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Innocent CHIA : « Les banques camerounaises ont une vision très limitée »

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Le Directeur d’Oriole Resources Plc, Innocent Chia, n’a pas fait dans la langue de bois ce jeudi 18 juin 2026 au Salon Promote. Lors de la table ronde sur l’investissement dans le secteur minier, organisée au pavillon de Grande Bretagne, les échanges ont beaucoup tourné sur l’avenir porteur du secteur minier pour le Cameroun, et le manque d’ambition des banques.

Au Salon Promote à Yaoundé, les débats dans le pavillon Great (de Grande Bretagne) se suivent mais ne se ressemblent pas. Ce jeudi 18 juin 2026, la discussion tournait autour de l’investissement dans le secteur minier. Au centre du panel, le Directeur général d’Oriole Resources Plc, initiateur de la rencontre. « Nous avons organisé cet échange parce que personnellement je veux que les Camerounais soient les réels champions de leurs investissements et de notre développement. Je travaillais dans l’industrie de la finance en Grande Bretagne, mais j’ai choisi de rentrer au Cameroun pour rendre à ce pays, ce qu’il m’a donné », dixit Innocent Chia.

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Le secteur minier est l’avenir du Cameroun, mais il semble à l’abandon, regrette le chef d’entreprise dans ses interventions : « C’est le secteur qui va propulser le Cameroun. J’invite la communauté des banques, les Camerounais à se réveiller et à saisir les opportunités qu’offrent le secteur minier, avant que les étrangers ne viennent nous damer le pion ». Innocent Chia ne prend pas les gans quand l’entrepreneur qu’il est, affirme que « les banques camerounaises ne sont pas ouvertes. Les banques camerounaises ont une vision très limitée. Elles opèrent à court terme, lors que le secteur porteur de l’avenir de ce pays s’inscrit dans le long terme. C’est pour cela que j’ai lancé cette discussion à l’attention du secteur bancaire. Mon vœu est que les banques camerounaises changent leurs stratégies. C’est le secteur minier qui va définir le futur de ce pays, il faut donc que les banques s’impliquent. Aujourd’hui on parle à travers le monde de dédollarisation. Chaque pays veut transformer ses réserves en or, c’est pourquoi vous voyez le prix de l’or grimper. C’est le moment pour le Cameroun de réformer le secteur et pour tous les acteurs de saisir l’opportunité ».

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A Access Bank, seule entreprise bancaire présente à ce rendez-vous, on se veut prudent. Etudier les contours du secteur avant d’envisager d’y entrer et d’apporter le support financier nécessaire aux sociétés comme Oriole Resources Plc. Elle est d’ailleurs l’unique entreprise du secteur minier du pays, dirigée par un Camerounais.

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Pour l’heure, ce sont surtout les étrangers qui font les beaux temps du secteur, notamment les Chinois. La politique du gouvernement encadrant le secteur est pourtant clair, comme le martèle Agbor Kareen Ojong, la Directrice de géologie au ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique : « Le secteur minier au Cameroun n’appartient pas aux Chinois comme vous le dites. Il est ouvert à tout le monde. Au Cameroun, nous avons le secteur artisanal, qui est uniquement exécuté par les Camerounais. Ils ne payent aucune taxe, ils ne reversent rien à l’Etat. Tout ce qu’ils produisent leur revient et c’est la volonté de l’Etat. Nous avons ensuite l’artisanat semi-mécanisé où vous retrouvez les Camerounais et les étrangers. Dans cet artisanat semi-mécanisé, au moins 51% du marché sont occupés par les nationaux. Ce sont d’ailleurs les Camerounais qui vont eux-mêmes chercher les étrangers, afin qu’ils assurent le volet semi-mécanisé. Maintenant, vous avez le secteur de l’exploitation qui est beaucoup plus assuré par les étrangers parce qu’ils maîtrisent beaucoup plus le savoir-faire, et ils ont la technologie ».

Le transfert de technologie ne peut servir de catalyseur qu’en cas de collaboration franche entre les acteurs du secteur minier et la communauté bancaire.

Valgadine TONGA

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