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Rev Dieudonné Massi Gams : «Ce qui ne t’appartient pas, n’y touche pas»

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Le président de la Commission nationale anti-corruption, Conac, présente  le rapport 2020 sur la corruption. 

Le président de la Commission nationale anti-corruption, Conac, présente  le rapport 2020 sur la corruption. 

Bonjour Rev Dieudonné Massi Gams. À la lecture du rapport que vous venez de rendre public, l’on a l’impression qu’on pourrait faire nettement mieux ?

La Conac apporte sa contribution dans la lutte contre la corruption avec d’autres structures qui sont là. Comme vous le dites si bien, on aurait pu faire mieux. Effectivement, le mieux se fait et va se faire davantage. Parce que, lorsque nous avons reçu des rapports, il y a eu  des collectivités territoriales décentralisées, et ça permettra que à ce niveau-là, on voit effectivement les résultats d’une manière positive. Plus encore, il faut le relever, le taux de dénonciations à commencer prendre de l’ampleur. Parce que nous sommes partis de 400 dénonciations en 2010 pour plus de 23.000 en 2020. Cela veut dire que le peuple commence à être conscient de sa responsabilité par rapport à la gestion des biens publics.

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Parlons des statistiques justement, avec plus 16.000 dénonciations, les atteintes à la fortune publique restent toujours aussi nombreuses. Comment interpréter ces chiffres ?

On ne doit pas les interpréter ni négativement ni positivement. Parce que, nous ne sommes pas là pour dire, du haut de la chaire quels sont ceux qui ont déjà été épinglés et qu’est-ce que le gouvernement camerounais a déjà récupéré. Il y a eu des préjudices que l’Etat a subis et il y a eu des récupérations qui sont de l’ordre des milliards. Et il y a des gens qui sont détenus. On ne peut pas donner leurs noms tant que le tribunal ne s’est pas prononcé définitivement. Ceux-là bénéficient encore de la présomption d’innocence, mais les résultats sont là.

Le grand public reste tout de même dubitatif quant aux retombées de l’action de la Conac et attend des gestes forts. Par exemple, des poursuites judiciaires. Qu’est-ce que vous dites aux Camerounais ?

La lutte continue et elle continue positivement. Il y a quelque chose de très important que nous disons toujours. Que la pierre de Dieu écrase doucement, lentement mais sûrement. La population doit savoir que nous devons toujours travailler de concert. La population ne doit pas être actrice de la corruption ; elle ne doit pas prêter le flanc à ce jeu de la corruption parce que c’est elle qui est à la fois victime et qui est aussi à l’origine de certains cas de corruption. Il faudrait donc que, la population soit capable de résister à la corruption qui peut lui être proposée pour accéder à tel  poste ou réussir à tel autre examen ou concours. Il faudrait que cette population soit capable de dire non. Et nous sommes en train de développer quelque chose de très important qui doit être une maxime que les Camerounais doivent retenir : «Ce qui ne t’appartient pas, n’y touche pas ».

Les gens mettent en doute l’indépendance de la Conac et estime que les rapports peuvent être revus et corrigés…

Non! Nous sommes effectivement indépendants. Nous ne recevons d’injonctions de personne. Nous faisons nos rapports en toute âme et conscience.

Source Crtv, décrypté par Blanchard BIHEL          

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