Créé en 1978, cet établissement scolaire fait face à des défis structurels majeurs. Manque d’enseignants, absence de clôture, bloc administratif vétuste, carence de laboratoires et d’infrastructures sportives, le lycée bilingue de Messamena est en agonie. Une situation qui interpelle le Minesec.
Le contraste est saisissant. Ce 10 octobre 2026, le lycée bilingue de Messamena accueillait avec faste le lancement de la caravane « Éducation numérique et gouvernance scolaire ». Les discours officiels, les sourires protocolaires et les promesses d’avenir ont rempli la cour d’honneur. Mais derrière la vitrine, une réalité bien plus sombre persiste. Celle d’un établissement qui, depuis près d’un demi-siècle, se débat pour offrir une éducation digne à ses élèves. Les chiffres donnent les vertiges. Le lycée bilingue de Messamena compte 24 divisions. Dans la section francophone, il faut 35 enseignants pour fonctionner normalement. Mais il n’en compte que 20. Dans la section anglophone, la situation est encore plus critique. 23 enseignants seraient nécessaires, mais seulement 3 sont en poste. « Il y a des matières où il n’y a aucun enseignant, en l’occurrence les mathématiques et les sciences physiques », a déploré Micheline Molougo, proviseure de l’établissement, lors de son allocution.
Une situation qui impose à ceux qui sont en poste, une charge de travail particulièrement lourde, au détriment de la qualité des enseignements et de la couverture optimale du programme. Dans une région où l’éducation est déjà fragilisée par l’enclavement et la pauvreté, cette pénurie d’enseignants sonne comme une double peine pour des milliers d’élèves.
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Un bloc administratif terne
« L’état de vétusté du bloc administratif construit depuis la création de l’établissement en 1978. Suivez mon regard ». La formule de la proviseure, prononcée avec respect mais fermeté, résume une réalité difficile à cacher. Après plusieurs décennies de fonctionnement, cet édifice nécessite aujourd’hui une réhabilitation profonde, voire la construction d’un nouveau bâtiment, afin d’offrir au personnel administratif et aux usagers un cadre de travail à la hauteur des exigences actuelles du service public de l’éducation. Autre préoccupation majeure : l’absence de clôture de l’établissement. Une situation qui pose un problème crucial de sécurisation des élèves, du personnel et des infrastructures scolaires.
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Sans cette clôture, impossible de matérialiser correctement l’espace réservé à l’établissement, de contrôler les entrées et sorties, ou de protéger le matériel, y compris les ordinateurs récemment offerts par le Comité de développement de Messamena. Le lycée bilingue de Messamena ne dispose pas non plus de laboratoire. Une aberration pour un établissement qui prépare des élèves aux examens scientifiques, et qui ne compte pas dans ses rangs des enseignants de mathématiques et de sciences physiques. L’absence d’infrastructures sportives respectant les normes est également pointée du doigt, privant les élèves d’un cadre adapté à leur épanouissement physique et à la pratique encadrée du sport.
Une espérance malgré tout
La proviseure a tenu un discours équilibré, refusant d’opposer les deux priorités : « Nous disons oui au numérique, sans toutefois mettre à l’écart l’importance de l’enseignant pour mieux l’implémenter ». Une manière de rappeler que l’outil technologique, aussi performant soit-il, ne saurait remplacer un enseignant en chair et en os face à des élèves. Malgré ces difficultés, la communauté éducative du lycée bilingue de Messamena refuse de baisser les bras. « Ces difficultés ne diminuent en rien notre détermination. Bien au contraire, elles renforcent notre engagement à poursuivre notre mission avec les moyens qui nous sont disponibles », a assuré Micheline Molougo.
L’établissement a d’ailleurs émis une doléance précise : accueillir un Centre de ressources multimédia, pour que l’élan numérique de la caravane ne retombe pas après son passage. Les doléances du lycée bilingue de Messamena ont été enregistrées par la représentante du ministre des Enseignements secondaires, qui a promis de les transmettre à qui de droit (Madame le Ministre). Reste à savoir combien de temps faudra-t-il attendre. En attendant, les élèves de Messamena continuent d’apprendre dans des conditions qui, pour beaucoup, relèvent de l’exploit quotidien.
Ange-Gabriel OLINGA BENG





