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Jean Marie Tiam : «C’est ainsi que j’ai gagné le procès contre Missy Elliot»

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Ils embrassent la scène musicale en 1974. Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Un éditeur tombe directement sous le charme des frères Tim et Foty (Jean Marie Tiam et Maurice Fotié Kembiwo). Deux ans plus tard, ils touchent leur premier chèque de la maison de disque avec quoi ils payeront sur deux ans tous leurs frais universitaires. Diplômes dans la poche, les frères préfèrent poursuivre leur passion. Les fruits s’amoncellent. En 1981, leur album ‘‘Longue’’ est sacré disque d’Or aux Etats-Unis. Les inséparables poursuivent leur bonhomme de chemin, des fois en solo. Tout bascule en 2011. La faucheuse frappe et emmène Foty. La douleur est grande de part le monde. Tim en a souffert, mais «la musique m’a soignée», dit-il. Il a décidé de rendre un hommage à son frère Foty, à travers une série de spectacles. Le vendredi 24 novembre 2016 à Douala Bercy, le 30 novembre 2016 à la salle de la Croix rouge à Yaoundé, et à Bafoussam le 8 décembre 2016 à la Maison du parti. Les répétitions sont de plus en plus intenses au cabaret Le Picasso à Douala. Ce jeudi 16 novembre 2016, Tim est juste venu assister à la séance de répétition du bassiste Aladji Toure. Qui fait partie des artistes à l’affiche des concerts. Carrière musicale, coup de blues, crise anglophone…sont autant de sujets traités dans cette interview que Jean Marie Tiam, alias Tim, a accordée à La Voix Du Koat.   (Par Valgadine TONGA)

 

Un éditeur tombe directement sous le charme des frères Tim et Foty (Jean Marie Tiam et Maurice Fotié Kembiwo). Deux ans plus tard, ils touchent leur premier chèque
Jean Marie Tiam, alias Tim.

 

 

 

 

 

 

 

 

LVDK : Combien y a-t-il d’albums à l’actif de Tim ?

J’ai une dizaine d’albums avec Foty mon frère et je crois cinq en solo. L’album Longue s’est vendu à 75.000 exemplaires et il a fait l’objet d’un disque d’Or aux Etats-Unis. Chez les Américains quand ils vous donnent un prix, ils vous donnent un financement pour vous soutenir. Ça c’est une bonne chose parce que généralement quand on donne des prix il n’y a rien derrière pour soutenir l’artiste. En fait, le prix c’est pour dire que vous avez été méritant et pour cela on vous donne un prix et de l’argent pour soutenir votre carrière. C’est ainsi que ça devrait se faire, mais ce n’est pas le cas chez nous. Le disque d’Or c’était en 1981. (Rire…) Il y a beaucoup de jeunes qui m’interrogent pourtant ils n’étaient pas encore nés. C’est toujours agréable de voir des jeunes à qui je raconte le passé.

LVDK : Quand vous débutez dans les années 70, qui sont les artistes qui influencent votre culture musicale ?

J’aime bien cette question parce que ça permet toujours de se situer par rapport à notre façon de travailler. Disons qu’on a des groupes qui ne vont pas dire grand-chose aux jeunes aujourd’hui, sauf à ceux qui s’ouvrent beaucoup. Il y a les Beatles, les Rolling Stones, Genesis, -d’où est sorti le grand Peter Gabriel qui travaille en solo maintenant-, Super tramps, Eagles. Voilà ce qu’on écoutait et ce qu’on a toujours écouté. A force d’écouter ces gens, vous devenez riches d’inspiration et quand vous attaquez par exemple une chanson Makossa, vous êtes armés de tout ça. Quand vous les mettez dans vos compositions, ça donne un certain caractère, une certaine originalité. En fait, c’est ce qu’on a essayé de faire dans nos chansons et c’est pour cela que les Camerounais ont tellement adhéré, parce que c’était très différent. La chance qu’on a c’est qu’on a amené les Camerounais à nous suivre dans cette richesse mélodique et ils nous ont suivis. Il y a des chansons comme «Smile at Life» qui a été vendue au Cameroun et un peu partout, mais qui n’est qu’une chanson douce imprégnée de beaucoup d’émotions. Voilà les choses qui caractérisent Tim and Foty. Quand on est un artiste qui écrit des chansons, on s’entoure toujours de musiciens professionnels dans le cadre de la réalisation de ces chansons. Je joue de la guitare  mais la particularité qu’on avait c’était que la plupart des arrangements que nos musiciens jouaient était composée par nous.

