Dans la concession Ta’a Dzumafo Tuete dans la région de l’Ouest Cameroun, la période du 17 au 31 août 2026 sera consacrée à un programme d’apprentissage destiné aux enfants. Intitulée « Holidays at Ndeng », cette initiative se propose d’articuler la transmission des savoirs ancestraux avec le développement de compétences contemporaines. Le thème retenu, « Nos racines. Notre force. Notre avenir », souligne l’intention de renforcer les liens familiaux et de consolider l’identité culturelle des participants.
Le séjour est conçu comme un parcours structuré. Les journées alterneront entre cours de langues, activités agricoles, ateliers artistiques, pratique des danses traditionnelles (Lali) et exercices de développement personnel. Cette diversité d’approches, mêlant théorie et pratique, vise à favoriser l’acquisition de la confiance en soi et de la créativité. La concession devient ainsi un lieu d’éducation informelle, où l’apprentissage s’effectue par l’observation, l’écoute et la participation active, dans un contexte de proximité intergénérationnelle.
À l’origine de ce projet se trouve Émile Désiré Chuenmogne, actuel Ta’a Dzumafo Tuete, à Bandjoun dans la région de l’Ouest Cameroun. Il constate que les modes de transmission traditionnels, autrefois naturels, sont aujourd’hui compromis par l’urbanisation et la dispersion géographique des familles. Il explique que la transmission ne peut plus reposer uniquement sur les seules rencontres familiales. L’objectif est donc de créer des occasions de rassemblement, d’organiser des temps d’apprentissage et de mettre en relation les détenteurs de savoirs avec les plus jeunes.
Transmission générationnelle de l’héritage culturel
L’initiative s’inscrit également dans la continuité de la mission familiale, en référence à Michel Dzukou, ancien Ta’a Dzumafo Tuete, dont les valeurs de rassemblement et de paix demeurent une référence. Le 31 août, une cérémonie de clôture permettra aux enfants de présenter le fruit de leurs travaux et de recevoir des parchemins. Ce moment marquera leur passage du statut d’apprenant à celui de dépositaire d’un héritage à préserver et à transmettre.
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Au-delà du cadre familial, ce projet répond à un enjeu plus large : la sauvegarde des cultures face à la mondialisation. Dans un contexte où les langues maternelles disparaissent et où les savoir-faire ancestraux s’effacent, Ndeng propose une réponse concrète. La participation des aînés, notamment Honorine Talom, Joseph Foba et d’autres formateurs, permet de créer un espace d’échange et de maintien des pratiques culturelles. Chaque mot prononcé en langue ghomala, chaque geste agricole reproduit et chaque objet fabriqué selon les techniques traditionnelles participe à la préservation d’un patrimoine immatériel.
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Les témoignages des participants reflètent l’intérêt suscité par cette expérience. Blandine Mandzih évoque des découvertes enrichissantes. Amélie Danielle Mayap Modjo souligne la diversité des apprentissages, et Evan Yaël Kenmogne Modjo parle d’un renouveau avec une part méconnue de lui-même. Michel Faustin Dzukou exprime le souhait de voir cette expérience se poursuivre et s’étendre à d’autres enfants, afin que ceux qui apprennent aujourd’hui deviennent demain des transmetteurs. Cette ambition dessine l’horizon du projet : établir une chaîne continue de transmission culturelle à travers les générations.
Cheikh Malcolm EPANDA






