Du 10 au 18 octobre 2026, la caravane « Éducation numérique et gouvernance scolaire » du Comité de développement de Messamena (Codem) initie élèves, enseignants et parents à l’usage du numérique et à une gestion scolaire plus transparente.
La pluie qui s’est abattue dans la mi-journée du samedi 10 octobre 2026 à Messamena n’a pas empêché la caravane « Éducation numérique et gouvernance scolaire » de poser ses valises au lycée bilingue de la ville. Portée par le Comité de développement de Messamena (Codem), en partenariat avec le ministère des Enseignements secondaires, cette initiative citoyenne, première du genre, s’achève le 18 octobre 2026. Elle doit parcourir les huit établissements scolaires secondaires de l’arrondissement de Messamena, pour une immersion technologique et une réflexion sur la gouvernance scolaire.
Le jour du lancement de ladite caravane, Prosper Abe’ele, président du Bureau exécutif national du Codem, a été direct. « Le numérique n’est plus un luxe. C’est une nécessité absolue et une condition sine qua non d’intégration dans la société moderne ». Dans la région de l’Est où la fracture numérique reste une triste réalité, ses mots ont résonné comme un appel à la justice sociale. Passant de la parole à l’acte, il a solennellement remis dix ordinateurs complets à la communauté éducative. Le lycée bilingue de Messamena et le lycée technique en ont reçu trois ordinateurs chacun, et les quatre autres répartis entre les Collèges d’enseignement secondaire (Ces) de Koua, Dimpam, Doumo-Mama et Ngoulmakong, où la caravane passera dans les prochains jours. Pour beaucoup d’élèves du coin, il s’agit de la première rencontre concrète avec l’outil informatique. « Nous voulons démystifier la technologie et doter nos enfants des compétences concrètes pour leur parcours académique et professionnel », a martelé le président du Codem. Conscients que la technologie sans éthique ne vaut rien, les organisateurs ont intégré dans cette caravane la sensibilisation sur la cyber-éthique et l’usage responsable des réseaux sociaux, afin d’armer la jeunesse contre les dérives virtuelles.
Six modules pour une école moderne
Pendant deux week-ends, les 10-11 et 17-18 octobre 2026, six modules seront déroulés à chaque étape sur le respect du calendrier officiel de paiement des frais de scolarité ; le paiement en ligne des frais scolaires et d’examens ; la numérisation des enseignements ; la gouvernance des établissements ; la gestion des associations de parents d’élèves et enseignants (Apee) ; et le partenariat entre l’école, la famille, la communauté et le secteur privé.
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Dans son message de circonstance, Bernadette Mbiah Sansi, représentante du ministre des Enseignements secondaires (Minesec), a rappelé l’engagement personnel de la ministre, Pr Nalova Lyonga Egbe, à moderniser le système éducatif camerounais. Pour elle, « l’amélioration de la qualité de l’éducation constitue une préoccupation majeure des pouvoirs publics. Elle exige non seulement l’engagement de l’administration scolaire et des personnels éducatifs, mais également la participation active des familles, des communautés et de l’ensemble des partenaires de l’école ». Devant la salle de classe transformée en espace d’innovation, plus de 500 élèves venus de divers établissements scolaires secondaires ont pu s’initier aux technologies de l’information et de la communication. Cet atelier pratique et interactif a permis à ces élèves, souvent privés d’accès aux outils numériques, de toucher du doigt un savoir contemporain qui semblait jusqu’alors réservé aux grandes métropoles.
« Zéro cash »
Autre innovation majeure, le concept « zéro cash dans l’établissement ». Fondé sur la dématérialisation et la transparence, il constitue une avancée importante dans la modernisation de la gouvernance scolaire. Les tables rondes réunissant chefs d’établissement, corps enseignant, conseils d’établissement et bureaux des Apee permettront de concrétiser sur le terrain les directives ministérielles relatives à la dématérialisation des flux financiers.
A Messamena, le Maire, a salué cette initiative qui inscrit sa Commune à l’ère numérique, et qui ouvre à sa jeunesse des horizons d’apprentissage, d’insertion et d’épanouissement jusqu’alors inaccessibles. Alfred Nkouok, a toutefois lancé un plaidoyer vibrant. « Cette noble initiative ne connaîtra un succès véritable et pérenne que si nos villages sont continuellement alimentés en énergie électrique et disposent d’une connexion stable et effective à Internet ».
Sous les tentes, les visages illuminés des élèves en disaient long. Pour eux, cette caravane n’est pas qu’une opération de communication. C’est une promesse : celle d’une école qui ne les oublie pas, d’un avenir qui ne se décide plus uniquement dans les grandes villes. « Madame la ministre rappelle que votre réussite dépend de votre assiduité, de votre discipline, de votre travail et du respect des règles de la vie scolaire », leur a lancé sa représentante. Des mots qui, dans ce contexte de fragilité éducative, prennent une résonance particulière. Dans les enceintes des établissements, la caravane propose des ateliers d’initiation au numérique éducatif pour les élèves, ainsi que des sessions d’échanges sur la gouvernance scolaire entre équipes éducatives, parents d’élèves et autres participants.
Ange-Gabriel OLINGA BENG





