qui veulent influencer sans pouvoir. Il avait 26 ans. Aucune fortune. Aucun réseau politique. Il n’avait pas de média. En 1955, à Montgomery, un jeune pasteur prend la tête d’un boycott de bus. Pendant 381 jours, près de 40 000 personnes marchent pour aller travailler, sans violence, sans relâche. Ce pasteur, c’est Martin Luther King. La Cour suprême finira par déclarer la ségrégation dans les bus inconstitutionnelle. Un homme de 26 ans, sans aucun pouvoir institutionnel, vient de changer la loi d’un pays. La plupart voient en lui un activiste. Moi, j’y vois un stratège de l’influence. Son leadership reposait sur un mécanisme précis : créer une connexion qui augmente la motivation et la moralité, chez le leader comme chez ceux qui le suivent. C’est la définition exacte du leadership transformationnel auquel je crois. Et cette mécanique, elle fonctionne aussi pour toi. Pas besoin d’être pasteur. Pas besoin de marcher sur Washington. Mais il y a des principes dans le parcours de King qui s’appliquent directement à la construction d’influence pour un jeune entrepreneur africain. J’ai condensé 10 Principes tirés de cette méthode dans un guide, applicables depuis Douala, Lagos, Nairobi, Abidjan :

 

Principe 1 : Défends une seule idée et ne change pas

King n’a pas changé de message entre 1955 et 1968. Treize ans. La même direction : l’égalité par la non-violence. Le monde a fini par l’entendre parce qu’il n’a pas bougé. Sa capacité à communiquer une vision claire pour l’égalité lui a valu d’être le plus jeune lauréat du Prix Nobel de la Paix à l’âge de 35 ans.

En Afrique, les entrepreneurs qui durent sont ceux dont le message ne dépend pas du client en face ou du réseau à séduire cette semaine. Aliko Dangote défend l’industrialisation africaine par les infrastructures locales depuis trois décennies. Cette clarté est un actif.

Principe 2 : Prends les risques que tu demandes aux autres de prendre

King a été arrêté, emprisonné, sa maison a été bombardée et il n’a jamais demandé aux autres de prendre un risque qu’il ne prenait pas lui-même.

C’est le test ultime de la crédibilité d’un leader. En Afrique, où les marchés fonctionnent par confiance interpersonnelle, un dirigeant qui demande de l’audace à ses équipes tout en se protégeant personnellement perd sa légitimité en silence. Stephen Covey identifie quatre fondations de la crédibilité : l’intégrité, l’intention, les capacités et les résultats. King les portait toutes en public et en prison.

Principe 3 : Construis dans la durée, pas dans l’intensité

Le boycott de Montgomery a duré 381 jours. Pas une semaine. Pas un mois. Plus d’un an de marche quotidienne, sans relâche, sans drame médiatique, sans essoufflement.

La plupart des entrepreneurs africains surestiment ce qu’ils peuvent faire en un mois et sous-estiment ce qu’ils peuvent construire en cinq ans. L’écosystème startup africain le confirme : 54% des startups africaines échouent, et 70 à 80% ne survivent pas au-delà de cinq ans. Ceux qui tiennent gagnent souvent par défaut.

Principe 4 : Utilise l’adversité comme preuve de ta conviction

En prison à Birmingham, King a écrit sa « Lettre de la prison de Birmingham » devenue l’un des textes les plus cités du mouvement des droits civiques. La prison n’a pas diminué sa voix. Elle l’a amplifiée.

Pour un entrepreneur africain, les crises ne manquent pas : instabilité réglementaire, dévaluation monétaire, coupures d’électricité, pression sociale. La question n’est pas si la crise arrive. C’est comment tu te comportes quand elle est là. Les gens observent. Et ils se souviennent.

Steven Nbienou Kouadjo : « 54% des startups africaines échouent, et 70 à 80% ne survivent pas au-delà de cinq ans »

Principe 5 : Crée de la valeur avant de chercher la reconnaissance

King était un mentor pour beaucoup, enseignant aux autres à agir par la non-violence. Il voyait les capacités des gens et les aidait à grandir pour servir la cause plus large. Sa reconnaissance est venue de ce qu’il donnait, pas de ce qu’il demandait.

M-Pesa ne s’est pas imposé au Kenya par le marketing. Il s’est imposé parce qu’il résolvait un problème concret pour des millions de personnes sans compte bancaire. L’Afrique traite aujourd’hui 74% des transactions mobiles mondiales. La reconnaissance suit la valeur.

Principe 6 : Forme des leaders, pas des followers

La guidance de King a été déterminante pour des jeunes leaders comme John Lewis, devenu une figure majeure du mouvement. Sous son mentorat, Lewis a appris l’importance de la persévérance et comment inspirer d’autres à rejoindre la lutte.

King n’a pas construit une audience. II a construit une génération de leaders capables de continuer sans lui. C’est la différence entre l’influence qui s’arrête quand tu quittes la pièce et celle qui continue en ton absence.

Principe 7 : Choisis tes alliances avec précision

King et son équipe, les « Big Six », ont organisé et exécuté la Marche sur Washington. 250 000 personnes rassemblées pour les droits civiques et économiques. Ce n’était pas un rassemblement spontané. C’était le résultat d’alliances stratégiques entre organisations qui ne partageaient pas la même méthode mais partageaient le même objectif.

Lire aussi :Dr Cedric Emmanuel MOUNGAM : « Socadel existe depuis 1987 en France. Le Cameroun a fait une erreur capitale dans le branding »  

En Afrique, les partenariats ouvrent des portes que l’argent ne peut pas ouvrir. Mais un mauvais partenaire détruit la crédibilité plus vite qu’il ne la construit.

Principe 8 : Maîtrise l’art de la communication stratégique

Le discours « I Have a Dream » de King, prononcé lors de la Marche sur Washington en 1963, a démontré ses capacités oratoires exceptionnelles et son aptitude à articuler une vision mobilisatrice pour l’égalité. Ce discours est régulièrement classé comme le plus grand discours du XXe siècle.

King ne parlait pas pour informer. II parlait pour transformer. Chaque mot était choisi pour créer une image mentale que l’auditeur ne pouvait pas oublier. En Afrique, où la tradition orale reste un vecteur de transmission puissant, cette compétence a une résonance particulière.

Principe 9 : Accepte que l’influence coûte quelque chose

King a reçu de nombreuses menaces de mort. Il a été arrêté à plusieurs reprises. Ces épreuves venaient du fait qu’il était un leader clé de la lutte pour les droits civiques. Malgré cela, il a continué à inspirer les autres et à œuvrer pour un monde où chacun est traité avec égalité.

L’influence gratuite n’existe pas. Prendre une position, c’est accepter de perdre ceux qui ne la partagent pas. Un entrepreneur africain qui veut construire une autorité dans son secteur doit accepter que certaines portes se ferment pour que les bonnes s’ouvrent.

Principe 10 : Construis un héritage qui te survit

Le leadership de King est un modèle de leadership serviteur. Sa quête persistante et urgente se résumait à une question : qu’est-ce que tu fais pour les autres ?

King a été assassiné le 4 avril 1968 à Memphis. Il avait 39 ans. Son mouvement ne s’est pas arrêté. Les lois qu’il a contribué à faire passer protègent des millions de personnes aujourd’hui encore. C’est la marque d’une influence qui dépasse l’individu.

Un entrepreneur africain qui construit pour lui-même construit pour une vie. Un entrepreneur qui construit pour les autres construit pour une génération.

Par Steven NBIENOU KOUADJO

PDG de NBIKO GROUP

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