LVDK : On a du mal à vous ranger dans un style…

Non. N’identifiez pas. Vous n’y arriveriez pas. On a un tort chez nous, c’est qu’on veut toujours mettre une musique dans une case, non. La musique que je fais aujourd’hui par exemple s’appelle de la World Music. Mais quand vous l’écoutez, vous ne croirez jamais que c’est un Camerounais qui l’a faite. La première personne qui a acheté ce disque sur Internet est un Chinois. Donc c’est des musiques qui sont ouvertes à tout le monde. Ce qui donne une certaine force à cette musique, c’est l’émotion qu’elle dégage et c’est la mélodie qu’il y a dedans. Elle interpelle tout le monde. Vous savez, les musiques africaines ne sont pas achetées uniquement pas les Africains, il y a beaucoup d’Européens, d’Américains qui achètent la musique africaine aujourd’hui. Il ne faut pas mettre la musique dans une case, sinon vous faites fausse route. La musique doit être ouverte. Je prends l’exemple tu titre ‘‘Aye’’ (Il chante…), vous le chanter en anglais, en russe, en français, c’est tout aussi bien. Je me rappelle de la chanson ‘‘Neyou’’, sur le deuxième album qu’on a fait. Cette chanson a été achetée par les Anglais alors qu’on était en séance d’enregistrement. La bande nous a été rachetée parce que la mélodie était tellement belle qu’ils l’ont transformée en anglais. C’est pour des artistes parce que non seulement  financièrement c’est très bon, mais au niveau de la notoriété c’est également bon. Ce ne sont pas des chansons qui sont typiques Makossa. C’est une mélodie qui aurait pu être faite par un Anglais, par un Russe ou n’importe qui. Les musiques de Tim et Foty sont une ouverture vers le monde musical en général. Aujourd’hui je connais la plupart des chansons des grands artistes jeunes comme Biyork, comme Norah Jones. C’est des jeunes comme vous mais j’adore leurs chansons, je les chante sur scène. Il ya des gens comme One House qui est décédée mais elle faisait des chansons magnifiques, il y a London Grammar qui sont des artistes qui ne sont pas connus ici. Vous les trouverez sur le net mais il faut avoir la curiosité d’aller écouter parce que quand vous écoutez des chanteurs de leur acabit, ça vous interpelle, vous essayez de faire comme eux. Je crois que pour arriver à ce résultat, il faut déjà être quelqu’un de curieux. Si vous n’êtes pas curieux vous ne pourriez rien. La conséquence quand on ne s’ouvre pas, c’est que, à un moment donné, vous faites des chansons qui commencent à se ressembler. Quand ça se ressemble, ça veut dire que vous êtes déjà limités. Et ça veut dire qu’on ne s’est pas ouvert plus tôt pour essayer d’avancer avec tout ce qui se passe autour de nous. Du coup vous faites du déjà entendu. La force de Tim et Foty c’est que d’un album à l’autre il n’y a aucune ressemblance, et ce n’est pas parce qu’on a décidé qu’il n’y aura pas de ressemblance. C’est parce qu’on y travaille, pour que chaque album ait son caractère et sa force. Quand vous prenez ‘‘Sue Hellen’’, elle a une grande force. ‘‘Loba’’ a sa force, qui est différente de ‘‘Longue’’ ou d’ ‘‘Eda’’. Il faut écrire des chansons dans le but d’intéresser le maximum de personnes possibles, pas des chansons forcément très locales parce qu’à un certain moment ça se bloque. C’est vrai que ce n’est pas donné à tout le monde de s’ouvrir, et aussi d’avoir les moyens de le faire.

