La 50ème édition de la Journée de l’enfant africain a été célébrée ce 16 juin à l’Hôtel Mont Fébé à Yaoundé, sous l’égide de la Commission des droits de l’Homme du Cameroun. Une célébration qui arrive au moment où les enfants au Cameroun sont en danger. L’événement a réuni de nombreux enfants issus de différentes couches sociales ainsi que plusieurs acteurs institutionnels engagés dans la protection de l’enfance.
Tout au long de la célébration de la 50ème édition de la Journée de l’enfant africain a été célébrée ce 16 juin à l’Hôtel Mont Fébé à Yaoundé, marquée par diverses activités, les enfants ont exprimé à la fois leur fierté d’être au cœur de cette journée et leurs inquiétudes face aux nombreux défis qui entravent encore leur épanouissement. Prenant la parole au nom des enfants, Fadimatou Aboubacar a livré un message fort.
Revenant sur l’histoire de cette commémoration, elle a rappelé le combat des enfants de Soweto en Afrique du Sud pour le droit à une éducation équitable. Selon elle, cinquante ans après, les enfants africains continuent de faire face à de nombreuses difficultés. « Plusieurs enfants n’ont pas accès à l’éducation. Certaines filles sont victimes de mutilations génitales, de viols et d’autres formes de violences. Nous voulons des manuels qui parlent de nous. Il faut valoriser l’éducation et protéger les enfants contre les violences. Un enfant instruit est une nation qui progresse », a-t-elle déclaré.
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Pour sensibiliser l’assistance sur les violences sexuelles faites aux mineures, le clip « Ta fille n’est pas ta femme » du groupe musical X Maleya a été diffusé. L’émotion était également palpable lors du témoignage de la mère du jeune Mathis, assassiné en mai 2025 au quartier Ngoa-Ekellé à Yaoundé. Venue partager son expérience, elle a dénoncé les violences dont sont victimes de nombreux enfants. Les représentants de l’UNICEF et du Système des Nations unies au Cameroun ont eux aussi condamné fermement toutes les formes de violences exercées contre les enfants et appelé à une mobilisation collective pour leur protection.

Dans son allocution, le président de la Commission des droits de l’Homme du Cameroun, Pr James Mouangue Kobila a rappelé que cette journée constitue bien plus qu’une simple commémoration. « Elle est un devoir de mémoire et un appel à l’action. Elle rappelle le sacrifice des enfants de Soweto qui, le 16 juin 1976, ont courageusement défendu leur droit à une éducation équitable », a-t-il souligné.
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Le Pr James Mouangue Kobila a également dressé un tableau préoccupant de la situation des droits de l’enfant au Cameroun. Il a dénoncé la persistance des violences physiques, sexuelles, des infanticides, des enlèvements, du trafic d’enfants ainsi que les atteintes au droit à l’éducation. Selon les statistiques présentées, la Commission des droits de l’homme du Cameroun a enregistré une hausse significative des cas documentés de violations des droits de l’enfant, passant de 59 cas en 2021 à 151 cas en 2024. À travers cette célébration du cinquantenaire de la Journée de l’enfant africain, les différents intervenants ont lancé un appel pressant aux pouvoirs publics, aux familles et à l’ensemble de la société afin de renforcer la protection des enfants et de garantir pleinement leurs droits.
Yahaya IDRISSOU






