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Développement durable : biodiversité et population autochtone, le combat de l’équilibre

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Chacun a besoin de l’autre pour exister, la population encore plus. Mais la survie de ces deux forces en présence n’est pas toujours aisée au Cameroun.

Marcellin Bema est un fils Ebo, zone située dans la région du Littoral au Cameroun. Tout ce qu’il sait aujourd’hui de ses origines, c’est qu’il est Banen. Le peuple Banen (dispersé aujourd’hui dans l’arrondissement de Yingui et de l’arrondissement de Ndikiniméki) est autochtone d’Ebo. Pourtant, l’opinion pense que Ebo est une forêt primaire qui n’a jamais été habitée. «C’est faux. C’était même une zone densément peuplée. Il y avait le peuple Banen, en particulier le clan Ndogbiakat qui vivait pendant des siècles en parfaite collaboration avec la faune et la flore qui peuplaient cette zone de montagne (peuplée en majorité de gorilles, de chimpanzés et de quelques éléphants). Cette partie du pays avait été sommée par les autorités de déguerpir pendant la période du maquis.

La forêt d’Ebo

«Les peuples avaient reçu la promesse d’être rétablis dans leur territoire par la suite. Rien n’a été fait, 60 ans plus tard. Aujourd’hui on veut faire de tout cet endroit une aire protégée. Nous les ressortissants de cette zone  sommes dispersés à travers le Cameroun. Nous ne pouvons pas enterrer nos morts comme le veut la coutume bantou. Quand l’un de nous meurt, à Yaoundé, à Douala…c’est là-bas qu’il est enterré. On ne peut pas préserver la biodiversité sans tenir  compte de l’humain, des droits de ceux qui ont ce territoire ancestral

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Le témoignage de Marcellin Bema, Chef Cellule Communication au ministère de l’Environnement et du Développement durable, a créé la stupéfaction chez les journalistes, rassemblés les 6 et 7 avril 2022 à Douala. C’était à la faveur de l’atelier d’information et de sensibilisation des professionnels des médias à la Nouvelle approche de la Conservation et aux piliers stratégiques du WWF Cameroun.

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Quelle est la frontière entre la conservation de la biodiversité et la sauvegarde des populations autochtones ? Comment faire le juste milieu ? Le Fonds mondial pour la nature (WWF) est aujourd’hui le principal acteur au Cameroun qui milite pour la conservation de la biodiversité. «Au niveau du WWF, nous faisons ce qu’on appelle inclusive conservation. C’est-à-dire mettre l’Homme au centre de la conservation. Il n’y a pas une barrière étanche entre la conservation de la biodiversité et le bien-être de l’Homme ; parce qu’on a bien compris que les communautés locales et les peuples autochtones pour qui nous travaillons sont les premiers qui ont gardé la biodiversité», argue le Directeur de la conservation WWF Cameroun, Gilles Etoga. Et d’argumenter : «C’est le savoir traditionnel des peuples autochtones qui a permis de garder la forêt pendant des siècles. Quand nous partons en forêt pour faire le bio-monitoring, on associe systématiquement les communautés locales parce que les méthodologies que nous utilisons en forêt ont besoin du savoir-faire traditionnel pour détecter par exemple que c’est un éléphant qui est passé ici, que là ce sont les traces d’un gorille ou d’un chimpanzé. Les communautés savent le faire mieux que nous tous

Chacun a besoin de l’autre pour exister, la population encore plus. Mais la survie de ces deux forces en présence n’est pas toujours aisée au Cameroun.
Directeur de la conservation WWWF Cameroun, Gilles Etoga.

Le WWF se targue de respecter le mode de vie des habitants. «Les décisions de gestion que nous prenons doivent être approuvées par les communautés», explique Gilles Etoga. Aussi, «tous ceux qui participent à nos activités ont des revenus ; il y a en outre un mécanisme de partage de tout revenu qui est généré par les activités de conservation. Une partie des revenus va à la mairie, l’autre à l’Etat au niveau central et une autre partie aux communautés. Les communautés restent vraiment au centre de nos préoccupations puisque nous nous vivons avec elles au quotidien».

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Les humains et la biodiversité peuvent très bien cohabiter. Les communautés autochtones ne constituent d’ailleurs pas le vrai danger de la biodiversité. «Elles ont toujours menés leurs activités dans le sens de la gestion durable sans même le savoir. Quand ils font la chasse, c’est pour ramener un ou deux animaux pour la famille. Ce sont les acteurs dans l’administration, les personnes du secteur privé et les gens venant de l’extérieur qui incitent les communautés à croire qu’il faut chasser en grande quantité.» En 50 ans, renseigne le WWF, le monde a perdu 68% de la biodiversité (écosystème, faune, flore, l’eau, l’air).

Valgadine TONGA

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1 COMMENTAIRE

  1. Merci valagadine pour cette très bonne note qui permet de comprendre les defis liés à la problématique de conservation au cameroun notament concilier gestion durable de la biodiversité et droist et bien etre des communautés.

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