Les mélomanes ont savouré les offres vocales et scéniques de la chanteuse Adango Salicia au Salon International des Voix de Fame de Douala.

Il y a des voix qui bercent. Il y en a d’autres qui vous arrachent du sourire. Et puis il y en a qui vous imposent un «Waouh !» assortir de frissons. Adango Salicia est de cette dernière catégorie. Hors de la scène, vous verrez un bout de femme toute sage, à l’apparence timide. Détrompez-vous. Il lui suffit d’être sur scène pour que la métamorphose s’opère. Les amoureux de la musique patrimoniale qui ont assisté aux shows case dans le cadre du Salon International des Voix de Fame (qui s’est déroulé du 22 au 25 mars 2017 à Douala) s’en sont bien rendu compte.
Dès les premières notes, des regards inquisiteurs se croisent dans la salle du Jazz Club La Chaumière. C’est quoi cette voix ? S’interroge-t-on. Et ce style ? Que de questions que suscitent la prouesse et l’élégance vocale d’Adango Salicia. Sur ses titres «Sisi», «You don’t comot», vous retrouvez de la Soul, du Funk qu’elle sert avec une générosité empreinte d’humour. On se croirait dans les années 90 avec Tracy Chapman. Elle domine sa scène, joue avec ses musiciens, échange avec son public, quitte à se déchausser. Tant mieux si le public se régale. «Sweet Sexy» révèle la folie, le côté sensuellement audacieux de la chanteuse. Qui a vu Tina Turner sur scène peut se faire le film.
Adango Salicia est un mélange de sang gabonais et camerounais. Ses références vocales viennent plutôt d’ailleurs. Shirley Bassey, Miriam Makeba, Tracy Chapman, Macy Gray sont ses idoles. «Je me suis basée sur ce qu’elles faisaient. Petit à petit j’ai pris un peu d’elles», dit l’artiste. N’empêche qu’elle est ravie quand on lui indique déceler dans sa voix un brun de Bébé Manga. Déjà trois singles sur le marché, cette femme à la peau d’ébène a toujours du mal à se situer dans un style de musique bien précis. «J’ai un style très varié. Il n’est pas totalement funk. Je ne pourrai pas le définir moi-même. J’ai eu beaucoup d’artistes et de styles qui m’ont influencés, que ce soit dans le Jazz, le Hip Hop, la musique patrimoniale, le Blues. Déjà à la base, j’aime bien le Blues. Je pense que je tire tout ce que je fais de la fusion de tous ces styles.» Cette fusion n’est pas pour déplaire à l’ouïe. Le monde musical devra compter avec des jeunes comme Adango. Et elle le martèle : «J’ai l’âge qu’il faut pour faire des choses bien.»
Valgadine TONGA