Un éditeur tombe directement sous le charme des frères Tim et Foty (Jean Marie Tiam et Maurice Fotié Kembiwo). Deux ans plus tard, ils touchent leur premier chèque
Jean Marie Tiam

LVDK : Comment c’était passé la fameuse affaire Missy Elliott qui avait plagié le titre ‘‘Douala by night’’ ?

Pour arriver à ce que vous savez de ‘‘Douala by night’’, il faut que vous sachiez ce qu’on appelle une édition musicale, ce qu’on appelle être engagé par une maison d’édition. Cette édition protège la chanson à travers l’éditeur et à travers la société des auteurs. Si votre travail à fait l’objet d’un plagiat, vous êtes déjà sécurisés à travers ces deux organismes. La société des auteurs, Sacem, après avoir introduit les éléments de comparaison, m’a écrit en me disant «au vu des éléments que nous avons, au vu des photosynthèses des accords que nous avons, votre dossier est recevable». Quand ça se passe ainsi il faut trouver les avocats spécialisés qui prennent donc contact avec ceux supposés avoir plagié mes chansons. Là c’est le juridique qui tranche, de deux manières : soit un procès pur et dur, soit un procès à l’amiable. Ça a été le deuxième cas pour moi, d’autant plus qu’il faut avoir les moyens pour le procès pur et dur. On peut avoir des résultats plus intéressants mais en combien de temps ? L’avocat avait estimé que l’arrangement à l’amiable est meilleur. C’est ainsi que j’ai gagné le procès contre Missy Elliot.

LVDK : Comment vous rendez-vous compte que votre titre a été plagié ?

Alors, j’ai amené ‘‘Douala by night’’ au studio pour le retravailler, en faire un Rnb. Quand j’arrive au studio avec les musiciens, je passe la ‘‘Douala by night’’ de 1977, les gars me disent «grand frère, c’est la chanson de Missy Elliott. Ce n’est pas la vôtre.» On a discuté, ils ne me croyaient pas, pourtant ils disaient que Missy Elliott a fait la sienne vingt ans plus tard. Mais pour eux, je voulais plagier Missy Elliott. Ils m’ont convaincu d’aller acheter la version ‘‘Dark and hit’’. Ma surprise a été grande quand je l’ai écoutée. C’est à partir de là que j’ai envoyé les deux chansons à la Sacem. Elle a pris six mois pour analyser et sortir son verdict.

LVDK : C’est quoi l’histoire de Tim et Foty au commencement ?

Ce sont des informations confidentielles ça (Rire…). Foty est mon cousin direct. Son papa est le frère de ma mère. On a grandi ensemble tout petit, jusqu’à l’âge adulte, à Douala, Bafoussam, partout où étaient nos parents respectifs. On était tellement ensemble qu’on ne se quittait plus. Même les parents évitaient de nous séparer.

LVDK : Comment naît cette passion commune pour la musique ?

