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Accusation d’esclavagisme aux ADC/TaxiGo : le ministre du Travail appelle à l’arbitrage du ministre Ernest Ngalle Bibehe

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« Grave violation des droits des travailleurs des transports, esclavagisme organisé en coaction, urgence réitérée d’une concertation constructive ». Face à ces accusations qui pèsent sur les Aéroports du Cameroun et son partenaire Alo Technologies -porteur du projet TaxiGo-, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale refile la patate chaude à son homologue des Transports.  Les syndicats des conducteurs font planer le spectre d’une grève, si les parties impliquées continuent la sourde oreille.

Réunion de concertation tripartite. C’est l’exigence du Syndicat National des Conducteurs des Transports Périurbain, Urbain, Interurbain et Rural du Cameroun (SYNCTRAPUIRCAM), dans l’affaire TaxiGo. La plateforme TaxiGo est une nouvelle offre proposée par la société Alo Technologies et soutenue par les Aéroports Du Cameroun (ADC). TaxiGo permettra de booster les retombées des ADC. Mais chaque chauffeur devra déposer une caution de 800.000 Fcfa pour être enrôlé sur la plateforme. A côté de ce montant, les ADC percevront sur la tête d’un seul chauffeur (les ADC exigent dans le projet deux chauffeurs par voiture TaxiGo), 900.000Fcfa par an. Le partenaire Alo Technologies percevra quant à lui 1.800.000Fcfa. Voila le premier point qui choque les consciences et révoltent les syndicalistes.

Le SYNCTRAPUIRCAM, représentant de l’Acta (Association des Chauffeurs de Taxis de l’Aéroport), a saisi le 3 août 2026 plusieurs administrations camerounaises, pour dénoncer cet « esclavagisme organisé en coaction » qui vise à animaliser les chauffeurs de taxi des aéroports. Parmi ces administrations publiques, le ministère du Travail et de la Sécurité sociale (MinTSS). Le Secrétaire général dudit ministère, Razack Johny, a, dans sa lettre du 14 août courant, annoncé avoir saisi le ministre des Transports. En attendant la suite que le MinTransport accordera à cette grave violation des droits des travailleurs et la naissance de cet esclavagisme violent, le SG du MinTSS a prié les syndicalistes à « persévérer dans la perspective d’un dialogue constructif avec les différents acteurs ».  

Lire aussi : Transport : les Aéroports Du Cameroun accusés de moderniser l’esclavage avec Alo Technologies  

Le SYNCTRAPUIRCAM exige une réunion de concertation tripartite, ADC/Alo Technologie-TaxiGo et SYNCTRAPUIRCAM (Représentants du syndicat et de l’ACTA). « Ladite rencontre tripartite nous permettra d’aboutir à la mise sur pieds d’un comité d’études, d’implémentation, de suivi et d’évaluation. L’étude du projet concerne l’ensemble des plans humain, technique, matériel et financier. Sans assise entre les parties, l’implémentation du projet TaxiGo serait comme un serpent de mer pour nous. Aussi, il est indispensable pour les ADC et Alo Technologies de s’asseoir avec les chauffeurs de taxi de l’aéroport, au vu de leur expertise et de leurs carnets d’adresses. Pour ce faire, l’implémentation de cette étude nécessite au moins six mois de travaux. Ce qui se décide pour nous, sans nous, est contre nous », souligne le président national du SYNCTRAPUIRCAM, Prosper Essomba, par ailleurs trésorier de la CSTC (Centrale Syndicale des Travailleurs du Cameroun).

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Lire aussi :CSTC : Bama Synguima Célestin est le nouveau président confédéral  

En vérité, les chauffeurs et leurs syndicats ne demandent pas l’annulation ou la mort de ce fœtus en gestation. Ils veulent de lui, un visage humanisant. « Nous pensons que commencer le projet avec les véhicules et les chauffeurs qui travaillent dans les aéroports (Douala-Yaoundé) serait la solution idoine dans un premier temps. Puis, de manière progressive, la modernisation suivra en termes de personnes et de matériels roulant y compris la digitalisation », lit-on dans le communiqué signé du président du SYNCTRAPUIRCAM.

Des indiscrétions laissent entendre que le projet TaxiGo sera lancé en novembre. Alo Technologies a déjà recruté 215 chauffeurs. A Yaoundé, c’est le chômage assuré pour les 35 chauffeurs quand Douala en compte 70, soit 105 chauffeurs au total. L’aéroport de Yaoundé n’est pas si sollicité. « Comment est-ce qu’un chauffeur va rembourser les 23.500.000 Fcfa en quatre ans, pour bénéficier du véhicule TaxiGo ? Comment rembourser 23.500.000Fcfa, quand on n’arrive pas à faire quatre voyages par jour. La plupart de leurs clients proviennent des vols Camair-Co et ces vols sont très réduits. Les passagers des autres compagnies ont généralement la famille ou des personnes qui viennent les chercher. Ça veut dire qu’à l’issue de 4 ans, le chauffeur n’aura pas verser ses 23.500.000 Fcfa, et donc, on ne lui remettra pas la voiture », s’indigne Joseph Noel Biyoa, Vice-président du SYNCTRAPUIRCAM.

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Entretemps, des correspondances ont été adressées au Premier Ministre, au ministre des Transports, Minat, et le Préfet de la Mefou et Afamba. « Nous sommes des mendiants de la paix, mais si nous ne sommes pas entendus, nous allons sortir notre arme, et l’arme du syndicaliste c’est la grève. Nous allons commencer par Mfou. »

Valgadine TONGA

 

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