De Dibombari à Kienké, en passant par Mbongo, Édéa et Mbambou, la Socapalm a transformé Octobre Rose en une véritable lame de fond sanitaire. Vaccinations, dépistages, marches et sensibilisations : retour sur une campagne qui a mobilisé bien au-delà des chiffres.
En octobre, le ruban rose a pris corps à Kienké, Mbongo, Édéa, Mbambou et Dibombari. Dans les centres médicaux, les écoles et les villages, la campagne a visé la prévention des cancers féminins et leur détection précoce. Tout au long du mois d’octobre 2026, la Socapalm a déployé sur l’ensemble de ses sites (Dibombari, Mbambou, Kienké, Mbongo et Édéa), un dispositif sanitaire d’envergure pour lutter contre les cancers du sein et du col de l’utérus. Le bilan est à la hauteur de l’ambition : plus de 320 femmes dépistées ou mobilisées, plus de 130 enfants vaccinés contre le papillomavirus humain (HPV), des centaines de participants aux marches roses et aux ateliers éducatifs. Derrière ces chiffres, une philosophie : faire de la santé au travail non plus un slogan, mais une réalité quotidienne.
C’est à Kienké que la campagne a connu son épilogue, le 31 octobre, au centre médical de la Socapalm. Près de 150 femmes y ont été examinées, tandis que 80 jeunes filles de 9 à 14 ans ont été vaccinées contre le HPV avec l’accord de leurs parents. Pour le Dr Aurélien Djomga, médecin du travail sur le site depuis 2022, ce résultat traduit « quatre ans d’adhésion progressive des travailleuses au message de prévention. » La semaine avait débuté le 26 octobre par des interventions en milieu scolaire. Notamment les écoles publiques Socapalm V1 A et B, lycées et collège bilingue, avant de culminer par une journée de causeries pratiques : autopalpation, hygiène intime, circuit de prise en charge. Le tout s’est achevé par un match de football entre travailleuses, rappelant que le sport participe pleinement du bien-être. « Les travailleurs ont compris qu’ils sont les premiers acteurs de leur prévention », se félicite le médecin.
La proximité comme méthode
Sur le site de Mbongo, le Dr Patricia Epopa a orchestré l’initiative la plus étendue. Dès le 12 octobre, les équipes ont sillonné les écoles, vaccinant 50 enfants contre le HPV. Le 23 octobre, des gynécologues dépêchés de Douala ont réalisé des dépistages du sein et du col de l’utérus pour environ 90 femmes. Le 28 octobre, le directeur de plantation Carlos Ferreira a lui-même pris la parole devant la communauté avant de conduire une « Marche Rose » de 5 kilomètres, du centre médical au stade V5 via Aviation. Une mobilisation mixte, hommes et femmes côte à côte, pour signifier que la santé féminine engage tout le personnel.
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À Édéa, le même 28 octobre, le Dr Liliane Miassé a animé une conférence-débat à la case de passage, en présence de la direction locale, avant qu’une cinquantaine de femmes ne parcourent 6 kilomètres aller-retour entre le dispensaire et le secteur V3. Les échanges ont porté sur la prise en charge du malade et le soutien du partenaire, de la famille et de l’employeur. À Dibombari, le 24 octobre, l’infirmerie a organisé une journée de diagnostic gratuit réunissant toutes les catégories professionnelles. « Préserver la santé de nos travailleurs et de leurs familles maintient un équilibre essentiel », a souligné le Dr Carole Eyoum Njowe, rappelant qu’un travailleur fragilisé par une crise sanitaire voit sa performance décliner. À Mbambou, enfin, l’approche s’est voulue plus diffuse : équipes dans les écoles, les cités d’habitation et les départements, appuyées par des supports numériques, pour toucher les femmes sur leurs lieux de vie et de travail.
Un ruban en cache un autre
La synthèse est éloquente : à Kienké, 80 enfants vaccinés et 150 femmes dépistées ; à Mbongo, 50 enfants vaccinés et 90 femmes dépistées ; à Édéa, 80 femmes mobilisées ; à Dibombari et Mbambou, des centaines de personnes sensibilisées. Au total, plus de 130 enfants protégés et plus de 320 femmes examinées ou accompagnées. Ces données ne mesurent pourtant qu’une partie de l’impact. « La participation initiale n’est que la première étape », insistent les responsables médicaux. Le véritable succès repose sur le suivi post-dépistage, le traitement rapide des résultats et des parcours d’orientation clairs vers les soins spécialisés.
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En faisant venir des spécialistes, en organisant le transport des femmes des villages voisins, en mêlant vaccination des jeunes, dépistage des aînées et activité physique, la Socapalm a posé les fondations d’une démarche durable. Et le ruban rose n’est pas près de se ranger : dès jeudi, 5 novembre, l’entreprise remet la même énergie au service des hommes, avec Novembre Bleu dans ses différents sites. Même méthode, même ancrage local, même exigence : informer sur les cancers de la prostate et des testicules, transmettre les réflexes d’auto-détection, encourager à consulter sans tabou. Car à la Socapalm, la prévention n’est pas un mois de l’année. C’est un état d’esprit.
Cheikh Malcolm EPANDA