On a grandi à une époque où la musique était très puissante. C’est l’époque des James Brown, des Wilson Pickett, toute cette grande musique noire américaine. Il n’y avait pas encore de musique camerounaise en tant que telle. On n’avait que ça. Les gamins chantaient James Brown, les Beatles par cœur. C’est ce qu’on écoutait quand on allait aux bals. L’amour pour la musique naît chez nous au même moment parce qu’on écoutait les mêmes choses. Il n’y a pas eu de déclic. On a commencé à jouer sans calculer. On a appris à jouer à la guitare. C’est vrai qu’on avait déjà deux grands frères qui jouaient de la guitare. Ça nous a donné envie de jouer et on a acheté nos guitares à l’âge de dix ans. On a fait notre premier bal à 14 ans. Votre papa vous prend dans sa voiture avec vos guitares pour vous amener au bal. C’est nous qui allions jouer pour faire danser les jeunes de notre âge. Vous en connaissez aujourd’hui des parents qui feraient ça ? Il y a beaucoup de concours de circonstances qui  font que la carrière de quelqu’un réussisse. La première circonstance très favorable, c’est l’adhésion de vos parents. Ma mère n’est plus là aujourd’hui. Elle est venue jusqu’en Toulouse où je suis, elle est rentrée dans une salle où j’étais en plein concert. Ma mère, chez qui je ne pouvais jamais espéré voir une larme à pleurer de joie. Il y avait au moins mille personnes dans la salle. Elle a dit, «c’est donc l’importance que mon fils a à l’étranger ?» Quand ma mère était à Bafoussam elle ne payait pas le taxi. Tout le monde la portait parce que c’était la mère de Tim et Foty. Ce que nous avons fait appartient au pays, ça ne nous appartient plus. Si vous voulez tout savoir sur notre parcours, il faut voir le journaliste Debalois. Il a tout sur nous, toute la documentation, la chronologie. On a commencé à 1974 sur le plan musical, sans trop en attendre quelque chose, simplement par passion. On est allé tenter notre chance chez un éditeur qui nous a trouvés intéressants. Il nous a fait signer un contrat d’artiste. C’est un contrat où vous ne dépensez pas un centime, où la maison s’occupe de vos enregistrements, de vos déplacements, de tout. C’était en 1976, on était encore à l’université. J’ai reçu mon premier chèque de ma maison de disque quand j’étais encore à la cité universitaire. Vous voyez ce que ça peut faire sur la vie d’un gamin qui attend toujours les petits 200 Fcfa de son père  ou de sa mère? J’ai payé deux années d’études entièrement, la chambre universitaire pendant deux ans, mes tickets de restaurant pendant deux ans, mes bouquins. Foty a fait l’économie. C’était un grand économiste et c’est quelqu’un  d’extrêmement cultivé. Mon frère Foty dévorait tout ce qu’il y avait à portée de main, économie, politique, tout. Il pouvait te parler de l’économie de l’Union soviétique. Moi j’avais fait du Droit.

LVDK : Comment avez-vous vécu la période de la mort de Foty ?

J’étais là quand il est mort. Ça faisait à peine une semaine que j’étais arrivé. Ça fait un choc. Mais le plus choqué ce n’était même pas moi, mais le monde qui en a pris un grand coup sur la tête. Jusqu’aujourd’hui on n’arrive pas à dissocier Tim de Foty. Les gens m’appellent Tim et Foty. Je n’y peux rien. J’ai été choqué mais je ne veux pas m’étendre là-dessus. Ça été des moments très difficiles. Après tout ceci, j’ai fait quelques solos. J’ai continué à évoluer, bien entendu avec sa force depuis là où il se trouve.

LVDK : Qui vous a le plus soutenu dans ce moment tragique ?

Les artistes ont été formidables. Ils étaient tous là pour les obsèques de mon frère. Quand ça se passe ainsi, on a chaud au cœur.  Mais c’est la musique qui m’a plus aidée. La musique est jouissive pour qui le fait avec passion. Vous savez, ceux qui ont fait la musique pendant des dizaines et des dizaines d’années ont une autre approche de la musique. Quand je prends ma guitare, compositeur que je suis, je joue des chansons, je me fais un plaisir immense même sur le plan physique. La musique, quand on la pratique de façon passionnelle est physique. J’ai un témoigne, et pour moi c’est le meilleur témoignage qu’on puisse faire à un artiste. Quelqu’un m’a dit «je ne savais pas qu’un artiste peut faire pleurer quelqu’un.» Ça veut dire qu’avec ta voix et ton instrument tu peux faire pleurer quelqu’un. J’ai eu des exemples, et je n’en ai même pas conscience. La musique m’a soignée. A force de continuer l’œuvre de mon frère, de reprendre les chansons qu’on avait fait ensemble, c’est comme si je rejouais avec lui.

LVDK : Est-ce que le poids du choc vous a donné envie à un moment donné de tout arrêter ?

