Le Forum de validation technique du Plan de Convergence (2026-2035) qui s’est ouvert jeudi 17 septembre 2026 au siège de la Comifac, devra à terme, faire du Bassin du Congo l’une des principales destinations mondiales pour les investissements verts, la bioéconomie et les solutions fondées sur la nature.
La Commission des Forêts d’Afrique Centrale (Comifac) a ouvert à son siège ce jeudi 17 septembre 2026 à Yaoundé, le Forum de Validation technique sous-régional du Plan de Convergence de troisième génération la Comifac (PC3). Plus qu’un document, le Plan de Convergence veut construire solidement et durablement l’avenir des forêts de l’Afrique Centrale. La Comifac présente d’ailleurs le PC3 comme l’instrument stratégique de référence permettant aux États membres, aux institutions régionales, aux PTF (partenaires techniques et financiers), au secteur privé à la société civile et à toutes les autres catégories d’acteurs d’harmoniser et aligner leurs interventions sur une vision commune des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale.
Pendant deux jours, les représentants des Coordinations Nationales de la Comifac, les représentants des Organisations Sous-Régionales, les partenaires techniques et financiers, les Institutions Financières Internationales et Banques Multilatérales de Développement, les Organisations de la Société Civile entre autres, vont examiner et valider sur le plan technique, le projet de PC3 de la Comifac et renforcer l’adhésion ainsi que l’engagement des parties prenantes en faveur de sa mise en œuvre.
Grand massif forestier tropical au monde
Les enjeux sont considérables, entre les affres du « changement climatique, la perte de biodiversité, la dégradation des terres, pression constante sur les ressources forestières, mais également besoin de développement économique, de sécurité alimentaire, d’emplois et d’amélioration des conditions de vie de nos populations. Ces défis s’inscrivent dans un contexte international marqué par des engagements et des mécanismes nouveaux en faveur du climat, de la biodiversité et des forêts. Face à cette transformation, l’Afrique centrale doit porter ses propres priorités et mieux valoriser sa contribution exceptionnelle aux équilibres écologiques de notre planète », a martelé sans ambages le ministre des Forêts et de la Faune, Jules Doret Ndongo. Et de poursuivre dans son allocution : « Le Bassin du Congo, deuxième plus grand massif forestier tropical au monde, constitue à la fois un patrimoine naturel d’importance planétaire et un précieux capital pour le développement de nos États et de nos populations. Notre défi collectif est donc de conserver ce patrimoine exceptionnel tout en le transformant davantage en opportunité de développement durable, de création de richesse et d’emplois verts. C’est cette ambition justement que porte le Plan de Convergence 2026-2035 soumis à votre examen. Notre ambition est de passer progressivement d’une logique de projets dispersés à une véritable logique de portefeuille régional d’investissement et de faire du Bassin du Congo l’une des principales destinations mondiales pour les investissements verts, la bioéconomie et les solutions fondées sur la nature », dixit le ministre.
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La particularité de ce plan réside dans le fait qu’il allie gestion durable des écosystèmes forestiers et développement économique, la biodiversité et environnement, gouvernance et financement durable, ainsi que science, savoir, innovation et communication. Les faits racontent que tout commence en 2005. Les 11 Etats de la Sous-région Afrique Centrale ratifient un traité relatif à la conservation et à la gestion durable des ressources forestières et environnementales dans le Bassin du Congo. Pour la bonne pratique de ce traité, la première version du Plan de Convergence voit le jour. Comme le rappelle Dr Hervé Martial Maidou, Secrétaire Exécutif de la Comifac, « cette première version sera révisée pour la période 2015-2025 tenant compte des thématiques émergentes liées au contexte socio-environnemental et économique. Les principaux amendements étaient focalisés sur le changement climatique et la stratégie de mobilisation des ressources en faveur de notre sous-région. Aujourd’hui, nous sommes arrivés à la troisième version de ce plan pour la période 2026-2035 où d’énormes amendements y ont été apportés, aussi bien dans l’approche méthodologique à travers une large consultation de tous les acteurs, mais surtout de la restructuration de ce document tout en capitalisant les acquis et les enseignements des précédentes périodes. »
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Le processus de révision de ce Plan de Convergence a démarré depuis septembre 2025. Aujourd’hui, le Secrétariat Exécutif de la Comifac invite une fois de plus toutes les parties prenantes à travailler en tenant compte du contexte et des engagements internationaux : le Cadre mondial de la biodiversité, l’Accord de Paris sur le climat, les Objectifs de Développement Durable et l’Agenda 2063 de l’Union Africaine.
Représentant de l’Union Européenne, Houben Patrick souligne que « l’Union européenne accompagne depuis de nombreuses années la Comifac et plusieurs de ses instruments. Je voudrais à ce sujet notamment souligner l’importance de l’Observatoire des Forêts d’Afrique Centrale (OFAC), dont le développement et la consolidation sont essentiels pour disposer de données fiables, partagées, utiles pour les décisions politiques. Depuis de longues années, l’UE est présente en soutien à l’OFAC et le continuera dans les années à venir. L’Union européenne se réjouit de participer à ce travail collectif et réaffirme avec ses États membres sa volonté de poursuivre son partenariat avec la Comifac et ses États membres en faveur d’une gestion durable des forêts d’Afrique centrale au bénéfice des populations et de la préservation d’un patrimoine naturel d’importance mondiale ».
Le représentant du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (Pnue), Fabrice Inkokoy, a également réaffirmé la détermination de son organisation « à mobiliser ses initiatives, ses ressources scientifiques, et ses partenaires pour appuyer l’appropriation politique, la recherche de financement durable, et la pleine mise en œuvre de ce Plan de Convergence ». Le document final qui sortira des travaux, sera sur la table du 12ème Conseil ordinaire des ministres.
Valgadine TONGA






