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Bartender : Joachim Francis Ongolo et l’art des cocktails

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Joachim Francis Wise Ongolo, bartender ou du moins barman
Joachim Francis Wise Ongolo en action.

À partir des boissons classiques, ce jeune camerounais crée des mélanges aux goûts et saveurs exceptionnels. À la découverte de ce professionnel des métiers de la nuit, qui émerveille les palais de ses clients.  

Avez-vous déjà goûté au «crazy Job» ? Peut-être pas. Ce breuvage fait à base de café, de vodka et de whisky, auquel on ajoute de la crème afin de lui donner un goût doux et moelleux est une trouvaille du jeune Joachim Francis Wise Ongolo, bartender ou du moins barman dans une discothèque à Douala. Selon ce dernier, cette boisson est  énergisante, combat la fatigue et maintien en forme. D’ailleurs, il n’hésite pas lui-même à en consommer avant de prendre son service. «C’est une de mes recettes. Parce que moi-même je travaille dans la nuit et je ne dors presque pas. Lorsque je finis ici, j’ai d’autres activités en journée. C’est plus que du café noir», confie Joachim.

Ingéniosité, audace et créativité

Comme cette potion, Joachim dispose de plusieurs recettes dans ses tours de manche, qu’il peut concocter à partir des liqueurs que tout le monde connait, et ce en fonction du client. Pour cela, «il faut déjà connaître les goûts des différents types d’alcool, connaître comment les mixer. La plupart du temps, on crée des cocktails à chaque minute. En plus des cocktails classiques qu’on connait, on peut créer une multitude de cocktails en mélangeant les différentes boissons. On ne mélange pas au hasard, il faut savoir ce que tu mélanges», explique ce féru de cocktails pour qui «la meilleure façon de prévoir l’avenir, c’est de créer».

À partir des boissons classiques, ce jeune camerounais crée des mélanges aux gouts et saveurs exceptionnels. À la découverte de ce professionnel de la nuit qui régale les palais de ses clients.  

Joachim Francis, le bartender.

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C’est à ce niveau que réside la différence entre le bartender et les barmen des snacks bars qui se contentent de servir la commande du client. «Nous sommes qualifiés de bartender. Le bartender est celui qui s’y connait dans le mixage des alcools. Il prépare les boissons. Tu peux arriver, tu me dis, je suis enrhumé, qu’est-ce que je peux prendre. Je ne vais pas  te donner la bière ; je vais te faire une boisson qui va atténuer ton rhume même si il ne te soigne pas. Nous fabriquons des boissons en dehors de ce que tout le monde connait. Par contre le barman qui est dans un snack se contente juste de servir. Il se limite à cela», argue Joachim Francis.

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Pour être bartender, il faut maîtriser l’art de mélanger les boissons pour donner un cocktail. Il faut faire preuve d’ingéniosité, d’audace et de créativité. Comme la plupart des métiers, le bartender nécessite une formation qui malheureusement n’existe pas encore au Cameroun. Il faut se former en Europe ou sur internet. Quant à Joachim, «je me suis formé en France. Un de mes cousins qui m’avait tiré avec lui. J’étais serveur dans une discothèque là-bas. Je travaillais avec des professionnels. Je les regardais faire. Un jour, on a eu un problème avec le staff. Tout le monde a été viré sauf moi. Je suis resté le seul serveur en salle. Lorsqu’on a recruté de nouvelles personnes, le patron a jugé que j’étais déjà apte, vu mon ancienneté. Il m’a mis derrière le comptoir. Mon travail consistait à laver les verres. Pendant ce temps, je regardais faire le patron. Un jour, il m’a dit de lui  faire une composition pour me tester. Ce que j’ai fait bien que j’avais un peu peur. Quand je l’ai fait, il m’a dit, dorénavant, tu travailleras comme barman.  C’est ainsi qu’au fil du temps, je me suis formé et j’ai acquis de l’expérience. Ensuite j’ai approfondi grâce aux livres, sur internet ainsi de suite. Puis je suis rentré au pays», raconte enthousiaste Joachim.

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En dépit de quelques difficultés liées à la gestion des stocks de boissons et le manque de stabilité dans ce milieu, ce métier de bouche qui semble encore être dénigré dans notre société, nourrit son homme. Comme dit l’adage, « il n’y a pas de sot métier».

Blanchard BIHEL

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