Non, non. Si vous faites cela, c’est que vous n’avez rien compris ou bien vous n’avez plus rien dans le ventre. Regardez les grands groupes du monde, les Beatles par exemple. John Lennon est mort, Georges Harrison est mort mais les autres continuent à se retrouver sur scène. Il y a les Eagles, les Bee Gees qui ont perdu un élément, mais ça continue. Je crois qu’il faut continuer à faire ce pour quoi on est fait. Je ne regrette pas d’avoir fait ce choix. J’aurai été derrière un bureau en train de lire les lois ou à la barre. Après la mort de mon frère en 2011, j’ai sorti cinq albums. J’avais déjà un solo avant, lui aussi. On avait cette liberté, puisque je suis en France et lui vivait au Cameroun. Mes cinq albums se vendent sur le net, puisque les Cd ne se vendent plus aujourd’hui. Ils ne sont pas très connus ici. Raison pour laquelle les gens disent souvent que je ne fais plus la musique. Il y a des spectacles à l’étranger, mais le premier que je vais faire au Cameroun, depuis vingt ans c’est dans quelques jours. Le vendredi 24 novembre à Douala Bercy, le 30 novembre à la salle de la Croix rouge à Yaoundé, et à Bafoussam ce sera le 8 décembre à la Maison du parti.

LVDK : Que représente ce concert pour vous ?

D’abord ce sont les quarante ans de Tim et Foty. Je n’aimais pas beaucoup ce terme, parce que ça sonnait un peu comme une fin de carrière. Mais il fallait commencer par là. C’est aussi une façon de reprendre contact avec les Camerounais, et en profiter pour rendre hommage à mon frère. En fait, il y a beaucoup de symboles là dedans.

LVDK : Serait-ce indiscret de demander votre âge ?

Un artiste ne donne jamais son âge. Prenez-le comme une information très importante. Un artiste n’a pas d’âge. C’est comme si vous me demandez de quelle région je suis. Ce sont des questions auxquelles je n’aime pas répondre parce que c’est une connotation un peu tribaliste. Quand on a fait ce qu’on a fait et qu’on est aimé par des Camerounais de tous bords, ce n’est pas le moment de demander notre origine. Je suis Camerounais, un point. Je parle le bassa, bamoun, ewondo, duala. J’ai des Haoussa dans ma famille. Nous avons vécu à une époque où le tribalisme n’avait pas de place, et c’est une très grande richesse pour moi. Quand je vois ce qui se passe aujourd’hui, rien qu’en pensant à ce que j’ai vécu, ça me réconforte. Aujourd’hui c’est dramatique. Il y a deux musiciens qui sont de la même époque que moi -Jacskon Berry et Manuel Nguisso-, qui me disent que les duala, les ewondo se sont jetés sur   nos disques, tout le Cameroun. Ils me disent, que le Cameroun ne connaissait pas le tribalisme. On appréciait ce qu’on entendait.  Aujourd’hui, le clientélisme a pris la place de la musique. On passe tel artiste pour x raison. Quand on fonctionne ainsi, on ne rend pas service à la musique. On l’enfonce. S’il fallait fonctionner d’une façon nombriliste, je ne serais personne en Europe, je n’aurais jamais gagné l’affaire Missy Elliott.

LVDK : Quelle lecture l’artiste que vous êtes faites du problème anglophone ?

Je dis souvent que la politique est un métier noble, mais il faut laisser aux politiques, le temps de s’en occuper. Vous savez, la grande force d’un homme politique, c’est sa capacité au compromis. Je l’ai dit plusieurs fois. Quand on est un homme politique, on doit savoir s’asseoir autour d’une table, discuter, parce que ce sont tous des gens intelligents, je suppose. Il faut discuter, trouver un moyen pour que le pays fonctionne. En Allemagne, Angela Meckel n’a pas eu toute la majorité nécessaire pour gouverner. Qu’est-ce qu’elle a fait ? Elle a fait un compromis avec une formation politique dont elle ne partage pas les idées. Tout ça pour faire fonctionner les institutions, pour faire avancer le pays. C’est ça la force du politique. Or chez nous, on a une grande zone anglophone qui nous est indispensable. Il faut donc que ces messieurs s’essayent, qu’ils discutent et qu’ils trouvent une solution. C’est tout ce que je peux dire. Je n’ai pas de solution miracle. Dans la vie, il n’y a que le dialogue qui fait avancer la société.

Entretien avec Valgadine TONGA

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